NPA Comité Orléans Loiret

Nos vies valent plus que leurs profits! Mel de Contact : npa45@npa-mail.org

Le PCF a encore du mal !

Capture d’écran 2015-06-21 à 09.25.46

Dans le dernier bulletin des communistes orléanais un article nous a interpellé sur les dernières élections municipales et régionales en Espagne (en page quatre « Nosotros tambien PODEMOS »)

C’est un article classique du parti communiste français (PCF) dans sa volonté de rétropédalage par rapport à des errances politiques et à la réalité de la vie, mais aussi une récupération politique honteuse de ce qui se passe en Espagne.

Il commence par nous rappeler le 15 mai 2011 à Madrid. Il faut savoir qu’à cette époque le pendant du PCF en Espagne, le Parti Communiste Espagnol (PCE), et la coalition dans laquelle il est majoritaire Izquierda Unida (Gauche unie notre Front de Gauche Français) dénonçait le mouvement du 15 Mai et les indignés, refuser d’y participer préférant regrouper la gauche et aller s’allier avec le Parti Socialiste Espagnol.

Ensuite l’article fait croire que le PCE a participé en tant que tel aux listes d’Unité Populaire, alliance entre des militants des principales formations de gauche – Podemos, des formations nationalistes de gauche comme la CUP en Catalogne – et des syndicalistes combattifs, des militants anti-expulsions, des militants antiracistes, etc… En réalité, il y avait des militants d’Izquierda Unida en rupture, mais pas de PCE en tant que parti.

Le PCF nous a habitués à de nombreux changements, à de nombreuses forfaitures politiques, mais il est indigne de se réjouir d’une situation politique à l’étranger et se détourner de son partenaire historique, comme l’est Izquierda Unida, qui a disparu de l’article du journal.

Il est tout aussi indigne de paraitre soutenir cette évolution politique espagnole et de faire le contraire en France. Le Front de Gauche ne cherche pas à construire une alternative politique, si ce n’est autour de lui et surtout dans le PCF qui garde comme objectif l’Union de la Gauche avec tout ou partie du Parti Socialiste.

Le PCF ne veut pas rompre avec le système de gestion de la société, il est pour une amélioration du système capitaliste. Mais ce n’est pas le plus grave : avec son double langage sa capacité d’apparaitre comme une alternative, c’est surtout un frein aux mobilisations sociales. Cela commence à se voir, comme il ne se place que dans le cadre de gestion, seul l’intérêt de ces élus ne l’intéresse et lors des dernières élections cette politique a échoué, il devra en tirer le bilan.

Voici deux articles sur les listes «d’Unité Populaire» et « Izquierda Unida ». Ils éclairent sur la situation en Espagne, ils ne reprennent pas les positions du NPA, ils ouvrent le débat.

 

Qu’ont été ces listes «d’unité populaire»?

Les listes dites «d’unité populaire» avaient différents noms dans différentes villes. «Ahora Madrid» (Maintenant Madrid), emmenée par le juge de gauche Manuela Carmena, a remporté plus de 30% des voix dans la capitale, tandis que «Barcelone en Comu» (Barcelone en commun) a obtenu le plus grand nombre de voix avec plus de 20%.

Ces listes ont émergé à partir d’un processus de convergence dans l’ensemble du mouvement. Elles comprenaient des militants des principales formations de gauche – Podemos, Izquierda Unida (Gauche unie), des formations nationalistes de gauche comme la CUP en Catalogne – ainsi que des syndicalistes combattifs, des militants anti-expulsions, des militants antiracistes, etc. Associées par beaucoup à Podemos, ces listes avaient un profil véritablement indépendant. Ni Colau ni Carmena ne sont membres de Podemos (ou de tout autre parti), ni la plupart des conseillers élus.

Malgré un vocabulaire et une phraséologie ambiguë (reflétés dans les noms choisis), ces listes ont été clairement perçues comme représentant une gauche anti-austérité. Elles soutenaient généralement un programme qui a souligné la nécessité de vérifier démocratiquement le fardeau de la dette publique et une opposition aux mesures d’austérité, solidaires avec le mouvement social et les luttes ouvrières en cours.

Elles ont aussi mis en avant la nécessité de la lutte pour la réalisation de certaines de leurs revendications centrales, comme une paralysie des expulsions. Leurs militants ont été maintes fois dénoncés par le PP comme des «communistes» radicaux, ce qui n’a évidemment pas empêché des millions de personnes de se tourner vers eux et de leur accorder leurs voix.

Coalition ou gouvernements minoritaires? Pour des gouvernements anti-austérité à 100%!

Cependant, le succès de la gauche pose maintenant de nouvelles questions sur la façon d’aller plus en avant. Malgré leurs victoires éclatantes, aucune de ces listes n’a obtenu de majorité absolue. Cela représente une tâche de plus en plus difficile dans un paysage politique aussi fragmenté, avec au moins 5 partis dans la plupart des parlements et des conseils régionaux et locaux.

