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La bataille de Mossoul n’est même pas commencée et déjà Amnesty International dénonce les milices chiites et l’armée irakienne

Un rapport de l’ONG Amnesty International, rendu public mardi 18 octobre, dénonce les mauvais traitements infligés par les milices chiites et l’armée irakienne aux populations fuyant des zones contrôlées par Daech

Amnesty International publie mardi 18 octobre un rapport intitulé « Punis pour les crimes de Daech : des Irakiens déplacés sont maltraités par les milices et les forces gouvernementales. » Ce rapport dénonce les traitements infligés aux civils fuyant des territoires aux mains de Daech. Il fait redouter un risque de violations de masse, au cours de l’opération militaire en cours pour la reprise de Mossoul.

Le rapport s’appuie sur des entretiens réalisés avec plus de 470 anciens détenus, témoins et parents de personnes tuées, disparues ou incarcérées, ainsi qu’avec des fonctionnaires, des militants, des travailleurs humanitaires et d’autres.

Les milices chiites impliquées

Amnesty International dénonce les représailles et discriminations dont sont victimes des Arabes sunnites soupçonnés d’être les complices de Daech. Beaucoup ont été déplacés lors des opérations militaires en 2016, notamment à Falloudja et dans le gouvernorat d’Anbar, à al Sharqat, à Hawija et aux alentours de Mossoul. Les milices essentiellement chiites impliquées dans ces violations, sont connues sous le nom d’Unités de mobilisation populaire. Elles ont été incorporées aux forces irakiennes en février 2016.

Les recherches effectuées par Amnesty International révèlent que des crimes de guerre et d’autres graves violations des droits humains ont été commis lors d’opérations qui visaient à reprendre à Daech la région principalement sunnite de Falloudja en mai et juin 2016. Au moins douze hommes et quatre garçons de la tribu Jumaila ayant fui Al Sijir, au nord de Falloudja, ont été soumis à une exécution extrajudiciaire après qu’ils se sont rendus à des hommes vêtus d’uniformes de l’armée et de la police fédérale le 30 mai.

Les contrôles des hommes sont opaques et arbitraires

Tous les hommes fuyant des zones se trouvant sous le contrôle de Daech sont soumis par les autorités irakiennes et le gouvernement du Kurdistan à des contrôles de sécurité visant à déterminer s’ils entretiennent des liens avec Daech. Ce sera le cas si, dans les prochains jours, des habitants de Mossoul fuient la ville et ses combats.

Jusqu’à présent, la procédure de ces contrôles est opaque. Certains de ces hommes sont transférés sous la responsabilité des forces de sécurité et détenus pendant des semaines ou des mois. Le rapport révèle que le recours de membres des forces de sécurité et de milices à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements s’est banalisé dans les installations où sont effectués les contrôles, dans les sites de privation de liberté non officiels utilisés par les milices, et dans les locaux contrôlés par les ministères de la Défense et de l’Intérieur des gouvernorats d’Anbar, de Bagdad, de Diyala et de Salah al Din.

Il n’est pas rare que les tribunaux irakiens s’appuient sur des « aveux » obtenus par la force pour déclarer des accusés coupables et souvent les condamner à mort. Depuis le début de l’année 2016, les autorités ont procédé à au moins 88 exécutions. Trois mille personnes se trouvent toujours dans le quartier des condamnés à mort.

Un rapport transmis aux autorités irakiennes et kurdes

Philip Luther, directeur des recherches et actions de plaidoyer pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International estime : « À l’heure où les combats ayant pour objectif de reprendre Mossoul ont débuté, il est crucial que les autorités irakiennes prennent des mesures pour garantir que ces violations choquantes ne se reproduisent pas. Les États soutenant les efforts militaires visant à combattre l’EI en Irak doivent montrer qu’ils ne continueront pas à fermer les yeux sur les violations. »

Les conclusions du rapport ont été transmises aux autorités irakiennes et kurdes le 21 septembre. Bagdad n’a pas donné suite. Les autorités kurdes ont réagi, niant en grande partie les résultats des recherches effectuées par Amnesty International.

P C

 

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Cette entrée a été publiée le 19 octobre 2016 par dans anticapitalisme.