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Espagne : la droite en tête, mais sans majorité, fin du bi-partisme !

Les Espagnols ont mis fin au bipartisme en élisant un Parlement dominé par quatre forces politiques. La droite, au pouvoir, perd la majorité absolue.
«Celui qui emporte les élections doit tenter de constituer un gouvernement», a lancé Mariano Rajoy à ses militants rassemblés à Madrid dimanche soir, comme pour se convaincre. Sa formation, le Parti populaire (PP, droite) reste le premier parti d’une Espagne difficilement gouvernable, selon les résultats presque définitifs des législatives dimanche soir, portant sur 99 % des votes exprimés. Le PP obtiendrait 123 députés sur un total de 350 au Parlement, loin de sa confortable majorité actuelle de 186. Derrière, le PSOE sauverait sa deuxième place, mais tomberait à 90 sièges, contre 110 gagnés en 2011, qui était déjà son pire score de l’histoire. Podemos (gauche radicale) et ses alliés régionaux entreraient pour la première fois – et en force – au Parlement avec 69 sièges. Ciudadanos (centre), pour sa part, devrait se contenter de 40 députés, alors que certains sondages l’avaient imaginé deuxième force nationale.

Il faut «atteindre des accords», a reconnu Mariano Rajoy en laissant ainsi entendre que s’ouvre le temps des négociations. L’arithmétique s’annonce compliquée puisque ni l’hypothétique alliance PP-Ciudadanos, ni le bloc de gauche PSOE-Podemos-Izquierda Unida (IU, néocommunistes) n’arriveraient à eux seuls à la majorité absolue. Les petits partis, régionaux notamment, pourraient revenir au centre du jeu. Les premières élections de l’après bipartisme posent crûment le défi de la gouvernabilité.

Pièce jointe
«Nous entamons une nouvelle ère politique dans notre pays. L’Espagne ne sera plus jamais la même», a déclaré Pablo Iglesias, le secrétaire général de Podemos, devant ses partisans. Le PP, de son côté, a tenté de mettre en avant sa victoire. «Les Espagnols nous ont majoritairement accordé leur confiance», a déclaré Andrea Levy, forçant quelque peu la lecture des 28 % de voix reçues par sa formation.

«Je ne veux pas vous dire pour qui j’ai voté, mais c’est pour un nouveau parti…», confiait María, venue avec Jorge, son mari, à l’école El Peñascal de Ségovie. La ville, à 100 km au nord de Madrid, est un bon thermomètre de la santé du bipartisme PP-PSOE. Aux dernières municipales, en mai 2015, les formations «émergentes», Podemos et Ciudadanos, s’étaient distinguées dans les grandes villes. Podemos et ses alliés avaient raflé quelques-unes des grandes métropoles, dont Madrid et Barcelone. Dans le reste de l’Espagne, le PP et le PSOE avaient beaucoup mieux résisté. À Ségovie (50000 habitants), conservant à eux deux 70 % des votes, 20 points de plus que dans la capitale espagnole.

Pourtant, dans cette ville célèbre pour son aqueduc romain, les électeurs témoignaient dimanche du double débat qui les a traversés. Au delà de l’axe gauche-droite, beaucoup se sont demandés s’ils allaient voter pour un «vieux» parti, expérimenté mais secoué par les affaires, ou pour un nouveau, plus «présentable» mais dont on ignore encore les capacités de gestion. Juanjo, par exemple, avocat quadragénaire, a voté pour le PP. «J’ai hésité avec Ciudadanos, le problème c’est qu’on ne les connaît pas encore beaucoup, dit-il. Mais c’est sûrement la dernière fois que je fais un chèque en blanc au PP».

Autre famille, autre configuration. Les parents, fonctionnaires, Jose et Susana, ont voté Izquierda Unida (IU), la formation héritière du Parti communiste (PCE) qui lutte aujourd’hui pour sa survie. Leur fils, Juan, étudiant en ingénierie, a voté Podemos. «C’est la corruption qui m’a décidé à choisir un nouveau parti», explique-t-il. La tête de liste de cette formation, Pablo Iglesias, a parlé d’une «seconde transition» – après la première la sortie du Franquisme en 1975.

L’économie, enjeu crucial

L’économie a été l’autre grand critère de vote. Jorge explique qu’il cumule deux emplois pour arriver à 1 600 euros par mois. «Cela faisait 20 ans que je ne votais pas, mais cette année j’ai décidé de le faire, ne serait-ce que pour secouer les politiques traditionnels». La question des alliances perturbe également le électeurs. «Avant, quand on votait, on savait à peu près ce qui allait se passer, relève Tomás, 58 ans. Aujourd’hui, on ne sait même pas avec qui ils vont gouverner!»

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Cette entrée a été publiée le 23 décembre 2015 par dans international.