Gagner une majorité claire avec une telle fragmentation rend encore plus cruciale la nécessité d’un projet politique unitaire sans équivoque reposant sur un plan réaliste visant à totalement changer la situation.

Les résultats électoraux soulèvent aussi la question de savoir comment la gauche peut gouverner au niveau local sans majorité. Cette question se pose également dans un certain nombre d’endroits (dont Madrid) où, malgré le fait qu’elle se retrouve directement derrière le PP, la gauche a le potentiel de mener une majorité alternative au PP.

Des gouvernements de coalition pourraient être constitués avec le PSOE ou d’autres forces. Beaucoup plaident en faveur d’une telle disposition, sur la base d’un certain «pragmatisme», en cherchant à former des majorités le plus rapidement possible. Autrement, des gouvernements minoritaires de gauche pourraient être formés. Cette question est actuellement débattue dans des dizaines de villes, et est potentiellement un prélude à la même question se posant à une plus large échelle pour les élections générales en novembre.

Comment la gauche peut-elle, sur base de son succès électoral, renforcer la lutte contre l’austérité et favoriser activement la riposte?

Un point de départ fondamental est de refuser de poursuivre l’application de politiques brutalement antisociales et de revenir sur celles déjà instaurées le plus rapidement possible. Le parti social-démocrate PSOE – ainsi que le parti ERC en Catalogne, également partenaire potentiel d’une coalition de «gauche» – s’est engagé à 100% dans la mise en œuvre de l’austérité. Il a été le premier parti à présenter des coupes brutales au nom de la crise capitaliste actuelle, sous le gouvernement Zapatero.

L’austérité – même dans une version adoucie – ne sert pas les intérêts de la gauche ou des travailleurs et des jeunes enthousiasmés par son succès. L’expérience issue de la participation de Gauche unie (IU) à des coalitions avec le PSOE – récemment encore en Andalousie – a généralement conduit à l’associer à l’austérité plutôt qu’à la résistance sociale. La répétition d’une telle expérience aujourd’hui constituerait un grave recul, avec le danger d’anéantir les progrès de la gauche et de démoraliser une couche importante de travailleurs et de jeunes radicalisés.

C’est la lutte et non l’arithmétique parlementaire qui va conduire au changement. Des autorités de gauche minoritaires, si elles adoptent la bonne approche, peuvent être beaucoup plus «pragmatiques» et engranger beaucoup plus de victoires pour la population qu’un «compromis» dans une coalition de collaboration de classe.

Pour comprendre cela, il faut prendre conscience que ce qui provoque le changement de politique n’est pas l’arithmétique parlementaire ou institutionnelle, mais bien le changement social et la lutte. Le succès électoral actuel de la gauche est une expression de la vraie lutte que des millions de travailleurs, de jeunes et de retraités ont menée contre l’austérité dans la dernière période : les 3 grèves générales en 2012 et 2013, le mouvement de masse anti-expulsions et d’autres innombrables exemples.

Le succès électoral et la présence dans les institutions, ne rendent pas ces luttes superflues mais leur donnent une importance et un potentiel accrus. Les travailleurs mobilisés et organisés sont les ingrédients clés de la réussite d’un gouvernement anti-austérité à 100%.

Un gouvernement de gauche anti-austérité à 100% pourrait annoncer les mesures nécessaires pour faire ce qui est possible au niveau local afin de mettre fin au cauchemar de l’austérité – refuser d’effectuer des coupes dans les budgets publics, refuser les privatisations, refuser les expulsions ainsi que les autres politiques antisociales et investir dans des mesures socialement utiles et nécessaires pour fournir à chacun de bons logements et des emplois décents.

Par exemple, sur la question particulièrement importante des expulsions, un tel gouvernement local pourrait déclarer sa ville «zone exempte d’expulsions», boycotter les banques responsables d’expulsions et mobiliser le soutien actif de la population pour une telle politique. Cela pourrait paralyser les expulsions indéfiniment, forçant les autorités locales et la police locale – opposée aux expulsions de masse dans de nombreux cas – à refuser de mettre en œuvre les expulsions forcées. Le soutien social énorme que cela permettrait de générer permettrait à tout gouvernement de gauche de faire face à toute contestation juridique «constitutionnelle» à de telles mesures, et d’organiser la désobéissance civile de masse.

Des gouvernements anti-austérité à 100% pourraient se coordonner à travers différentes villes et villages, pour constituer une alliance rebelle significative, unie dans la résistance contre les tentatives d’imposer l’austérité de l’extérieur. Cela, en plus d’être efficace au niveau local, servirait également à préparer le mouvement pour les élections générales afin d’élire un gouvernement anti-austérité, sous lequel les travailleurs et les mouvements sociaux pourraient s’organiser à partir du niveau local, dans le cadre d’un mouvement anti-austérité coordonnée dans tout le pays.

Izquierda Unida, la « Gauche Unie », c’est le Front de Gauche en France !

