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Les députés rejettent une mesure contre les déserts médicaux

L’Assemblée nationale n’a pas souhaité limiter la liberté d’installation des médecins libéraux en les dissuadant de choisir une zone où ils sont déjà nombreux à exercer. La mesure avait provoqué une levée de boucliers du gouvernement et de la profession. Alors que les longues et coûteuses études médicales sont souvent une sélection par le fric le pouvoir et les lobbys médicaux entérinent une « liberté » qui va à l’encontre des patients !

La mesure avait soulevé un tollé dans la profession. Les députés qui examinent depuis mardi le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2017, l’ont retoquée. Les jeunes médecins devraient donc pouvoir continuer à s’installer librement où ils le souhaitent. Le texte prévoyait que, pour être conventionnés à l’assurance maladie dans une zone qui compte de nombreux médecins en exercice, les nouveaux médecins libéraux devraient attendre qu’un autre cesse son activité.

L’auteur de cet amendement, Annie Le Houerou (PS), avait défendu «un dispositif de régulation de l’installation qui existe déjà pour de nombreux autres professionnels de santé», comme les pharmaciens ou infirmiers. Des députés de gauche comme de droite ont soutenu de façon véhémente l’idée dans l’hémicycle: de Sylviane Bulteau (PS), déplorant qu’en Vendée il faille recourir à des «doctor dating» pour attirer des médecins, à Jean-Louis Costes (LR), évoquant «une situation intenable» dans le Lot-et-Garonne et appelant à «trouver une solution».

Peur d’une «une médecine à deux vitesses»

La ministre de la Santé Marisol Touraine avait quant à elle donné un «avis résolument défavorable» à cette mesure. «Je pense que cette mesure est inefficace, injuste, et ouvrirait la voie à des pratiques problématiques», a-t-elle argumenté. «Des médecins qui ne voudront pas s’installer à Guingamp ou à Loches» sortiront du système de santé en travaillant par exemple pour des cabinets d’assurance, d’après la ministre. D’autres médecins feront «le choix volontairement du déconventionnement» pour s’installer où ils le voudront et «leurs patients ne seront pas remboursés», ce qui créera «une médecine à deux vitesses». En outre, «vous allez ouvrir la voie à un marché des cabinets libéraux» pour leur revente, avait lancé la Ministre de la Santé qui avait reçu le soutien notamment de Bernard Accoyer (LR) pour qui «seul le volontariat peut être une solution».

Les médecins libéraux (CSMF, SML) s’étaient fortement mobilisés depuis l’examen en commission il y a une semaine pour faire échouer cette volonté de «contraindre la liberté d’installation». Pour sa part, l’association UFC-Que Choisir avait demandé aux députés d’adopter la mesure, «indispensable» selon elle pour lutter contre les déserts médicaux, les appelant à «ne pas céder aux pressions des lobbies». Précédemment l’Assemblée avait, sur proposition du gouvernement, voté la création d’un contrat de «praticien territorial médical de remplacement» pour des jeunes médecins libéraux s’engageant en zones sous-dotées, avec notamment la garantie d’un niveau minimal de rémunération. Rappelant diverses mesures déjà mises en place en faveur de l’installation dans ces zones, comme les maisons de santé, le socialiste Michel Issindou a glissé que les candidats à la présidentielle «dans quelques semaines seront amenés à proposer des idées sur le sujet».

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Cette entrée a été publiée le 3 novembre 2016 par dans anticapitalisme.