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Accord de compétitivité chez Renault : les ouvriers subissent une cruelle défaite sur le temps de travail et les suppressions de postes

Dans la droite lignée des accords signés chez PSA

Alors que le groupe Renault-Nissan accumule les bénéfices, qui se chiffrent en milliards, qu’il vient de dépasser PSA au niveau des ventes, et qu’il a d’ores et déjà sabré 6200 postes depuis 2013, le groupe automobile français, deuxième au niveau des ventes européennes, compte bien augmenter ses profits sur le dos des salariés encore une fois. Et la recette est loin d’être inconnue : suppression de postes, augmentation de la précarité, augmentation du temps de travail et hausse importante de la productivité. En d’autres termes, des conditions de travail toujours plus dures pour les ouvriers, pour un salaire toujours très faible, alors que Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi vient d’annoncer qu’il toucherait un troisième salaire.

George Waters

Suite à la fin du précédent accord triennal de 2013, la direction de Renault avait engagé, avec les « partenaires sociaux » une nouvelle série de négociations pour continuer ce qu’elle avait commencé trois ans avant. Le but ? Continuer à améliorer la « compétitivité » de l’entreprise, au prix de nouveaux sacrifices que les ouvriers vont devoir faire.

Une offensive sur le temps de travail : overtimes et compteurs de modulation

Une des questions clés des négociations a été pour Renault de mener une forte offensive sur le temps de travail, et notamment sur les célèbres overtime, qui n’avaient pas été obtenus en 2013, et que Carlos Ghosn compte bien obtenir cette fois ci. Déjà appliqué à PSA, les overtimes permettent à la direction d’obliger les ouvriers à travailler plus si l’objectif de production du jour n’est pas atteint. Devenus pratiquement journaliers chez PSA, c’est une mesure qui permet de flexibiliser largement le travail, en obligeant à travailler 15mn, 30mn les salariés sans qu’ils l’acceptent. Des mesures qui ont été appliquées malgré des résistances de la part des salariés, qui ont réussi à faire, à de nombreuses reprises, bouger les lignes sans toutefois obtenir le retrait de ces mesures. Dernièrement,chez PSA, de nombreux débrayages ont eu lieu justement contre ces over-time, ce qui laisse penser qu’il ne sera pas si facile d’appliquer ces mesures chez Renault.

Autre offensive : mettre en place un « compteur de modulation », permettant de moduler le travail des salariés et les obliger à travailler quand l’entreprise le veut. Là aussi, PSA fait figure d’exemple. Ces compteurs de modulations, qui permettent à l’employeur de mettre au chômage les travailleurs pour une journée tout en le payant, puis l’obliger à rattraper ce temps sur d’autres journées. In fine, chez PSA SevelNord, ce dispositif a amené la majeure partie des travailleurs à perdre leurs samedis, qu’ils ont pour la majorité travaillé toutes les semaines. Le dispositif empêche aussi de faire passer les heures travaillées en heures supplémentaires, et donc de payer moins les salariés.

Continuer à sabrer l’emploi en proclamant en créer : une direction schizophrène ou la réalité du capitalisme !

Renault, qui avait déjà entamé en 2013 une forte attaque contre l’emploi, en actant un « plan de départ volontaire » et de non-remplacement des départs à la retraite qui avait supprimé 6200 postes en France. Le groupe continue aujourd’hui cette politique, tout en feignant de « créer des emplois » ! En effet, le groupe se targue de créer 3600 emplois d’ici trois ans, tout en « oubliant » de dire qu’il en supprimera 4500 autres par les départs à la retraite de l’autre côté ! 1000 chômeurs de plus du fait de Renault-Nissan donc, qui a de surcroît annoncé la réduction de 50% du nombre d’intérimaires. Là aussi, il y a de grosses zones d’ombres : qui dit suppressions d’intérimaires ne veut pas forcément dire remplacement par des CDI, et on se demande si ces 4000 intérims en moins signifient 4000 emplois (précaires, certes) en moins. Auquel cas, il s’agirait ni plus ni moins de 5000 emplois en moins en France sur trois ans pour Renault ! Face à cela, seule la CGT semble réagir, et est particulièrement suivie par les ouvriers, qui ont de plus en plus conscience que ces « accords de compétitivité » ne les mène que dans la misère : à de nombreuses reprises, chez Renault Cléon, plus de 600 grévistes ont arrêté la production pour protester contre ces reculs. Les autres organisations syndicales ont « obtenu » une augmentation de création de 600 postes. La CGT demandait 14 000 créations d’emplois, loin des 3600 donc. De fait, la seule « garantie » que fournit Renault, c’est un investissement de 500 millions d’euros pour robotiser les usines.

Une volonté continuelle : augmenter la productivité contre les conditions de travail

Toutes ces mesures, délétères et honteuses pour les salariés, n’ont qu’un objectif, affiché par l’entreprise : augmenter les profits par une augmentation de la productivité, et ce, en rognant sur les conditions de travail des ouvriers. La direction veut en effet faire passer le nombre de véhicules produits par employé de 62 à 90, soit une augmentation de 45%, et ce, sans augmentation de salaire ! La compétitivité doit encore augmenter selon Thierry Bolloré, directeur délégué en charge de la compétitivité, qui a surement appris de son parent Vincent comment exploiter encore plus les travailleurs. Ce chemin de régression sociale doit évidemment continuer, alors même que Renault continue d’engranger les bénéfices, qui se chiffrent à 2,96 milliards d’euros en 2015.

De fait, cette augmentation de la compétitivité rime en bas de l’échelle avec augmentation de la souffrance au travail : il y a quelques semaines, un employé était mort d’un malaise après un entretien disciplinaire. Sans causer systématiquement la mort, la pression toujours plus importante se comprend quotidiennement, dans les dépressions, les trubles musculo-squelettiques, des individus à bout de nerfs et au bout de leurs forces.

Face au chantage patronal, Force Ouvrière signe aux côtés des syndicats jaunes !

Ces reculs sociaux ne seraient cependant pas possible aussi facilement si le patronat n’avait pas à sa botte de gentils syndicats prêts à signer tous les accords de reculs sociaux. Aujourd’hui, seule la CGT a annoncé qu’elle ne signerait pas. La question pourrait se poser au niveau de Force Ouvrière, qui a été au printemps une des têtes du mouvement contre la loi travail, mais ses antécédents ne font aucun doute sur leur capacité à trahir une fois de plus les intérêts des travailleurs : en 2013, le syndicat avait déjà signé l’accord de compétitivité ; début octobre, c’est au niveau de toute la métallurgie que FO-Métaux signe un accord de branche au rabais ; il y a quelques semaines, FO-PSA signe l’accord de convergence entre SevelNord, Française de Mécanique et PSA. À chaque recul social, Force Ouvrière accompagne, reprenant les arguments du patronat, sur les emplois prétendument « créés » ou ceux qui ont été « sauvés ». Sur les investissements qui cherchent en réalité à désengager les groupes du territoire français. Évidemment, la CFE-CGC et la CFDT voient toujours dans ces accords des « progrès », un « assainissement du dialogue social » etc.

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Cette entrée a été publiée le 20 décembre 2016 par dans anticapitalisme, édito, syndicats.