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Comment Trotsky à la tête de l’Armée Rouge a battu la légion tchécoslovaque

10 septembre 1918, la ville de Kazan est arrachée aux mains des gardes blancs et des Tchécoslovaques par les unités de la V° armée rouge.

25 et 26 mai 1918, la Légion tchèque se soulève et sépare la Sibérie de l’URSS

En août 1918, les Tchécoslovaques occupent Kazan. L’ennemi a une évidente supériorité d’organisation et d’habileté militaire, « la patrie socialiste est en danger »,« ou bien nous vaincrons les Tchécoslovaques et tout ce qui va autour, ou bien ils nous anéantiront », proclame le rapport de Trotsky du 29 juillet 1918. Pour Trotsky, les Tchécoslovaques sont les « tchéco-gardes blancs », « les mercenaires de la bourgeoisie française », « les contre-révolutionnaires, les rebelles qui doivent être réduits en poudre. » « En avant sur Kazan ! » « La victoire ou la mort. Telle est notre devise générale ».

Mais le fondateur de l’Armée Rouge est avant tout un « agitateur révolutionnaire », et ses appels pénètrent sous diverses formes à la faveur de l’obscurité dans les campements de la légion tchécoslovaque. Les ouvriers et paysans tchécoslovaques en uniformes français n’ont pas besoin de traducteurs pour comprendre.« Au nom de quoi vous battez-vous ? Les propriétaires, les capitalistes, les anciens officiers veulent retrouver leur pouvoir et leurs richesses. Les bourgeois français et japonais veulent récupérer leurs profits. Et vous, soldats tchécoslovaques, ouvriers et paysans ? Vous êtes trompés. Vous êtes de la chair à canon. Vous répandez le sang ouvrier pour les intérêts des riches. (…) Soldats tchécoslovaques, paysans et ouvriers ! Je déclare à tous. Le pouvoir soviétique ne fait la guerre qu’aux riches, aux agresseurs, aux impérialistes. Aux travailleurs, nous tendons une main fraternelle. Chacun d’entre vous qui passera volontairement dans notre camp rencontrera de notre part un pardon total et un accueil fraternel. Des dizaines des vôtres sont déjà venus à nous. Aucun d’eux n’a souffert. Ils sont tous sains et saufs et en liberté. Au nom du Conseil des commissaires des peuples, je vous donne un dernier avertissement. Venez tous du côté des troupes soviétiques ! » Sviiask, 26 août 1918.

Le 10 septembre 1918, Kazan a été arrachée aux mains des gardes blancs et des Tchécoslovaques par les unités de la V° armée. « C’est un tournant décisif », « un jour de fête dans l’histoire de la révolution socialiste », affirme l’ordre du jour du président du conseil militaire révolutionnaire de la République. Dans le discours prononcé au théâtre de Kazan le lendemain de la victoire, au sortir du fracas des batailles d’un mois, nous sommes étonnés d’entendre des accents humains du chef de l’Armée Rouge, qui se présente d’emblée comme un défenseur de la culture et de la civilisation humaine. « Nous chérissions la science, la culture, l’art et nous voulons les rendre accessibles au peuple, ainsi que toutes les institutions, c’est-à-dire les écoles, les universités, les théâtres, etc. Mais si nos ennemis de classe voulaient de nouveau nous montrer que tout cela n’existe que pour eux et non pour le peuple, nous dirions : Que le soleil s’éteigne et que règnent l’obscurité, les ténèbres éternelles… » « C’est précisément pour cela qu’on s’est battu sous les murs de Kazan, c’est pour cela qu’on se bat sur la Volga et dans l’Oural. On se bat pour savoir à qui appartiendront les maisons, les palais, les villes, le soleil, le ciel : appartiendront-ils aux travailleurs, aux ouvriers, aux paysans, aux indigents, ou bien aux bourgeois et aux propriétaires qui se sont de nouveau efforcés, après avoir dompté la Volga, et l’Oural, de dompter aussi le peuple ouvrier. »

