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France, Macronie : Non, Gérald Darmanin a tort d’affirmer qu’il y a eu une baisse continue de la délinquance durant le mandat d’Emmanuel Macron !

Invité de France Inter ce 25 janvier, Gérald Darmanin a affirmé que la délinquance a baissé de manière continue sous le quinquennat d’Emmanuel Macron. Une analyse biaisée.

La déclaration

Gérald Darmanin était l’invité de France Inter ce mardi 25 janvier. Il est venu y défendre le bilan d’Emmanuel Macron sur le volet sécuritaire alors que 69 % des Français le jugent négatif, selon un récent sondage

Le ministre de l’Intérieur a ainsi déclaré qu’à la fin du mandat du chef de l’État « on verra qu’il y a une baisse continue de la délinquance ». Il a notamment pris comme exemple les vols avec violences, les vols de voiture ou les cambriolages.

S’il a fait état d’un mandat traversé par « plusieurs problèmes de sécurité comme les attentats ou […] les manifestations de Gilets jaunes », il a passé sous silence une autre crise, qui biaise son analyse.

Pourquoi c’est faux

Pour vérifier les déclarations du ministre, nous possédons un fichier qui recense l’ensemble des crimes et délits enregistrés mensuellement par les services de police et de gendarmerie depuis 1996.

Commençons d’abord par le positif en reprenant par exemple les chiffres concernant les vols avec violence et les vols de voiture, qui ne sont pas choisis par hasard par Gérald Darmanin.

On constate effectivement une baisse depuis juin 2017 et ce même avant… la crise du Covid-19, occultée par le ministre dans sa déclaration matinale et qui pourtant a fait chuter considérablement les statistiques.

On est ainsi passé d’une moyenne de 8.500 vols avec violences à 6.000 par mois et 8.700 vols de voitures à 7.700. Mais ce résultat aurait-il était le même sans la crise sanitaire ? En 2020 et 2021, la France a connu durant environ 10 mois confinements et couvre-feu. 

L’impact du Covid-19 est plus frappant sur les cambriolages. Avant la crise, leur nombre connaissait une régularité annuelle parfaite avec des variations saisonnières classiques – en hiver, les journées sont plus courtes et laissent du temps aux cambrioleurs avant les retours de bureau. La crise (puis le télétravail ?) a rebattu les cartes.

Un choix orienté

Léa Salamé, au micro face à Gérald Darmanin, a répondu à cette bataille de chiffres par d’autres, notamment ceux concernant les faits de coups et blessures, les violences sexuelles ou encore les escroqueries.

Très justement, elle a pointé du doigt qu’à l’inverse, ceux-ci étaient en hausse, ce qui est vrai. On dénombre environ 10.000 faits d’escroquerie de plus par mois qu’au début du quinquennat et 7.000 de plus pour les coups et blessures.

Le constat est plus accablant encore sur les violences sexuelles, une cause souvent mise en avant par l’exécutif. Leur nombre a bondi de 5.000 à près de 8.000 faits recensés par mois sur l’ensemble du quinquennat. Une hausse que le ministre de l’Intérieur explique par une libération de la parole des victimes mais qui ne doit pas être mise de côté non plus.

Résultat des courses ? Si l’on prend en compte l’ensemble des crimes et délits enregistrés par les services de police et de gendarmerie depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron, on observe – en dehors des périodes de confinement et de couvre-feu – une éclatante stabilité des chiffres.

Avec un nombre compris entre 310.000 et 325.000 faits constatés chaque mois, nous sommes donc loin de la baisse continue vantée par Gérald Darmanin.

Julien Jégo

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