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Nouvelles mesures d’austérité : en Grèce, le grand désarroi des retraités !

Le Parlement adopte les NOUVELLES MESURES D’AUSTÉRITÉ sur fond de manifestations et de grève générale

Le Parlement grec a adopté le soir du 18 mai les nouvelles mesures d’austérité exigées par les créanciers d’Athènes – UE, FMI et MES – en contrepartie du versement d’une nouvelle tranche de prêts. Un apport urgent car la Grèce doit rembourser 7 milliards d’euros en juillet.

C’est à une faible majorité que la coalition gouvernementale dirigée par Alexis Tsipras a approuvé ce plan de rigueur supplémentaire (assorti de quelques maigres compensations pour les plus vulnérables) : sur 281 députés présents (la Vouli – le Parlement grec – en compte 300 au total), 153 ont voté pour (les élus Syriza et ceux de son allié, le petit parti souverainiste ANEL) et 128 contre.

L’aide financière doit encore être validée par l’Eurogroupe – composé des ministres des Finances de la zone euro –, qui se réunit le 22 mai. La question de l’allègement de la colossale dette publique de la Grèce (179 % du PIB) reste sur la table, le FMI conditionnant sa participation au plan de renflouement à celui-ci tandis que Berlin reste extrêmement réticent face à une telle perspective.

Grève générale de 24 heures

Le 17 mai, la Grèce a connu une grève générale de 24 heures dans les secteurs public et privé. L’appel visait à protester contre le vote des nouvelles mesures d’austérité. Selon la police, 12 000 personnes ont manifesté à Athènes, 6 000 à Thessalonique. Dans la capitale, les troupes du syndicat PAME, proche du Parti communiste grec, étaient majoritaires (8 000 personnes).

Adedy, le syndicat de la fonction publique, et la centrale du privé GSEE avaient également appelé à la grève générale. Les jeunes étaient fortement représentés parmi les manifestants ; le taux de chômage des moins de 25 ans est proche de 48 % (il est d’environ 23 % pour l’ensemble de la population active).

Le 18 mai, jour du vote, 12 000 manifestants se sont de nouveau réunis devant le Parlement ; le PAME était encore fortement mobilisé. Des centaines de retraités avaient également protesté sous la pluie dans l’après-midi, inquiets quant aux nouvelles attaques contre la sécurité sociale.

Alexis Tsipras s’était empressé de féliciter Emmanuel Macron pour son élection, parlant à propos de celle-ci d’ « une inspiration pour la France et l’Europe ». Le nouveau président devrait lui rendre la pareille en célébrant la capacité du Premier ministre grec à « tenir bon face à la rue » (forcément archaïque et populiste).

 

Les syndicats se sont mobilisés mercredi 17 mai contre les nouvelles mesures d’austérité et une énième réforme des retraites.

« Notre futur est incertain. Chaque année, de nouvelles baisses des pensions de retraites et de nouveaux impôts nous tombent dessus. Nous ne savons pas combien de temps nous allons encore pouvoir vivre sur nos économies », constate, amer, Costas Theodorakopoulos, 70 ans.

La Grèce et ses créanciers – Banque centrale européenne (BCE), Mécanisme européen de stabilité (MES) et Fonds monétaire international (FMI) – ont conclu, le 7 avril à Malte, un accord prévoyant de réduire les dépenses du pays de l’équivalent de 2 % du produit intérieur brut (PIB) entre 2019 et 2020. Il s’agit de réaliser plus de 3,6 milliards d’euros d’économies.

Pour protester contre ce nouveau train d’austérité, les syndicats du privé et du public ont appelé à une grève générale de 24 heures mercredi 17 mai. Car pour tenir cet objectif d’économies, le Parlement grec doit voter, jeudi, une énième réforme des retraites : la quatorzième depuis 2010.

La pension moyenne a chuté de 40 % depuis 2010

« Pour nos dirigeants, il est plus facile de couper dans nos pensions que de trouver de l’argent en luttant contre la corruption et l’évasion fiscale ! Mais, les retraités ne doivent pas être les sacrifiés de cette crise économique, il faut que le gouvernement fasse des économies ailleurs ! », déclare M. Theodorakopoulos, qui tenait jusqu’à ses 68 ans une pépinière à Egaleo, dans la banlieue est d’Athènes.

Après quarante-quatre années de cotisations, il devrait percevoir une retraite de 900 euros par mois, mais il est toujours dans l’attente de la liquidation de son dossier pour pouvoir commencer à toucher pleinement sa pension. « Seule une avance de 500 euros par mois m’est allouée pour le moment », explique-t-il, excédé par les retards pris par l’administration.

Selon les chiffres officiels fournis par le ministère grec des finances, dans sa base de données Helios, la pension moyenne en Grèce s’élève à 833 euros ; un montant qui a chuté de près de 40 % depuis 2010. L’épouse de M. Theodorakopoulos, Eleni, fonctionnaire à la retraite depuis sept ans, a vu sa pension fondre de 1 200 euros par mois à 850 euros.