Trotsky s’adresse à nouveau directement aux troupes tchécoslovaques. Le 13 septembre 1918, un autre appel est diffusé sur le front oriental. « Soldats tchécoslovaques, ouvriers et paysans ! On vous a promis l’aide anglaise, française, japonaise, mais on vous a trompés. Les bourgeois anglais et japonais ont besoin de votre sang pour soumettre le peuple travailleur russe et lui soutirer l’or. Les officiers russes gardes blancs se cachent derrière votre dos et vous obligent à mourir pour la cause de la bourgeoisie.Vous voyez maintenant la force de notre Armée Rouge. Nous avons pris Kazan et Simbirsk, demain tomberont Ekaterinbourg, Samara et toutes les autres villes occupées temporairement par la bourgeoisie au prix de votre sang. Vous périrez tous pour les intérêts des riches, des banquiers et des rois. On vous trompe. Ouvrez les yeux : les ouvriers et les paysans russes luttent pour leur liberté et le pouvoir contre la bourgeoisie russe et étrangère. Ne vous mettez pas en travers de notre route !Solennellement, devant la classe ouvrière de tous les pays, je vous déclare : Tout soldat qui livrera volontairement son arme sera pardonné et aura la possibilité de vivre en Russie avec les mêmes droits que tous les citoyens laborieux de la République soviétique.Soldats tchécoslovaques !Rappelez-vous que vous êtes en majorité des ouvriers et des paysans. Arrêtez vos officiers contre-révolutionnaires, unissez-vous aux ouvriers et aux paysans. Arrêtez vos officiers contre-révolutionnaires, unissez-vous aux ouvriers et aux paysans de la Russie soviétique, là est votre salut ! »

La création de la Tchécoslovaquie modifie fondamentalement la situation. Le 3 novembre 1918, le président du Conseil révolutionnaire de la République adresse un autre ordre du jour, cette fois à l’Armée Rouge et à la Flotte Rouge.

« Parmi les troupes contre-révolutionnaire qui se battent contre nous, il y a des unités tchécoslovaques.Elles sont constituées dans leur majorité d’ouvriers et de paysans tchèques dupés qui espéraient que les impérialistes anglo-français garantiraient l’indépendance de leur patrie, la Bohême. Actuellement, l’indépendance de la Bohême est proclamée en Autriche même, grâce à la révolution qui s’y développe.Par intermédiaire du commissariat du peuple aux affaires étrangères, j’ai proposé de garantir à tous les Tchèques qui le désirent la possibilité de retourner dans leur patrie qui vit actuellement une période d’essor révolutionnaire. Le Commissaire du peuple aux affaires étrangères a averti à son tour le gouvernement tchécoslovaque que le pouvoir soviétique, malgré le succès de nos armées sur la Volga et dans l’Oural, ne désire rien de plus que la fin du sang versé et qu’il est, à cause de cela, prêt à offrir aux Tchécoslovaques sans armes, en leur garantissant une entière sécurité, de passer à travers la Russie dans leur patrie libérée. Le gouvernement soviétique a proposé au gouvernement de Bohême des pourparlers pour définir toutes les conditions du retour des Tchécoslovaques dans leur patrie.J’ordonne aux conseils militaires révolutionnaires de toutes les armées du front oriental de prendre des mesures pour porter à la connaissance des Tchécoslovaques nos démarches et aussi les grands changements qui ont lieu maintenant en Autriche- Hongrie. J’ordonne très sévèrement de ménager les Tchécoslovaques qui se constituent prisonniers. Les hommes coupables d’avoir fusillé les Tchécoslovaques prisonniers en supporteront la très lourde responsabilité.Le moment est arrivé où les tchécoslovaques trompés et vendus aux impérialistes anglais, français et russes doivent comprendre que leur salut est dans l’union avec le pouvoir soviétique russe qui, seul, peut faciliter leur retour au pays. »

Il est très probable que Trotsky, grâce à son radiotélégraphe, installé dans son train militaire, soit mieux informé que les troupes tchécoslovaques de la situation à Vienne et à Paris, et que ce sont d’abord les commandants de l’Armée Rouge qui apportent cette nouvelle extraordinaire aux soldats tchécoslovaques – « à lire dans toutes les compagnies, batteries, escadrons » – qu’ils n’avaient pas osé imaginer : la Bohême indépendante (en réalité la Tchécoslovaquie indépendante, les dépêches diplomatiques sont en retard) a été proclamée le 28 octobre. Pas besoin de traducteurs là, non plus. C’est une explosion d’espoir, les regards des légionnaires tchèques et slovaques se portent d’emblée vers les rivages du Pacifique, vers Vladivostok. et au-delà, vers leur « patrie libérée. »

