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La CGT se met hors jeu (selon Le Monde Noblecourt)

Il est des critiques acerbes qui sont, au final, flatteuses.

Pour Noblecourt pour être dans le jeu il faut s’incliner devant les impératifs du « dialogue social » qui conduisent au final à se coucher devant les contre-réformes exigées par Bruxelles et l’oligarchie.

Les Cégétistes sont donc effectivement très flattés qu’il les considère comme « hors jeu », comme se considèrent hors jeu, hors système tous ceux qui ont commencé à résister à la macronmania médiatique et aux agressions que tout ce beau monde s’apprête à organiser contre le monde du travail ! Bref nous sentons transpirer la haine de classe dans cet article !

Un pouvoir peu légitime. Un projet social inacceptable. Une concertation bidon. Au moment où la concertation sur la réforme du code du travail, par voie d’ordonnances, entre dans le vif du sujet avec des discussions bilatérales entre le directeur de cabinet de la ministre du travail, Antoine Foucher, et les partenaires sociaux, la CGT durcit nettement le ton. Dans une déclaration publiée mardi 13 juin, la centrale de Philippe Martinez commente d’abord le premier tour des élections législatives, « marqué par le fort taux d’abstention (51,3%) jamais connu sous la Ve République, c’est un électeur sur un deux qui n’a pas voté ». Si elle anticipe « un raz-de-marée du parti présidentiel dans la prochaine assemblée »« le record d’abstention, ajoute-t-elle, ne peut pas s’interpréter comme un blanc-seing au programme du Medef et de la finance porté par le président Macron ». En clair, Emmanuel Macron n’aura pas, aux yeux de la CGT, la légitimité suffisante pour mettre en oeuvre sa politique.

La centrale taille ensuite en pièces le projet du président de la République : « sa volonté de casser le code du travail, la protection sociale, d’augmenter la CSG qui va pénaliser les retraités les plus modestes et les salariés les plus précaires réjouit le patronat« . Le réquisitoire se poursuit par un rejet de la concertation telle qu’elle a été conçue par le premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre du travail, Muriel Pénicaud : « La CGT condamne la méthode de consultation des organisations syndicales menée au pas de charge, ainsi que l’annonce des ordonnances qui sont un déni de démocratie. La CGT se rendra aux rendez-vous sans pour autant être l’alibi d’un pseudo dialogue social ».

La CGT ne pratiquera pas la politique de la chaise vide et participera à la concertation mais elle n’en attend rien, y voyant une sorte de jeu de dupes. Faisant état de « nombreuses luttes sur les lieux de travail », elle rappelle ses revendications – « nouveaux droits et garanties sociales, augmentation de salaires, de pensions, et des minima sociaux, temps de travail à 32 heures pour toutes et tous » – qui, pour la plupart, se situent hors du cadre de la concertation en cours. Elle veut faire de « la troisième semaine du mois de juin des temps forts d’initiatives et de mobilisations » et poursuivre la sensibilisation pendant l’été mais n’évoque pas, à ce stade, de journée nationale d’action. Le 7 juin, Catherine Perret, la numéro deux de la centrale, avait indiqué que la CGT « part du principe qu’il y aura forcément une journée d’action ». En durcissant le ton, la centrale de Philippe Martinez se met délibérément hors jeu. Une stratégie différente de celle de Force ouvrière. La centrale de Jean-Claude Mailly, qui avait accompagné la CGT dans son combat contre la loi El Khomri, a certes mis en avant des « lignes rouges » qui susciteraient son opposition résolue mais elle est entrée pleinement dans la concertation pour tenter de peser sur une réforme du code du travail qu’Emmanuel Macron est bien décidé à mener à bien.

Au départ pourtant, Philippe Martinez avait eu un discours plus ouvert. Le 29 mai, au sortir d’un entretien avec Edouard Philippe, il avait estimé que « le calendrier mérite d’être précisé »« Nous avons réclamé du temps, avait-il ajouté, il faut largement que ça aille au-delà de l’été, c’est à dire le 21 septembre » [date-butoir avancée ensuite par le premier ministre]. S’il y avait un désaccord sur le calendrier, il n’avait pas rejeté le principe de la concertation et n’avait pas parlé de « pseudo dialogue social ». Le premier ministre, avait indiqué le secrétaire général de la CGT, « a dit qu’il était ouvert à toutes les propositions de toutes les organisations syndicales ». Philippe Martinez réclamait « une vraie négociation » et soulignait qu’il avait présenté quinze pages de propositions pour « un code du travail simplifié et renforçant les garanties des salariés ». Il n’avait pas caché son opposition à ce qu’il qualifiait d’« ordonnances Roi Soleil » mais il n’avait pas occulté le fait que cette méthode avait été utilisée en 1982 par François Mitterrand, qui disposait pourtant d’une large majorité, pour l’abaissement à 39 heures de la durée légale hebdomadaire de travail, la cinquième semaine de congés payés et la retraite à 60 ans. Il s’agissait, il est vrai, de réformes de « progrès social ».