« J’ai l’impression d’avoir été floué ! »

« Nous faisons des économies sur l’essence, le chauffage, les sorties, les vacances… Mais nous devons tout de même aider notre fille de 30 ans, au chômage depuis plus d’un an et sans allocation ! », raconte l’ancien pépiniériste.

En Grèce, où 24 % de la population active et près d’un jeune de moins de 30 ans sur deux sont sans emploi, la moitié des ménages compte sur la retraite de leurs parents ou grands-parents pour vivre, selon Savvas Robolis, professeur à l’université d’Athènes Panteion, spécialisé sur les questions de sécurité sociale.

Konstantinos Lionas, 72 ans, aide lui aussi son fils, qui, après la faillite de son entreprise, doit éponger des dettes importantes. « En sept ans, ma retraite de commerçant est passée de 1 660 euros à 1 080 euros. Et je ne suis pas le plus mal loti. Comme je suis propriétaire, au moins je ne crains pas de me faire expulser de mon logement. Mais je trouve aberrant de devoir subir encore une nouvelle baisse de mes revenus dans les années à venir comme le prévoit le dernier accord signé par le gouvernement avec les créanciers… J’ai travaillé toute ma vie depuis mes 12 ans, cotisé pour profiter de mes vieux jours, j’ai l’impression d’avoir été floué ! », s’exclame cet Athénien en colère.

D’après l’association Réseau principal des retraités, les nouvelles mesures, qui doivent être votées par le Parlement jeudi, prévoient la diminution en moyenne de 18 % du montant des pensions pour près d’un million de retraités.

« Nous nous enfonçons dans la misère »

En mai 2016, le gouvernement du premier ministre Alexis Tsipras avait déjà passé une réforme de retraites contestée. Cette loi prévoit de repousser l’âge du départ de 62 à 67 ans d’ici à 2022 ; les cotisations sociales pour les professions libérales, les indépendants et les autoentrepreneurs ont été augmentées considérablement et l’allocation de solidarité EKAS pour les retraites inférieures à 700 euros doit être progressivement supprimée d’ici à 2019.

A 95 ans, Christos Papazoglou, pâtissier à la retraite, comptait bien sur la centaine d’euros de cette aide. « Actuellement, je ne touche que 665 euros par mois et je dois en même temps payer près de 200 euros d’eau, d’électricité, de téléphone, d’impôts… et subir en plus l’augmentation de la TVA sur tous les produits, même alimentaires », soupire le vieil homme, qui, malgré son âge avancé, compte faire le déplacement depuis sa Crète natale pour participer à la manifestation contre les nouvelles mesures d’austérité.

« Il faut continuer à se mobiliser, nous nous enfonçons dans la misère. J’ai connu la guerre et je ne pensais pas un jour revivre des situations d’appauvrissement comme celle que nous vivons aujourd’hui ! », soutient M. Papazoglou, qui fait des économies sur tout. « Imaginez-vous qu’il m’arrive de m’éclairer à la bougie certains soirs ! », lance-t-il.

« Nos retraites ne servent qu’à survivre ! »

Pour Olga Lappas, 82 ans, impossible de protester mercredi. Sa santé l’en empêche. « Honnêtement, nous ne suivons même plus les baisses de retraite, mais de mois en mois ça devient de plus en plus difficile », note cette ancienne assistante sociale, qui vit dans la banlieue nord d’Athènes et dont la pension a été réduite de 30 % depuis le début de la crise.

« Nous avons diminué toutes nos dépenses, mais pas celles indispensables à notre santé. Les rendez-vous chez les médecins, les déplacements en taxi, les médicaments, tout cela n’est pas pris en charge par la sécurité sociale. Nous sommes obligés d’aller dans le privé car sinon il faut attendre des mois pour obtenir un rendez-vous. Quant à la personne qui vient nous aider à domicile, nous la payons de notre poche faute d’aide de l’Etat », explique-t-elle avant d’arriver à ce triste constat : « Actuellement, nos retraites ne servent qu’à survivre ! »

Marina Rafenberg (Athènes, intérim)

* LE MONDE ECONOMIE | 16.05.2017 à 10h59 • Mis à jour le 17.05.2017 à 06h42 :
http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/05/16/en-grece-le-grand-desarroi-des-retraites_5128288_3234.html

L’économie grecque toujours en récession

La Grèce a débuté 2017 sur un nouveau recul de son PIB, après déjà une année 2016 sans croissance, a annoncé lundi 15 mai l’Autorité des statistiques Elstat. Le PIB a reculé de 0,1 % au premier trimestre par rapport au quatrième de 2016. La croissance est censée faire son retour en 2017, mais la Commission européenne a d’ores et déjà révisé à la baisse sa prévision à 2,1 %. Le gouvernement grec est encore moins optimiste : il table désormais sur 1,8 %. Ces chiffres sont publiés alors que l’Assemblée se prépare jeudi à voter un nouveau train d’austérité afin que la Grèce puisse bénéficier d’une nouvelle tranche de prêts internationaux qui lui permettront surtout de rembourser ses prêts précédents. Ces mesures sont supposées faciliter l’ouverture d’une discussion avec les créanciers du pays sur l’allégement de la dette publique.

 

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Cette entrée a été publiée le 22 mai 2017 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, économie, EUROPE, GRECE, international.