Trotsky n’est pas dupe. Il sait que l’exil tchèque, avec Masaryk, Benes et Stefanik qui a constitué le Conseil national tchécoslovaque à Paris, rue Bonaparte, au cours de l ’année 1916, est devenu depuis l’organe principal de la résistance anti-autrichienne, il sait que ce nouveau gouvernement francophile est entièrement dévoué au gouvernement « impérialiste » français. Les premiers éléments du futur Corps tchécoslovaque de Russie se sont par ailleurs formés au Palais Royal. Trotsky ne connait peut-être pas tous ces détails, mais il sait qu’avec la proclamation officielle de l’indépendance de la Bohême une histoire nouvelle des nations et des peuples commence à s’écrire. Trotsky n’est pas assez naïf pour croire que l’ »essor révolutionnai » qui se développe en Autriche et en Bohême soit comparable à l’essor révolutionnaire que connait la Russie. Mais il est désormais persuadé que la contrerévolution est déjà battue en Russie, et il porte maintenant son regard au-delà. Son ordre du jour en date du 15 novembre 1918 proclame :

« A l’occasion de mon ordre concernant les Tchécoslovaques dupés qui luttent contre les troupes soviétiques, j’ai reçu une déclaration des Serbes qui se trouvent en Russie et qui ont aussi, en grande partie, ont été entrainés par les impérialistes dans la lutte contre le pouvoir ouvrier et paysan. En réponse qui m’ont été posées, je déclare que l’ordre sur les Tchécoslovaques concerne aussi entièrement les Serbes, les Polonais et les soldats des autres nationalités recrutées par les agents impérialistes anglo-français et japonais.J’ordonne très sévèrement aux conseils militaires révolutionnaires des fronts de veiller à ce que les simples soldats faits prisonniers ne soient pas fusillés ou ne subissent pas quelque’autre châtiment. Qu’on prenne des mesures pour informer les soldats serbes des révolutions qui se développent dans les Balkans, de la création de la Serbie des soviets de députés ouvriers et soldats, et également de ce que le pouvoir soviétique dans la République Soviétique Fédérative Socialiste de Russie est prêt, quant à lui, à faciliter aux soldats de nationalité serbe un retour sans obstacle dans leur patrie, à condition qu’ils déposent immédiatement les armes. »

La majorité des Tchèques et des Slovaques certes intègrent officiellement l’armée de Koltchak, mais leur rôle militaire est désormais très limité. Ils quittent tous la Sibérie au cours de l’année 1920. La légion disparaît des ordres du jour de Trotsky.

Quelques jours après la prise de Kazan, Trotsky note dans un long rapport destiné aux futurs cadres de l’Armée Rouge en formation. « On pourrait dire que s’il n’y avait pas eu les Tchécoslovaques, il aurait fallu les inventer, car en temps de paix nous n’aurions jamais réussi à créer rapidement une armée unie, disciplinée, héroïque. Maintenant cette armée prend forme devant nos yeux. » « Sur l’enclume de la guerre, nous avons tout de suite forgé une armée de première qualité. » « Les Tchécoslovaques nous ont rendu un très grand service dans les régions occupées.Les cantons où ils se trouvaient recevaient nos soldats en libérateurs. »

Toutes les citations sont tirées de Trotsky, Ecrits militaires, Comment la révolution s’est armée, L’Herne.

Karel Kostal

25 et 26 mai 1918, la Légion tchèque se soulève et sépare la Sibérie de l’URSS

A) Les légions tchèques

En 1914-1918, les territoires parlant la langue tchèque font partie de l’Autriche-Hongrie, dirigée depuis 1867 par François-Joseph Ier, empereur d’Autriche et roi de Hongrie. Cet Etat compte 52 800 000 habitants dont environ 10 millions parlant allemand, 10 millions parlant hongrois et 60% ne parlant ni allemand, ni hongrois (par exemple 5,4 millions parlant tchèque, 3ème groupe ethnique de l’empire). Les aspirations nationales se développent fortement dans l’Autriche-Hongrie des années précédant la Première guerre mondiale mais aussi durant celle-ci.

