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Les syndicats belges contre le gouvernement des droites !

Rassemblement-syndical-place-Bosch-à-Wavre-

En Belgique, les syndicats, qui représentent une vraie force dans le pays, alternent manifestations, grèves tournantes, grèves sectorielles, grèves nationales.

 
Les syndicats refusent en bloc les réformes que veut mettre en œuvre le gouvernement des droites dirigé par le libéral francophone, Charles Michel, en fonction depuis le 11 octobre seulement, et qui sont perçues comme autant de régressions sociales.

 
Ce lundi, ce sont la région de Bruxelles-capitale et les provinces du Brabant flamand et wallon (qui entourent la capitale belge) qui ont été en grève. Jeudi, le chemin de fer belge a été fortement perturbé, juste avant la grève générale et nationale de lundi 15 décembre.

La mobilisation, loin de faiblir, prend de l’ampleur.

Tout a commencé par un « rassemblement » d’avertissement en septembre, suivi, le 6 novembre, d’une manifestation à Bruxelles qui a réuni 120.000 personnes, un record depuis les années 80.

Puis, le 24 novembre, une grève dans les provinces du Hainaut, du Luxembourg, du Limbourg et d’Anvers, et le 1er décembre, un arrêt de travail dans les provinces de Liège, Namur, Flandre orientale et occidentale.

 
Les grèves, en Belgique, n’ont rien à voir avec ce qui se passe ailleurs en Europe : les syndicats ont, en effet, le droit de placer des « piquets de grève » sur les routes et autoroutes afin de bloquer l’accès des non grévistes à leur lieu de travail.

 
Le 1er décembre, rien qu’en Flandre, on a ainsi compté 400 piquets de grève mobilisant près de 10.000 personnes, selon les syndicats. « Une grève limitée aux entreprises n’aurait aucune portée. Nous n’avons pas d’autres moyens d’action », justifie la FGTB.

Cette radicalisation syndicale n’est pas une surprise.

Dès la fin du mois d’août, lorsqu’il est devenu certain qu’une coalition composée de trois partis flamands de droite, les indépendantistes de la N-VA, les libéraux de l’Open-VLD et les chrétiens-démocrates du CD&V et des libéraux francophones MR allait parvenir à un accord de gouvernement, la FGTB a donné le ton en dénonçant « l’enfer social » qui se préparait et lançait un « avertissement » sans ambiguïté aux partis de la future majorité. Dès le détail des mesures connues, cela a été le tollé.

La FGTB, majoritaire chez les Francophones de Bruxelles et de Wallonie ; la CSC chrétienne-démocrate, majoritaire en Flandre et même la CGSLB libérale se sont unies pour dénoncer la non-indexation des salaires en 2015 – la Belgique est l’un des derniers pays européen à pratiquer l’échelle mobile des salaires -, le recul de l’âge de la retraite de 65 à 67 ans et l’allongement de la durée de cotisations, les coupes dans le budget de la sécurité sociale ainsi que l’absence de taxation du capital.

 
D’emblée, les syndicats ont réclamé la « suspension » des mesures.
Dans le système belge, le patronat et les syndicats discutent en amont et l’État n’intervient qu’en cas d’échec. Là, pour les syndicats, il n’y a plus rien à négocier : le gouvernement a déjà décidé et le patronat a obtenu ce qu’il voulait.

 
Pour les syndicats, il ne s’agit pas de bloquer le pays pour une longue période, mais d’obliger patronat et majorité à s’asseoir à la table de négociations : « on a prévu des délais entre chaque action pour leur laisser le temps d’ouvrir des portes. Pour l’instant, on nous écoute, mais on ne nous entend pas ». « On est évidemment en faveur de la concertation sociale », « mais il n’est pas question de renoncer au cap que nous nous sommes fixé: retrouver notre compétitivité, assurer la pérennité du système de retraite, revenir à l’équilibre budgétaire pour réduire la dette. À l’intérieur de ces lignes, il y a un espace pour négocier, mais on ne peut pas le faire tout seul ».

 
Un dialogue de sourds qui pourrait déboucher sur un durcissement des actions en janvier : « si après la grève générale, le gouvernement s’entête, tout devient possible », menace la FGTB.

Les syndicats seront-ils à la hauteur de la mobilisation ?

Dans ce contexte, il est tout simplement absurde de s’accrocher à la demande d’une « vraie concertation ». Il est encore plus absurde d’agiter la menace d’une grève générale tout en faisant entendre à l’adversaire qu’on est prêt à cesser les hostilités en échange d’une simple suspension des mesures.

 
Les salariés belges doivent refuser cette stratégie. Car elle répond aux intérêts d’une bureaucratie qui se soucie surtout de continuer à jouer son rôle d’intermédiaire entre des travailleurs-ses et la bourgeoisie – un rôle qui lui procure une place et des avantages dans le « système belge ».

Une autre stratégie !

Le plan d’action du front commun syndical contre le gouvernement Michel-De Wever bat son plein. La première phase de ce plan est supposée culminer avec la « grève générale » du 15 décembre.
Beaucoup de travailleurs-ses se demandent comment faire reculer ce gouvernement, et surtout, de plus en plus prennent conscience de la nécessité de le renverser sous peine d’écrasement du mouvement social et syndical au cours des prochaines années.
Le front commun syndical mène son plan d’action sur base d’une plateforme en quatre points :

1°) le maintien et le renforcement du pouvoir d’achat par la liberté de négocier et la suppression du saut d’index

2°) une sécurité sociale fédérale forte

3°) un investissement dans la relance et des emplois durables en ce compris des services publics de qualité

et 4°) une justice fiscale.

 
Cette plateforme doit être précisée pour inclure explicitement le retrait de l’allongement de l’âge de la pension à 67 ans. Elle doit aussi être complétée par une cinquième revendication : le retrait des mesures « chômage » du gouvernement Di Rupo.

 
Les travailleurs-ses doivent se préparer et armer leurs esprits et ainsi que les organisations syndicales, sociales et politiques à des batailles majeures.

 
Puisque le « modèle belge de concertation » est mort, le syndicalisme, à tous les niveaux des organisations, a besoin d’une stratégie alternative. Une stratégie d’unité dans la lutte jusqu’au retrait des principales mesures d’austérité du gouvernement. Une stratégie pour gagner, pas pour « se concerter ».

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