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Grèce : Éditorial du journal autogéré « Les Travailleurs »


Par les travailleurs en grève, le mercredi 29 février 2012
Lettre aux lecteurs

Le combat des travailleurs de tous les secteurs du groupe de presse Tegopoulos continue avec leur grève qui en est arrivée à son 66ème jour. Du côté de la direction, aucune réponse positive à aucune des revendications que nous avons unanimement considérées comme conditions essentielles pour la remise en route du journal Eleftherotypia, qui ne paraît plus depuis le 22 décembre, jour du début de la grève de ses travailleurs.
L’accueil réservé par nos lecteurs au premier numéro du journal de grève des travailleurs d’Eleftherotypia a dépassé toute attente et votre soutien constitue pour nous un encouragement ! Les difficultés d’une telle initiative sont énormes, mais nous puisons nos forces dans les décisions de nos Assemblées Générales et dans la participation croissante des collègues du reportage, de la rédaction, de la correction, du montage, de la mise en page et du tirage.
Le soutien chaleureux reçu de nos représentants syndicaux non seulement en Grèce mais aussi dans toute l’Europe ainsi que le traitement de cette initiative par les medias internationaux sont pour nous la confirmation que notre action va dans le bon sens.
Dès le premier instant, nous avons souligné qu’il ne s’agit pas avec notre journal de grève de remplacer Eleftherotypia. Dès le départ, notre objectif est à l’opposé :nous voulons exprimer notre conviction qu’Elefthrotypia doit vivre !
La publication du journal de grève est pour nous la preuve que les lecteurs ont soif d’une voix journalistique indépendante et pluraliste, éloignée de toute combine ou de soumission à de sombres intérêts de telle ou telle société.

Malheureusement, les propriétaires du groupe Tegopoulos nous opposent depuis le début des entraves de toute sorte. Notre initiative est regardée d’un oeil soupçonneux, et la forme démocratique que nous avons décidée pour nous coordonner est considérée comme un danger pour tous ceux qui se sont accommodés des structures hiérarchiques des entreprises de presse.

Nous avons rencontré pas mal de difficultés avec notre premier numéro, et nous avons retrouvé des problèmes pour ce nouveau numéro, avec la soudaine demande de mesures juridiques effectuée par la société Tegopoulos contre la société à but non lucratif qui nous a hébergés. Nous considérons qu’il n’y avait aucune justification à une telle demande.

Nous avons fait en sorte et avec le choix du titre et avec celui du logo qu’il n’y ait aucune confusion entre le journal Eleftherotypia édité par la société Tegopoulos et le présent journal édité par les travailleurs en grève, chose que nous avions clarifiée dès la première phrase de notre premier numéro. Notre point de vue a été justifié dans l’après midi du vendredi 24 avec le rejet par le tribunal des mesures juridiques demandées par la direction !

Ironie du sort : Eleftherotypia a toujours soutenu par principe toute tentative semblable à la nôtre qui a pu exister dans d’autres titres depuis que la crise a commencé à frapper les moyens d’information !
Et effectivement, c’est bien le journal Eleftherotypia du groupe Tegopoulos qui le 1-7- 2009 a paru avec un encart de 8 pages de nos collègues d’Eleftheros Typos qui se retournaient contre leur direction de l’époque. Et notre première page de ce jour-là annonçait l’encart de 8 pages sans se préoccuper du fait que son logo était le même que le logo officiel d’Eleftheros Typos.
Et un an plus tard, quand nos collègues d’Apogevmatini, en prévision du recours de l’entreprise à l’article 99, se sont engagés dans la même démarche que la nôtre (journal de grève, sous l’égide et avec le soutien financier des syndicats des travailleurs de la presse), à nouveau notre journal a fait connaître et bien accueilli cette initiative (21 – 11- 2010). Voilà ce qu’était alors Eleftherotypia !

Avec certes des hauts et des bas, avec des erreurs et des hésitations, notre journal s’est toujours trouvé aux côtés des travailleurs de toutes les branches, et naturellement aux côtés des travailleurs de la presse. Comment est-il possible que les propriétaires de la société Tegopoulos se tournent maintenant contre ses propres travailleurs, avec l »’accusation  » d’avoir osé faire ce que leurs collègues ont fait dans d’autres journaux ?!

Pour notre part, contentons-nous de l’évidence : l’âme d’Eleftherotypia, c’est nous, ses travailleurs. Cela vaut évidemment pour toutes les entreprises, mais ce principe prend une dimension particulière quand on parle d’entreprises de presse et de producteurs de biens intellectuels.

En dernière analyse, toute tentative d’empêcher la parution de notre journal de grève se retourne contre la liberté de la presse et constitue un outrage direct à notre histoire et au nom de notre journal.
Note du traducteur :
  »Eleftherotypia », nom du journal paru juste après la chute de la junte des colonels (1967-74) et après une longue grève nationale des journalistes, signifie  »Presse Libre ». Il a été créé comme journal des rédacteurs eux-mêmes.
- L’article 99 dont il est question dans le texte est un décret récent permettant à une entreprise endettée (ou se proclamant telle!) d’être traitée comme en état préalable à la faillite et de considérer ses salariés comme des créditeurs au même titre que les banques, obtenant ainsi soit de ne plus les payer soit de réduire leurs rémunérations. La déclaration de faillite impliquerait elle que l’entreprise paie ce qu’elle doit à ses employés.

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