NPA Comité Orléans Loiret

Nos vies valent plus que leurs profits!

Le nouveau « marchand du temple » : Quand Happytal s’invite au festin !

Pub accrocheuse sur leur site, que la direction a transcrit par le « confort en plus » pour les hospitalier-ères !

Soit, la mode est à la destruction des emplois publics, le fonctionnaire doit disparaitre. Les établissements hospitaliers sont tout particulièrement concernés. Regardons le nouvel hôpital d’Orléans ou-vert sans les emplois prévus dans le projet initial.

Alors fatalement la qualité de service rendu aux patients baisse mal-gré les efforts surhumains du personnel qui consacre ses dernières forces à sauver la sécurité des patients. Le reste…

bourse vie V2

Comme dirait l’éminent patron des laboratoires : “NHO : le positif l’emporte très largement sur les carences en cocooning ou la nostalgie d’HPM… “. Allez, circulez, il n’y a rien à voir !

Sauf qu’une bande de petits malins, issus de McKinsey, leader mondial du conseil aux entreprises, se saisit de cette dégringolade de la qualité de service pour lancer une start-up juteuse. Et les voilà qui surfent sur cette crise hospitalière pour offrir des services de conciergerie aux patients des hôpitaux publics et même au personnel. A croire qu’il doit y avoir un marché et donc une carence des hôpitaux et des mai-sons de retraite, sinon des entrepreneurs avisés comme eux ne se se-raient pas lancés dans une telle aventure.

Et ce n’est pas SUD qui l’invente, écoutons plutôt un des patrons d’Happytal : « La qualité de nos prestations rejaillit sur la perception de la performance hôtelière des établissements, note Romain Revellat. Nous sommes dans une logique de création de valeur : nous nous rémunérons uniquement via une marge sur les services et produits achetés par les patients et via une prestation de conseil sur la mise en place de notre offre dans chaque structure, afin de générer des gains de productivité. » (interview donnée à Laure Japiot journaliste aux Echos).

brosse

Happytal va donc faire son entrée au CHRO moyennant un bon petit pactole pour démarrer. La direction va payer 800 000 euros/an pour récupérer à tout prix les 5 millions annuels de recettes espérées sur les chambres seules. Véritable Happytal–gate du NHO. Une babiole pour un établissement en déficit .

Rançonner les patients à la place des collègues du mouvement pas très à l’aise dans ce genre d’exercice. Il s’agit bien de cela. Récupérer par tous les moyens les sur-facturations, même quand elles sont indues parce que le patient n’a pas demandé explicitement une chambre seule ou lorsque son état de santé en imposait une, et ce, y compris dans toutes les Unités de Soins Continus, pédiatrie com-prise, sans avis de l’encadrement médical ou paramédical !

Et cerise sur le gâteau, les salariés d’Happytal sont habilités (et contraints pour garder leur salaires en fin de mois) à se déplacer au lit des malades et à leur extorquer un consentement pour la chambre seule, peu importe leur état de santé ! De plus, Happytal a désormais accès à toutes les informations administratives de chaque hospitalisé et on peut légitimement s’interroger sur l’utilisation possible de ces données confidentielles.

Et puis Happytal va “offrir” un service de conciergerie digne d’un palace. Cela existe déjà dans certains hôpitaux comme l’hôpital américain à Paris, établissement réservé aux émirs du pétrole et autres maitres du monde.

Rassurez-vous, cela n’a plus rien à voir avec les concierges du passé. Finies les pipelettes, et autres cerbères.

happytal V2

Vous avez déjà vu ces reportages sur les palaces, si, si, ces reportages à faire baver les pauvres que nous sommes pour bien nous faire sentir notre infériorité sociale. Il y en a chaque semaine sur les chaines de la télé. Et puis à quoi serviraient les palaces si personne ne bavait devant ?

On nous explique que les con-cierges peuvent réaliser le moindre de nos caprices, une envie de caviar à 3 heures du matin, un petit Château Petrus 1928 ou 1929, on n’est pas difficile, une balade en hélico, une petite gâterie, ils arrivent toujours à trouver une solution dans l’instant. Magnifique !

Mais cela a un coût. Les requins ont besoin de chair fraiche. Quand on vous dit que ce n’est pas pour les pauvres !