Pour Philippe Martinez, il semble bien qu’avec une majorité « entre 400 et 440 sièges » Emmanuel Macron aura les coudées franches pour « casser » le code du travail – un procès qui est nourri à la fois par La France insoumise et par le Front national – et que la concertation ne sera qu’un leurre. Mais ce durcissement interroge aussi sur les marges de manoeuvre en interne du secrétaire général de la CGT. En avril 2016, au congrès de Marseille, il avait obtenu sa réélection en s’appuyant sur les fédérations et les unions départementales les plus radicales de la confédération, qui prônaient la grève générale reconductible pour obtenir le retrait de la loi El Khomri et dénonçaient une CFDT « collabo ». A l’avant-garde de la contestation contre la loi travail, Philippe Martinez avait réussi ensuite à conforter son autorité.

Le 22 avril, à la veille du premier tour de l’élection présidentielle, il avait commenté, dans une interview au Monde, la perte par la CGT de sa première place dans le secteur privé: « Cela reflète la difficulté à mettre en oeuvre l’orientation prise il y a plusieurs années d’être un syndicat qui s’adresse à tous les salariés ». Interrogé sur l’image d’une CGT qui dit toujours non, il avait répondu : « Cette image nous colle à la peau. Depuis deux ans, je m’évertue à dire qu’on doit être le syndicat qui dit non mais qui pour autant conteste et propose. La CGT a beaucoup de propositions. Sur une banderole, en tête de manifestation, il est facile d’afficher nos oppositions mais dans nos tracts et dans nos liens avec les salariés, il faut développer pour quoi on se bat ». Et, avait-il ajouté, « l’image de la CGT est souvent caricaturée par des politiques ou certains médias. La meilleure façon d’en sortir est d’aller au contact direct des salariés, être à leur écoute et montrer qu’on a des propositions dans notre besace. Si c’est cela un ajustement, oui on va ajuster ». Le durcissement sur la réforme du code du travail montre que Philippe Martinez n’a peut-être pas encore tout à fait les coudées franches pour procéder aux « ajustements ».

CGT : PREMIER RENDEZ-VOUS SUR LA LOI TRAVAIL XXL

Les salariés ont de quoi se mobiliser !

mardi 13 juin 2017

6 réunions d’une heure par syndicat – qui plus est, sans aucun texte du gouvernement –ne font pas une concertation. 6 heures pour démanteler 120 ans de droit du travail conquis par les luttes sociales, voilà qui est inadmissible !
Où sont reprises les propositions des organisations syndicales de salariés ?
C’est bien les exigences du Medef qui se dévoilent.
En effet, ce matin, les intentions de la ministre du travail se sont précisées et le scénario du pire pour l’ensemble des salariés se confirme.
C’est la fin des conventions collectives. Avec ce projet gouvernemental, tous les droits garantis par les conventions collectives de branche seraient remis en cause voire amenés à disparaître : primes diverses (ancienneté, vacances, etc.), intégralité du salaire versée pendant les arrêts maladie, indemnités conventionnelle de départ en retraite ou de licenciement.
Le gouvernement annonce, dans l’espace feutré du bureau du ministère, vouloir dénaturer les mécanismes de négociation. En dehors des 6 thèmes sur lesquels l’accord d’entreprise ne peut pas faire moins bien que l’accord de branche, tous les autres sujets pourraient être tirés vers le bas parce que renvoyés vers l’accord d’entreprise.
C’est donc bien une logique de mise en concurrence des salariés pour faire baisser ce que le patronat qualifie de « coût du travail » qui est en marche.
C’est l’affaiblissement de la loi. De nouveaux thèmes aujourd’hui exclusivement régis par la loi pourraient être renvoyés à la négociation de branche, tels que les motifs de licenciement (fautes anodines, savoir être, chiffre d’affaire de magasin trop faible, cadences et production sur la chaine insuffisantes, etc.). Cela pourrait s’appliquer aussi à l’ouverture de cas de recours au CDD (embauche en CDD pour effectuer des travaux dangereux, remplacement de salariés grévistes, CDD en lieu et place d’une période d’essai), etc.
C’est la fin du contrat de travail. Le contrat de travail de chaque salarié ne pourrait plus résister à des règles régressives prévues par l’accord d’entreprise. Si celui-ci prévoit une clause de mobilité ou encore une baisse des salaires et que le salarié refuse, il serait purement et simplement licencié.
La CGT, au contraire, porte des propositions modernes et de progrès social partagées par la majorité des salariés et que le gouvernement refuse pour le moment de prendre en considération.
Les salariés refusent la loi Travail. La CGT les appelle à poursuivre et amplifier la mobilisation contre le projet XXL du gouvernement Macron.

Montreuil, le 13 juin 2017

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Cette entrée a été publiée le 16 juin 2017 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, OPINIONS, presse, REACTION, SOCIETE.