NPA Comité Orléans Loiret

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SARAN, L’EMPIRE DE LA MAL BOUFFE


La Rep du Centre, notre glorieux journal local, vient de consacrer un « Dossier » sur la Zone d’Activité Commerciale du ciné, le gigantesque Pathé.
Disons que, plus qu’un dossier, c’est un véritable « Publi-reportage » que nous avons eu la joie de lire.
Car il n’y a que du beau, du clinquant, de la joie de vivre dans cette ZAC. Il ne faudrait pas effrayer de nouveaux et bons annonceurs, comme l’ogre Pathé… Ce fameux Pathé qui , après la « halle aux Chaussures », la « Halles aux Vêtements »,  a inventé un immense « Halle aux Cinémas », neuf salles déversant un torrent de nullités, le tout dans une ambiance moquettée et popcornée.

Avant ou après s’être infusé un film, on peut aller déjeuner dans un des quatre « Halles à Bouffe ». Car de restaurants, ils en ont que le nom…
Le fait qu’ils soient implantés à côté d’un cinéma multiplex, ce n’est pas un heureux hasard, l’image est une stratégie industrielle.

Prenons « La Criée », il appartient au groupe Saros est détenteur de deux enseignes à thèmes: La Criée (produits de la mer) et Casa Sud (cuisine du sud). Il compte 39 restaurants La Criée et 5 restaurants Casa Sud implantés sur toute la France. Il prévoit d’ouvrir 3 à 5 restaurants par an, principalement sur la province de manière  à corriger la dominante de la région parisienne.
Sa vision d’implantation est de s’adosser à d’autres enseignes complémentaires dans la restauration. Le premier établissement de Labège au sud-est de Toulouse, le groupe Saros-La Criée fait partie d’un pôle comprenant diverses tables à thèmes dont Ô Québec et La Boucherie.
Le deuxième établissement, situé sur la commune de Blagnac, au nord-ouest de Toulouse bénéficie de la proximité des enseignes Quick et Hippopotamus.
Autre point commun entre les deux restaurants, l’existence d’un complexe cinématographique important.  La Criée à Labège, tire profit d’un partenariat avec le multiplex Gaumont sur la base d’une formule repas à 20 euros, incluant une place de cinéma (un apéritif, un plat principal, un dessert et une boisson). Un pack qui représente pour ce restaurant 4% du chiffre d’affaires. A Blagnac, l’enseigne compte établir un partenariat avec le Méga CGR de 12 salles.

La Criée fait du poison, il nous faut de la viande ! Voilà, nous sommes servis avec la « Boucherie », plus de 90 restaurants en 2011. Faut que cela saigne pour fournir toutes ces entrecôtes!

Ensuite, nous entrons dans les spécialités hors frontières « Il Ristorante » et « Les 3 Brasseurs ». Malheureusement de gastronomie étrangère, il n’en est rien ! Ils font partis de la société Agapes, pôle restauration de la galaxie Mulliez, c’est-à-dire, pour être plus éclairant, d’Auchan, Décathlon,  Norauto, Kiloutou, etc.
Numéro 2 de la restauration commerciale en France, Agapes Restauration gère 296 restaurants Flunch (dont 234 en France), 44 Pizza Paï, 36 Trois Brasseurs, 13 Amarine, 7 Il Ristorante, 6 Salad&Co et 20 Sogood Café… Il exploite également 32 fast-food en partenariat avec Quick et possède deux sites industriels : la Charcuterie de la Vallée de la Bruche (Bas-Rhin) et Le Petit Cuisinier (Pas-de-Calais).

Et si nous avons encore encore faim, nous pouvons sortir de ZAC, faire vingt mètre et rentrer chez Mac Donald et là, attention à la surdose de mal-bouffe…
Tout est dit, c’est l’empire de la mal-bouffe. Le formatage du goût. Le pire de la mondialisation capitaliste!

