NPA Comité Orléans Loiret

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L’hôpital d’Orléans est en grève illimitée reconductible depuis lundi 2 mars

CHRO 2

LA MACHINE HOSPITALIÈRE GRIPPÉE PAR… LA T2A !

Dans un contexte général de casse de la santé publique et des hôpitaux, la reconstruction du Centre hospitalier régional d’Orléans connait les pires difficultés.
Décidé pour regrouper sur un seul site les activités de médecine, chirurgie et obstétrique afin de faire des économies de personnel en rationalisant l’organisation des soins et la logistique de l’hôpital, à peine partiellement ouvert, ce projet pharaonique d’un milliard d’euros connait ses premières difficultés majeures. Lancée avant la “crise”, cette reconstruction est devenue une épine douloureuse dans le pied des technocrates du ministère. Tout a été fait pour saboter ce projet jugé après coup démesuré et surtout trop coûteux.

Le directeur général, envoyé par le ministère avec une lettre de mission claire : faire capoter l’opération, a dépensé des trésors d’imagination pour arriver à ses fins :
–   tentative d’arrêt pur et simple des travaux,
–   mission de déstabilisation de l’ANAP (officine ministérielle de casseurs de coût),
–   modification des plans en cours de construction pour augmenter la taille des unités de soins et économiser le personnel soignant, administratif et logistique,
–  installation avortée d’une clinique privée dans le CHR,  le tout dans une ambiance de “plans successifs de retour à l’équilibre”, nous avons décidément tout connu.

Prévu pour fonctionner avec mille emplois supplémentaires (médicaux et non médicaux) lors de son élaboration, c’est avec des créations d’emplois nulles que le nouvel hôpital et ses 300 lits supplémentaires devraient pouvoir fonctionner selon la direction et l’agence régionale de santé. Délirant !

Gangrénés financièrement et idéologiquement par le mode de financement de la tarification à l’activité, les hôpitaux publics sont contraints de fonctionner comme de vulgaires cliniques commerciales, leurs choix de développement se faisant non plus en fonction des besoins de la population mais suivant la rentabilité des soins dispensés. Orléans n’échappe pas à cette règle du tout marchand imposé. Toujours plus avec toujours moins !
C’est dans ce contexte que la crise chronique des urgences connait de nouveau une phase aigüe comme en 2003. Cela fait maintenant 13 ans que les urgences du CHR d’Orléans sont en grandes difficultés.
L’épisode de la canicule de 2003 avec ses 15 000 morts avait fait exploser au grand jour l’absence de moyens de nombreux services d’urgences, le manque de lits d’hospitalisation et l’incurie des pouvoirs publics, du ministère aux agences régionales de l’hospitalisation de l’époque. L’activité n’a cessé d’augmenter depuis sans réels moyens supplémentaires.

Mais ce que souligne surtout cette crise c’est la profonde mutation que les réformes successives du système hospitalier public ont imposé aux établissements. En effet poussé à fonctionner comme une clinique commerciale, l’hôpital n’arrive plus à prendre ce qui n’est pas “programmé”, comme les patients des urgences. Outre qu’ils perturbent les véritables chaines de production de soins que sont devenues les unités d’hospitalisation, les patients des urgences exposent les services à un risque vécu comme majeur, la durée de séjour. Personnes âgées, malades polypathologiques, dimension sociale, autant de “dangers” que le séjour dure. Et le lit occupé ne sera plus disponible pour accueillir d’autres personnes génératrices de nouvelles rentrées d’argent à travers la facturation T2A.

Trop, c’est trop !
Une mise en danger des patients et du personnel : saturation dans les urgences depuis des mois avec l’hospitalisation « sauvage » de 30 à 50 malades sur des « brancards », manque de lits de gériatrie mais aussi refus d’hospitalisations de la part de certains services pour cause de rentabilité (certaines urgences sociales, personnes âgées…), un plan de retour à l’équilibre permanent qui impose un sous-effectif chronique, des conditions de travail désastreuses (rappel à domicile des agents, heures supplémentaires, alternance jour-nuit, 12h…) entraînant une perte de sens au travail, un sentiment de déshumanisation et un burn-out complet des équipes.

Droit de retrait : du jamais vu au CHR d’Orléans
Après avoir fait valoir son droit de retrait le lundi 23 février à sa prise de service, l’équipe des urgences, soutenue par d’autres hospitaliers a voté la grève reconductible à compter du lundi 2 mars sur les revendications suivantes :
1      arrêt de l’hospitalisation « sauvage » dans les couloirs des urgences,
2      remplacement de tout le personnel en arrêt (maladie, maternité…) pour que les repos hebdomadaires soient respectés et les récupérateurs planifiés (plus de 5000 heures supplémentaires),
3      création d’un poste d’infirmière de nuit sur la Salle d’Urgences Vitales,
4      Renforcement des services d’hospitalisation d’aval en moyens et en personnel

Devant l’absence d’ouverture de négociation avec la direction, le soutien des médecins urgentistes et de l’ensemble des hospitaliers, une délégation d’hospitalier-es s’est invitée à l’ARS du Centre, en intersyndicale SUD-CGT. Une véritable convergence des luttes avec l’équipe des urgences du CHRU de Tours, en grève depuis un mois, reçue juste avant notre arrivée.
La délégation d’Orléans a exprimé sa souffrance au travail vécue comme un véritable épuisement physique et mental, son incompréhension face au refus d’hospitaliser des personnes âgées dans les services de spécialités sous prétexte de rentabilité.
La réponse de l’ARS a été sans appel : budget contraint (les 10 milliards d’économies d’ici 2017 ! ), renvoi des décisions et d’éventuelles réorganisations à la direction générale de l’hôpital… Seul déblocage, quelques pièces jaunes pour les heures supplémentaires générées par l’épidémie de grippe, proposition aussitôt refusée par les hospitaliers présents qui veulent des remplacements et bénéficier de la récupération des heures supplémentaires.
Toujours le même jeu de ping-pong sans apporter aucune réponse aux revendications, ni pour Tours, ni pour Orléans.

La grève est maintenue avec une prochaine Assemblée Générale qui décidera la suite des actions.

La lutte continue jusqu’à satisfaction!
CorrespondantEs

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