Izquierda Unida (IU), est longtemps demeurée la principale alternative de gauche au PSOE. Ces dernières années, elle avait enregistré des progrès importants, tirant profit de la radicalisation engendrée par la crise. Cependant, son audience a été limitée par une direction modérée, bureaucratique, plus encline à conclure des accords avec le PSOE qu’à fournir une direction alternative.

Elle a sabordé ses acquis et a ouvert la voie à la montée de Podemos, un parti qui est considéré comme plus à gauche qu’Izquierda Unida, dans les sondages – y compris chez les électeurs d’IU. Ses résultats électoraux reflètent l’effondrement du parti, qui n’a été capable de maintenir son influence que dans des petites villes et des villages, c’est-à-dire là où il a un enracinement profond et où Podemos ne dispose pas de cadres.

4,73 % des voix d’IU, le 24 mai, sont le pire résultat de son histoire aux élections municipales, où il avait toujours obtenu de meilleurs résultats que lors des élections générales. Il a maintenu sa présence locale dans les zones rurales, mais il s’est effondré dans les grandes villes, en plein mouvement de fond de la société vers la gauche.

Avec ces élections, Izquierda Unida avait l’occasion de reconstruire une partie de sa base dans les grandes villes, mais les petits intérêts matériels de son appareil bureaucratique régional l’ont conduit à boycotter la grande majorité des listes de l’Unité Populaire, prétextant ne pas vouloir cacher leur bannière.

IU aurait pu sortir renforcée à Madrid, s’il avait soutenu la candidate Manuela Carmena, parrainée par Podemos, et sa campagne dynamique contre le gouvernement de droite corrompu d’Esperanza Aguirre. Au lieu de cela, la direction régionale d’IU a refusé de soutenir Carmena et a investi ses propres candidats. Aujourd’hui, à Madrid, la Gauche Unie est faible, divisée, et ses appareils locaux et régionaux sont regardés avec mépris dans les milieux militants, à juste titre.

Pour la première fois de son histoire, la Gauche Unie n’a pas de représentants dans les villes de Madrid et Valence. La probable victoire du parti à Zamora est une exception liée à des conditions très spécifiques. En revanche, dans les régions telles qu’Alicante, Barcelone et la Galice, où les militants locaux d’IU ont mis les intérêts du mouvement avant ceux des apparatchiks, et ont imposés la participation aux listes de l’Unité Populaire, la Gauche Unie a bénéficié de l’enthousiasme et de la radicalisation ambiants – et a contribué aux résultats extraordinaires des candidats de gauche.

En Andalousie, l’appareil régional d’Izquierda Unida a joué un rôle honteux en boycottant Podemos et les listes de l’Unité Populaire. Alors que leurs membres soutenaient l’Unité Populaire comme à Jaén, Dos Hermanas et ailleurs, les bureaucrates ont exclu ou liquidé ces sections locales. Cette politique insensée a conduit à la fragmentation et à la division des candidats à la gauche du PSOE, ce qui a aidé le PP, avec l’aide de Ciudadanos, à se maintenir au pouvoir à Jaén, Málaga et Grenade.

A l’échelle régionale, la Gauche Unie n’a pas fait mieux. Elle a perdu tous ses sièges dans les parlements régionaux de Madrid et Valence. En Estrémadure, elle a payé cher son opportunisme sans principes de soutien à l’ancien gouvernement PP et a été maintenue hors du parlement régional.

La Gauche Unie fait face au plus grand défi de son histoire. Son déclin semble organique. A l’intérieur de l’organisation, une excellente tradition de lutte et une multitude de cadres locaux de valeur coexistent avec un appareil conservateur qui aspire seulement à vivre des miettes des gouvernements bourgeois, agissant comme partenaire subalterne du PSOE.

La coalition catastrophique avec les « socialistes » en Andalousie, après les élections de 2012, en est une illustration. Joignant une coalition sans principes avec le PSOE, avec peu à gagner politiquement, mais beaucoup de postes à temps plein pour ses dirigeants, elle a appliqué des politiques d’austérité et a toléré la corruption des dirigeants socialistes.

On peut y voir la traduction de cette situation de la Gauche Unie, en France avec les discours des militants Front de Gauche qui appellent à la lutte et la réalité dans les institutions bourgeoise, où le Front de Gauche participe à la gestion de ces institutions avec le Parti Socialiste, application de l’austérité, remise en cause des acquis sociaux.

Le plus bel exemple est la place du Front de Gauche dans l’exécutif de la région Centre, il a voté tous les budgets, a participé au démantèlement des chemins de fer, etc. Il faudra tirer le bilan de l’action de ses élus.

Car en quoi le Front de Gauche a représenté les opprimés, les salariés, les jeunes? Le constat sera sévère, en rien il nous a représentés ; on peut même affirmer qu’il a été un frein aux luttes d’oppositions à la gestion de la région.

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 21 juin 2015 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, idées, indignés, international, local, partis.