Dans le dossier de la Rép vous ne saurez rien de l’arrière du décor où on découvre que le lieu est sale, plein de déchets abandonnés, bruyant et polluant grâce à ses hordes de voitures…
Rien non plus sur les salariés qui y travaillent. Exploités, avec des horaires fractionnés, travaillant dans le bruit pour un salaire de misère.
Mais cela ne compte pas. Les capitalistes des loisirs et de la restauration ne sont pas là pour perdre des parts de marchés. La ZAC, c’est l’un des actes suprême de la domination idéologique du capitalisme. Une aliénation  voulue, entretenue, par la municipalité de Saran car cela fait rentrer des sous dans les caisses!

Une sortie dominicale par excellence. Les tristes dimanches que voilà…

3 commentaires sur “SARAN, L’EMPIRE DE LA MAL BOUFFE

  1. matthieu
    5 juin 2012

    Bonjour,

    Je travaille dans le groupe Saros, que me conseillé vous ?
    Cracher dans la soupe que je mange ?
    Dire merde à tout et perdre mon emploie et ainsi ne plus subvenir aux besoins de ma famille ?
    Ou peut être avez vous de réel proposition constructive au milieu de toute ses critiques plus ressemblante aux diatribes de bourgeois bobo sans réel soucis de la vie quotidienne.

    Merci de votre retour.


    • Bonsoir, notre article sur « Saran l’empire de la mal bouffe » à trois objectifs.

      Il se veut une analyse de ce qui doit tous nous inquiéter, la mal bouffe, ou plutôt la bouffe industrielle camouflée sous couvert de noms qui vont bien dans l’air du temps ( des noms bien « Bobo »: la criée, saveur du sud, Buffalo grill, etc.)

      Derrière il y a la production intensive de l’agriculture et les pesticides aujourd’hui. Les OGM demain? Il y a aussi les élevages en batteries d’animaux dans des conditions indignes et il y a surtout la surexploitation des salariés de ces établissements!

      Ces grands groupes ont rationalisé la gestion de leurs enseignes, que l’on soit à Paris, Toulouse, Orléans, c’est la même carte, le même décor, la même implantation, c’est le même monde aseptisé.

      Tout cela pour leurs plus grands profits, et quand on parle de profits, c’est par milliards d’euros. Voilà où va le travail des salariés, des paysans, des éleveurs.

      Dans l’article, une autre problématique est abordée: celle du conditionnement d’une grande partie de la population:
      Ces grands groupes programment des stratégies commerciales pour amener des clients confiants à manger sainement, mais à part les décors dans l’assiette c’est la cantine SODEXO de nos enfants que l’on retrouve. On peut s’interroger sur la composition des plats servis… Diététiquement des questions se posent!

      Nous pensons qu’il faut changer ce conditionnement social, cette idéologie du profit et de l’exploitation. On peut vivre autrement, créer des lieux de rencontre, de consommations différentes si on refuse le capitalisme.

      Ce qui nous conduit à la critique de la ville de Saran qui généralement avance les mêmes critiques que nous sur la logique du système capitaliste, mais qui dans la réalité accepte la logique du profit.

      En plus d’une politique d’implantation de grandes enseignes, elle accepte et participe au financement de le construction d’un hôpital privé, d’une prison en public-privé, etc…

      Alors si on est employé dans une des ces chaines, doit-on cracher dans la soupe ?

      Le système, souvent, ne nous laisse pas le choix, on accepte beaucoup de choses révoltantes. En être conscient c’est déjà le premier pas. S’organiser est le deuxième, car si ces grands groupes décident que l’affaire ne leur rapporte plus assez, ils fermeront et iront ailleurs sans pitié pour leurs salariés locaux.

      Alors voilà, la révolte appartient à chacun, il faut se retrousser les manches et s’organiser collectivement.
      Le NPA est dans ce cas un outil bien utile qui permet de profiter des expériences des combats sociaux des autres.

      Nous n’avons pas toutes les réponses quant à la société que nous voulons construire, mais nous savons que de celle-ci, qui est basée essentiellement sur l’exploitation, nous n’en voulons plus.

  2. insolent45
    2 février 2017

    Bonjour, vous pouvez rajouter à votre longue liste l’arrivée de Burger King, KFC, deux grandes marques de la restauration à la française; le PCF nous aura tous fait en implantation de mal bouffe.

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Cette entrée a été publiée le 19 février 2012 par dans anticapitalisme, écologie, économie, chômage/pauvreté/précarité, local, presse.