Surtout lorsque l’on voit l’état de santé malheureux de l’immense majorité de nos patients, très souvent en perte importante d’autonomie, on se dit que c’est le genre de services parfaitement adaptés à leurs besoins… Mais la direction a déjà pris les devants, consigne est donnée dans les services d’arrêter les commandes des produits de première nécessité pour la toilette et de renvoyer les patients vers Happytal, la brosse à dents à 5€, la mini-trousse à 15 €…

L’objectif est bien là : contraindre les malades à faire appel à ces concierges d’un nouveau genre. Les princes qui nous gouvernent ont pensé à tout. Il faut appâter le chaland. En clair, qu’il connaisse Happytal avant de ressortir.

 

 

Pour cela deux attaques ciblées, la première, le coup de la chambre seule. Il y a 80 % des lits du CHR en chambre seule, donc 80 % des malades vont avoir affaire à Happytal. Bien joué. Plus vicelard la deuxième, un bon d’achat de 15 euros offert par le CHR aux patients pour amorcer la pompe à fric ! Un peu comme les supermarchés et les bons de réduction. L’hôpital vous offre quinze euros à dépenser chez Happytal, vous allez les dépenser et beaucoup plus. C’est là le piège.

Ils crient au déficit et ils balancent 800 000 euros à une start-up squaloïde, il change de véhicule de fonction (20 000 €), il importe son mobilier de bureau acheté à grands frais en Es-pagne. Et demain, qui empêchera les mutuelles d’augmenter le coût de la chambre individuelle et d’augmenter les contrats en conséquence !

Hopital 02-28

Faites des efforts !

Une conciergerie quand, dans tous les autres services, soignants, administratifs et ouvriers, les hospitaliers sont à bout, usés par une charge de travail démesurée et une désorganisation des princes qui nous gouvernent ?

Une conciergerie quand les heures supplémentaires s’accumulent par centaines de milliers ?

Une conciergerie quand la prise en charge relationnelle des patients ne peut plus être assurée faute de temps ? Et oui cela fait aussi partie du soin, n’en déplaise à certains.

Une conciergerie quand les plannings et les congés sont changés tous les quatre matins à cause de l’absentéisme et des accidents de travail qui explosent ?

Une conciergerie quand les services vendus, accès Internet, TV, sont loin d’être optimum. Et que désormais c’est au CHRO d’assumer l’entretien du parc !

Et au final, une conciergerie privée qui fait disparaître plusieurs postes dits « aménagés »pour les collègues cassés par le boulot et qui en fera disparaître combien d’autres à l’avenir (pédicure-podologue, socio-esthéticienne ..qui sont désormais en concurrence directe avec Happytal)?

Et le droit des malades dans tout ça ? Il est clair que le tarif « chambre particulière » ne peut s’appliquer qu’au patient qui en fait la demande, qui a été préalablement informé de son coût, et qui a la possibilité de refuser le surcoût si la chambre lui ait imposé faute d’autre place. Pas un mot sur le site internet de l’hôpital ni dans la charte du patient hospitalisé…

A quand une concession de pompes funèbres dans le NHO ? Un service offert par la conciergerie Happytal ? Patients, personnel, les besoins vont exploser et il va y avoir du fric à se faire ! Allez messieurs, un peu d’initiative ! Lancez-vous ! Et peut-être qu’em-portés par votre élan vous disparaitrez loin, bien loin, le plus loin possible. Et si vous avez besoin d’aide pour le grand saut, nous sommes là. Toujours prêts !

Nous pensons que la priorité d’un hôpital public est de dispenser des soins de qualité dans le respect de nos conditions de travail. Ce devrait être l’unique préoccupation des gestionnaires d’un hôpital. Mais les faits démontrent que seuls comptent leur petit confort personnel, l’essentiel absolu, et les affaires avec les entreprises privées, obsession permanente de la direction générale. Bien triste.

Correspondant

 

6 commentaires sur “Le nouveau « marchand du temple » : Quand Happytal s’invite au festin !

  1. ani
    19 mai 2017

    J’ai quitté cette start UP de m…. Dès que je j’ai compris que ca ne s’inscrivait pas du tout ds une démarche sociale, car c’est ce qui m’y à conduite. Vous décrivez bien l’arnaque, et pour un personnel non médical, j’ai fini en prime avec une grosse dépression. De voir des pathologies auxquelles je n’étais pas préparée.
    Surfent sur la vague de la crise du service public.

