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Hausse des salaires en Allemagne

Le puissant syndicat de la métallurgie IG Metall et le patronat sont parvenus à un accord à l’aube, ce vendredi 13 mai. Les 3,8 millions de salariés du secteur vont bénéficier d’une hausse de 4,8% de leurs salaires sur 21 mois.

Dans le cadre d’un accord régional «pilote», le syndicat allemand de la métallurgie, IG Metall, et le patronat se sont mis d’accord vendredi matin pour augmenter les salaires des employés du secteur de 4,8%, sur 21 mois. Une mesure valable pour l’ensemble du pays. Rien n’était pourtant gagné au départ, puisque les négociations salariales devaient initialement se terminer le 28 avril dernier.

Automobile, électronique, machines-outils… Au total, cette mesure va concerner 3,8 millions de salariés de la métallurgie. Dans le détail, les employés du secteur vont voir leurs salaires augmenter de 2,8% à partir du 1er juillet 2016, après avoir reçu une prime exceptionnelle de 150 euros pour les mois d’avril, mai et juin. Les salaires seront ensuite revalorisés de 2% à partir du 1er avril 2017, pour neuf mois, jusqu’à expiration de l’accord.

Cet accord, décroché après une longue nuit de pourparlers, «renforce la demande de la consommation privée», mais «préserve la capacité des innovations des entreprises», s’est félicité le chef d’IG Metall Jörg Hoffmann. «Aucune entreprise ne se voit demander trop», a-t-il estimé. La Rhénanie-du-Nord-Westphalie prend ainsi le rôle de poisson pilote dans un ballet de négociations bien rodé. Les négociations sont menées région par région et traditionnellement, le premier accord trouvé dans une région est ensuite validé par les autres, aucune négociation n’étant menée directement au niveau national.

Cet accord était pourtant loin d’aboutir à l’origine. De fait, IG Metall réclamait initialement une augmentation des salaires de 5,5% sur un an. Côté patronat, Gesamtmetall a répondu par une offre de 0,9% que les représentants des salariés n’ont pas souhaité discuter. Résultat, l’Allemagne a dû faire face à de multiples grèves dans les aéroports, les archives fédérales, les hôpitaux, etc. Dans l’industrie, 760.000 salariés du secteur avaient perturbé l’activité sur une multitude de sites industriels en participant à des grèves d’avertissement ces dernières semaines.

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Le puissant syndicat de la sidérurgie avait annoncé qu’il se préparait à une grève illimitée.

Les négociations salariales entre IG Metall et le patronat, qui devaient se terminer le 28 avril, se déroulent mal. Alors lundi, le puissant syndicat de la métallurgie allemand a prévenu, dans le quotidien Süddeutsche Zeitung, qu’il était prêt à hausser le ton après cette date: «Nous nous préparons aussi à une grève illimitée», a expliqué Meinhard Geiken, l’un de leaders dans le secteur électro-industriel. Il menace de mettre les usines à l’arrêt 24 heures, comme le prévoit la nouvelle stratégie du syndicat. Jusqu’à présent, la centrale se contentait de grèves «d’avertissement» de quelques heures seulement.

Avec 2,2 millions d’adhérents, IG Metall est un syndicat qui sait se faire entendre. Après avoir demandé 5,5% d’augmentation de salaire l’année dernière pour les 3,8 millions d’employés du secteur et en avoir obtenu 3,4%, la centrale demande pour 2016 une hausse de 5%. Côté patronat, Gesamtmetall a répondu par une offre de 0,9% que les représentants des salariés n’ont pas souhaité discuter. «Le problème n’est pas que nous proposions trop peu, mais qu’IG Metall exige trop», a déclaré la semaine dernière Rainer Dulger, le président de Gesamtmetall. «Les demandes d’IG Metall ne correspondent pas à une réalité économique», a-t-il ajouté.

Les perceptions de la situation économique de l’Allemagne semblent diamétralement opposées entre le syndicat et le patronat. D’un côté, on s’en remet aux pronostics de croissance plutôt optimistes, au satisfecit du gouvernement en matière de politique économiques et aux bénéfices constatés dans le secteur. De l’autre, on argumente sur les stimulateurs artificiels de la croissance, comme les taux bas ou le prix du pétrole, et on s’inquiète des faibles gains de productivité enregistrés ces dernières années.
Les syndicats de la sidérurgie ne sont pas les seuls à réclamer des hausses de salaires. Le secteur public aussi est engagé dans une négociation difficile: Verdi réclame 6% d’augmentation. Faute d’accord pour l’instant, des grèves d’avertissement sont annoncées cette semaine. A l’inverse, pour les quelques 60000 employés de Telekom, Verdi a d’ores et déjà obtenu un résultat: 4,3% d’augmentation sur les deux années à venir. En Allemagne, les restrictions liées à la crise sont terminées.

 

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Cette entrée a été publiée le 18 mai 2016 par dans anticapitalisme.