Durant la guerre, des Tchèques et Slovaques (aux langues et à l’histoire très proches) militent auprès des Alliés (France, Grande Bretagne, Russie, Serbie, Italie, Etats-Unis…) pour qu’ils soutiennent la création d’un Etat tchéco-slovaque détaché de l’Autriche Hongrie alliée de l’Allemagne.

Des émigrants, des prisonniers tchèques et slovaques permettent de constituer sur les fronts de Russie, de France puis d’Italie, des légions de volontaires. Elles vont jouer un rôle tout à fait significatif lors de plusieurs batailles.

B) La Légion tchèque en Russie

Elle a combattu pendant la guerre au sein de l’armée tsariste contre l’armée de l’Empire austro-hongrois auquel sont soumis les territoires tchèques et slovaques.

De 1915 à 1917, ses effectifs croissent sans cesse grâce à l’apport de prisonniers mais aussi d’unités régulières entières formées de tchèques de l’armée austro-hongroise la rejoignant. Ainsi, le « Régiment de Fusilliers tchécoslovaques » devient la « Brigade des Fusilliers tchécoslovaques » (Československá střelecká brigáda) forte de 7 300 personnes puis la Première division de fusilliers hussites enfin le « Corps tchécoslovaque de Russie » qui va compter jusqu’à 65 000 hommes.

Lorsque la Révolution russe éclate et signe la paix, se pose la question du devenir de ces troupes sans Etat et séparées du Front français que certains veulent rejoindre par les armées allemandes et austro-hongroises.

Le 15 mars 1918, le gouvernement bolchevik leur accorde un laissez-passer pour rejoindre Vladivostok sur la Côte du Pacifique et de là partir pour l’Europe occidentale.

C) Les tribulations de la Légion tchèque

Une partie des Tchèques suit le parcours du transsibérien de la Volga au Pacifique et s’embarque. Cependant, l’état-major français chargé du rapatriement ne s’en occupe pas, beaucoup plus intéressé par le renfort de troupes américaines sur le front de Champagne et Lorraine.

Ainsi, des dizaines de milliers de soldats tchèques et Slovaques, bien organisés et bien armés se trouvent piégés en Sibérie.

Les émissaires britanniques, eux, poussent les dirigeants et soldats de la Légion tchèque à refuser le laissez-passer vers Vladivostok et à marcher vers Arkhangelsk, port que les Etats Unis et la Grande-Bretagne veulent utiliser comme base de départ d’une armée blanche apte à combattre les bolcheviks et reprendre la Russie. Lorsque les bolcheviks proposent cet embarquement par Arkhangelsk, les Britanniques prétendent manquer de bateaux et refusent ; ils n’ont pas abandonné le projet Arkhangelsk (où une escadre franco-britannique va débarquer des troupes) mais les Tchèques leur sont plus utiles en Sibérie où le war office vient d’installer Koltchak.

Les heurts sont de plus en plus fréquents entre d’une part les Tchèques obligés de réquisitionner pour vivre et d’autre part les populations et bolcheviks.

Le traité de Brest-Litovsk, signé entre d’une part l’URSS, d’autre part Allemagne et Autriche Hongrie prévoit que les Bolcheviks doivent rapatrier les prisonniers de guerre allemands, autrichiens et hongrois de Sibérie vers leurs pays respectifs.

Le 25 mai 1918, des soldats de la Légion tchèque et slovaque interceptent un train de Hongrois à Tcheliabinsk dans le Sud de l’Oural, tuent un soldat suite à une altercation, prennent la gare puis la ville (d’une grande importance industrielle à l’époque en raison de sa production métallurgique ferroviaire).

Trotski donne ordre le 29 mai 1918 de désarmer la Légion. Cependant, les unités de l’armée rouge sont bien trop faibles dans le secteur de l’Oural concerné et le long du transsibérien pour avoir le dessus sur les forces tchèques et slovaques militairement aguerries.

Ce même 29 mai, les Tchèques s’emparent de Penza puis le 30 de Syzran…

D) L’importance du soulèvement de la Légion tchèque durant l’année 1918

Celle-ci s’empare d’un territoire très vaste dans l’Oural et la Sibérie, prenant par exemple les villes de Troïk (où elles perpètrent un massacre) puis de Samara le 8 juin (où se met en place un gouvernement antibolchevique). Surtout, les principales gares de la voie de chemin de fer entre la Volga et Vladivostok tombent entre ses mains.