    • frédéric
      14 juin 2017

      Une démarche sociale… c’est à dire
      Quand tu as postuler, tu as cru que tu allais proposer des services gratuits pour tout le monde ?
      En revanche on est disponible à l’écoute et on fait de notre mieux pour satisfaire les attentes des patients, et ça je trouve que c’est une démarche plaisante.
      En postulant chez happytal fallait t’attendre tout de même à être en contacte avec des personnes malades, convalescentes, affaiblies et diminuées.
      On ne force personne à faire une demande de chambre individuelle (dont les montant ne reviennent en aucun cas à happytal ) ni à nos prestations…
      Que tu n’es pas supportée ce travail c’est une chose, cracher sur les autres sans est une autre !

      • Vous avez tort et Ani a raison: Quoique vous fassiez et malgré votre possible gentillesse vous ne remplacerez jamais les qualités des personnels soignants même mis à mal par les diminutions drastiques d’effectifs. Ani a raison en dénonçant la fausse démarche sociale sous laquelle se cache Happytal. Elle a compris que ce serait faire du fric sur le dos des patients !
        A.R.

  2. frédéric
    14 juin 2017

    Vous me faites rire avec vos idées bien mignonnes et vos jugements.
    L’hôpital public est subventionné par les contribuables, il y a toujours eu des tarifications pratiquées par les hôpitaux, happytal n’a rien a voir sur ce sujet. c’est une société qui ne fait que formaliser ces demandes afin de les transmettent au service compétent de l’hôpital. Je vous rassure il n’y a pas que les patients qui font une demande de chambre individuelle qui l’obtiennent. Cette décision revient au personnelle soignant.
    Ces chambres individuelles sont parfois prise en charge entièrement par les mutuelles, pour certains il reste une partie à la charge du patient.
    Dans tout les cas c’est au patient de décider si oui ou non, il veux faire une demande.
    Ensuite les prestation proposées sont effectivement payante, réveillez-vous !!! dans quelle monde utopique vous vivez ! Les hôpitaux ne peuvent pas se permettre de proposer des soins gratuits à qui veux bien en prendre… vous vivez dans un monde de bisounours…
    La différence entre avant et maintenant c’est que les patients qui veulent s’évader un peu durant leur séjour à l’hôpital, qui est parfois long, ils peuvent le faire.
    Et en vous renseignant un peu sur les tarifs pratiqué vous vous rendrez compte que ce sont des prix qui correspondent à la réalités du marché.

    • Il ne s’agit pas ici de l’attribution ou non de chambre seule mais bien des prestations qui étaient assurées par du personnel hospitalier à statut et qui aujourd’hui sont déléguées à une entreprise privée Happytal. Il est sûr qu’au bout du compte cette socièté va faire des profits sur le dos des patients et de ses personnels ! Pour l’Etat c’est tout benefice puisque ces mesures permettent des diminutions d’effectifs et comme ce sont des fonctionnaires cela entre parfaitement dans les plans capitalistes de « réduction des déficits publics ». C’est surtout de leur portefeuille que les patients verront les Euros s’évader et leur monde n’est pas celui des bisounours !
      A.R.

      • Frédéric
        17 juin 2017

        Le personnel soignant avec qui j’ai la chance d’être en contact a compris que notre démarche n’était pas de dépouiller les patients comme vous le faites penser.
        Les prestations que propose Happytal ne sont pas des prestation de luxe à des prix exhorbitants. C’est les tarifs souvent appliqué pour des mêmes prestations à domicile par exemple.
        Avez-vous déjà pris le temps ne serait-ce de vous renseigner ?
        Les services que nous proposons sont sans obligation d’achat, a des tarifs raisonnables. On répond simplement à une demande qui jusqu’à présent n’avait pas d’offre… c’est du bien-être notamment. Sauf effectivement pour certains services ou certaines pathologies permettent d’avoir accès a des prestations proposées gratuitement et nous prêtons attention à faire valoir ces prestations aux patients qui y ont droit. Mais qu’en est-il des autres patients, ceux qui ne peuvent bénéficier de ces prestations bien-être ? Que peut-on leur proposer comme solution ? Ce serait donc aux soignants qui ont déjà une charge de travail très importante de prendre le temps de rendre une multitude de service.
        Enfin bon ce qui n’attriste c’est que le problème principal est qu’une société privée interviennent dans le secteur public. Ce clivage est ridicule notre but n’étant pas de replacer les soignants, au contraire nous avons un grand respect pour ce qu’ils font.

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Cette entrée a été publiée le 8 mars 2017 par dans anticapitalisme, santé.