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Les titulaires de la fonction publique jusqu’à quatre fois plus absents que les contractuels ?

Dans une étude publiée vendredi 13 mai, l’iFRAP, Agence privée classée largement libérale, dresse le palmarès de l’absentéisme dans les communes. Les titulaires sont systématiquement plus absents que les contractuels, forcément ces derniers sont toujours soumis au chantage à l’emploi !

Un total de 49 jours d’absence (toutes causes confondues) en 2013 pour les agents titulaires de la fonction publique à Amiens contre 14 pour les agents contractuels dans la même ville. La ville picarde serait loin d’être une exception. En 2013, les titulaires sont nettement plus absents que les contractuels dans la vingtaine de villes de plus de 80.000 habitants dont l’iFRAP a obtenu les chiffres qui dissocient contractuels et titulaires (*).

Pour réaliser cette étude, le think tank libéral a récupéré les bilans sociaux établis tous les deux ans par les communes, mais qui ne sont en général pas publiés… L’iFRAP a donc contacté les communes en question pour obtenir les chiffres indispensables au calcul du nombre de jours d’absence par agent par an mais certaines ont refusé de répondre.

Comment lutter contre l’absentéisme dans les mairies ?

Selon le classement Ifrap révélé par Le Figaro Magazine, la ville d’Amiens est la championne française de l’absentéisme. Dans cette ville comme ailleurs, des mesures sont prises.

L’exécutif de la ville n’était pas au courant. «Selon nos chiffres, le taux global d’absentéisme à Amiens est un tout petit peu plus que la moyenne», se défend le délégué général des services. Soit, 24,5 jours. Pourtant, selon le classement de l’Ifrap* révélé par Le Figaro Magazine, en 2013, chaque agent était absent en moyenne 39,9 jours pendant l’année, ce qui place la capitale de la Somme en haut du podium des mairies les plus absentéistes. La maire UDI Brigitte Fouré, élue en 2014, se défend en reportant la responsabilité sur la précédente majorité de gauche. «Il faut remonter la pente et ça ne se fait pas en un jour», commente-t-elle. «Entre 2008 et 2014, il y avait beaucoup de souffrance au travail, des problèmes de dépression, et de fonctionnement. Les agents étaient très mal considérés, bousculés.» Coût de l’absentéisme selon la mairie: 6 millions d’euros par an, soit 4,5 à 5% de la masse salariale.

Pour endiguer ce phénomène, l’élue veut anticiper les maux qui génèrent l’absentéisme. «Avec les Ressources humaines, nous étudions les possibilités de reclassement des agents qui sont enclins à vouloir évoluer, comme les dames de service dans les écoles, le personnel des espaces verts pour mettre en place des reconversions professionnelles et accompagner ceux qui reviennent après un congé pour longue maladie de 18 mois, parfois plus.» Un pôle santé au travail existe à la mairie depuis 2012. Mais Brigitte Fouré se dit contre les mesures de

«flicage». «Les primes de présentéisme sont une bonne chose mais cela s’érode ensuite.» Comme de nombreux responsables de collectivité, elle estime que le rétablissement du jour de carence mérite d’être examiné. «On réfléchit à la mise en place d’une rémunération en fonction du temps de travail, ce qui revient à une sanction financière pour les agents qui sont absents», souligne Dominique Fiatte, le directeur général des services de la ville d’Amiens.

À Besançon, où les agents sont absents 21,8 jours par an selon l’Ifrap, des contre-visites médicales permettent de détecter les arrêts de travail abusifs. «Nous sommes attentifs à faire baisser l’absentéisme puisque ce phénomène augmente constamment. Cette progression est liée à l’usure professionnelle», explique-t-on. En 2015, sur les 15 contrôles, un arrêt maladie abusif a été identifié. En plus des mesures déjà adoptées, la mairie réfléchit à indexer le régime d’indemnisation sur le présentéisme. «Ceux qui seront absents moins de 5 ou 10 jours par an pourraient recevoir une prime», précise Ariel Janin, directeur du pilotage et de l’organisation et adjoint au directeur général adjoint des ressources humaines.

En 7 ans, l’absentéisme dans les collectivités françaises a augmenté de 19%

Selon le baromètre Sofaxis, le taux d’absentéisme augmente chaque année en France dans les collectivités. Entre 2007 et 2014, il a progressé de 19%. La maladie ordinaire est le motif le plus important du taux d’absentéisme. Avec la meilleure prise en compte de la maladie professionnelle, le vieillissement de la population et l’augmentation de la durée des arrêts, l’accident du travail affiche la plus forte progression, soit 49% depuis 2007. La durée moyenne des arrêts progresse également. En tout, le coût moyen des absences en 2014 est estimé à 1961 euros par employé.

L’association des DRH des grandes collectivités a récemment formulé des préconisations pour réduire cet absentéisme. «Il y a un retard flagrant dans le secteur public par rapport au secteur privé sur les politiques de prévention. Il n’y a pas de solution miracle pour lutter contre l’absentéisme mais les entretiens de reprise, pratiqués dans le privé, sont par exemple un des moyens qui peut s’avérer efficace», pointe Johan Theuret, président de l’association. Dans la fonction publique, l’âge moyen des agents est de 44 ans, contre 42 dans le privé. «Plus on vieillit, plus l’usure psychologique et physique est importante. Et l’allongement du temps de travail accentue ce phénomène», poursuit Johan Theuret. Le spécialiste, employé à la mairie de Clermont-Ferrand, souligne la difficulté à détecter l’absentéisme abusif. «Ce sont souvent des absences de courte durée, à répétition. Soit c’est justifié, soit il faut mettre en place des contre-visites médicales.»

À Poissy, le maire Les Républicains Karl Olive a directement mis en garde les médecins généralistes de sa ville pour limiter les arrêts de travail. «Ce courrier, envoyé le 25 mars, visait à sensibiliser le corps médical. À Poissy, environ 20 agents trichent. Et l’absentéisme nous coûte 1,5 millions d’euros par an», explique au Figaro le maire, qui affirme avoir reçu «des dizaines de messages de félicitation» après sa missive.

Toutes ces manoeuvres vont permettre d’engager les grandes mesures pour diminuer les effectifs qui deviennent la variable ajustable pour gagner des économies au moment où l’Etat se désengage de ses missions régalienes sous prétexte de réduction des déficits. Les mesures vont passer par la concentration des moyens lors des fusions en intercommunalités et de toutes façons le but fixé sera la diminution des agents communaux déjà soumis à rudes épreuves !  

* Le think-tank libéral Ifrap, dirigé par Agnès Verdier-Molinié, se base sur les bilans sociaux des communes. Le précédent palmarès, publié en 2013 et portant sur les chiffres de 2011, ne faisait pas mention de la ville d’Amiens, qui avait, à l’époque, refusé d’envoyer ses chiffres.

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Cette entrée a été publiée le 18 mai 2016 par dans anticapitalisme.