Le 10 août, la Légion tchèque prend la grande ville de Kazan où elle met la main sur les réserves de devises de la Banque Impériale Russe soit 651 millions de roubles-or. Poussés par les Alliés occidentaux (Grande-Bretagne, France, Etats-Unis…), les Tchèques servent alors de force d’élite pour déstabiliser le gouvernement soviétique, donnant de la crédibilité à la constitution de grandes armées blanches pour vaincre l’armée rouge.

Le général Dénikine, chef des armées blanches du Sud, a bien analysé ce rôle décisif de la Légion tchèque dans la dislocation du pouvoir soviétique en 1918 :

 » Au delà de la Volga, dans l’Oural et en Sibérie, la lutte contre le pouvoir soviétique se déploya largement à une échelle correspondant aux immenses espaces de l’Est. C’est le soulèvement des Tchécoslovaques qui donna la principale impulsion. Le rôle que joua au début le corps de troupes tchécoslovaque de 30000 à 40000 hommes sur le plan militaire et stratégique illustre concrètement la totale impuissance dans laquelle se trouvait le gouvernement soviétique au printemps et à l’été 1918″

E) La Légion tchécoslovaque au sein de l’armée blanche de Koltchak

Le comportement de ces soldats Tchèques et Slovaques vis à vis des populations est considéré comme épouvantable par tous les historiens, y compris antibolcheviques. Ils font partir 250 trains de marchandises pillées vers Vladivostok.

En septembre 1918, l’armée rouge contre-attaque bénéficiant du ras-le-bol des populations. La Légion se replie vers l’Est et s’intègre dans l’armée blanche de Koltchak « chef suprême » de Sibérie.

24 décembre 1918 L’armée blanche sibérienne de Koltchak prend Perm et marche vers Moscou

L’armée tchécoslovaque représente une unité d’élite au sein des armées blanches. Début 1919, elle compte 60.000 hommes, organisés en 3 divisions de 4 régiments, 1 régiment de remplacement, 2 régiments de cavalerie, 3 régiments d’artillerie de campagne et 3 bataillons d’artillerie lourde, une batterie d’artillerie ferroviaire, une petite aviation, des troupes techniques et d’appui (Gerburg Thunig-Nittner).

F) La fin de la Légion

Lorsque la défaite des armées blanches (dont Britanniques, Américains, Français, Canadiens, Japonais…) fut consommée, les légionnaires s’échappèrent vers le Pacifique grâce à du marchandage avec les Japonais.

Voici deux témoignages sur ce dernier épisode :

*  » Sur le dernier tronçon du Transsibérien, le long du fleuve Amour, les troupes japonaises font face aux Rouges et permettent aux Tchèques de passer. Beaucoup de Tchèques utilisent l’or et l’argent de Kazan pour faire des transactions importantes. Ils achètent, à des prix très nettement inférieurs à ceux du marché, du cuivre (quelque 740.000 tonnes), du coton (5600 tonnes), du caoutchouc (5000 tonnes) et du salpètre (2500 tonnes). Plus de vastes quantités de cuir, de peaux et de machines. A Vladivostok, la Légion réquisitionne vingt-huit wagons transportant des pneus de camion, pour une valeur de 38 millions de roubles. En plus, les légionnaires, pillent la résidence du consul du Danemark, dont les objets d’art précieux se sont retrouvés en 1922 dans le Musée National de Prague. » Source http://euro-synergies.hautetfort.co…

* Gerburg Thunig-Nittner écrit dans son ouvrage de référence sur la Légion Tchèque, paru en 1970 : “On n’expliquera jamais complètement comment les légionnaires, à titre individuel, ont acquis cette immense fortune, qu’ils ont rapporté dans leur pays. On ne pourra jamais prouver, non plus, quelles sont les parties de cette fortune qu’ils ont acquises en toute régularité et quelles sont celles qu’ils se sont appropriées de manière illégale. Mais qu’en ce domaine, ce soit seule la loi du plus fort qui ait primé, voilà qui est hors de doute”.

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Cette entrée a été publiée le 9 mars 2022 par dans COMMUNISME, DEVOIR DE MEMOIRE, REVOLUTION RUSSE, TROTSKY et TROTSKYSME, URSS.
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