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Edouard Philippe décide de bannir l’écriture inclusive des textes officiels la cause des femmes encore en recul !

Le Premier ministre a donné à ses ministres la consigne de ne pas utiliser cette règle controversée d’élargissement du féminin dans la langue française.  (Libé)

Un dossier urgent ? Une priorité absolue de l’Etat au plus haut niveau à la veille du 25 Novembre journée internationale contre les violences faites aux femmes ? Le Premier ministre, Edouard Philippe, a donné consigne à ses ministres – dans une circulaire dont l’AFP a eu copie mardi mais qui devrait paraître au J.O. mercredi – de bannir des textes officiels l’écriture dite «inclusive», qui vise à inclure les femmes en les nommant explicitement («les Françaises et les Français»), en usant de mots neutres (les «responsables») ou en insérant un petit point avant un «e» très féminin. Baptisé «point médian» ou «point milieu», il s’utilise ainsi : les «électeur·rice·s» (ou «électeurs·rices»).

«Je vous invite, en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive», écrit donc le chef du gouvernement dans sa circulaire. S’agit-il exclusivement du point médian, celui qui depuis des semaines sème une folle zizanie largement alimentée par l’Académie française, qui a crié rien de moins qu’au «péril mortel» ?  Si tel est le cas, nul n’a encore vu un texte du J.O. en comporter. Et il s’agirait donc là d’une mesure de prévention destinée à lutter contre les assauts d’un mouvement qui prône plus globalement une démasculinisation de notre langue.

«Représentations mentales»
Ainsi, lasses et las de devoir ressasser à leurs élèves que «le masculin l’emporte sur le féminin», quelque 300 professeurs d’écoles, collèges et lycées ont fait savoir dans une tribune publiée par Slate.fr il y a quinze jours qu’ils avaient décidé d’envoyer valser ce pan de notre grammaire. De ne plus l’enseigner. Et de considérer que dorénavant les pâturages et les prairies seront verdoyantes. Dans la foulée de ces frondeurs, convaincus que la règle du «masculin l’emporte» «induit des représentations mentales qui conduisent femmes et hommes à accepter la domination d’un sexe sur l’autre»Slate aussi a changé sa règle des accords, de même que les Nouvelles News, qui veillent à traiter l’actualité en toute parité.
Avant cela, pour la première fois cet automne, l’audacieux éditeur Hatier avait publié un manuel scolaire d’histoire pour CE2 en écriture inclusive. Et encore bien avant, il y a deux ans, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (qui dépend du Premier ministre) avait lancé un «guide pour une communication publique sans stéréotype de sexe». Soit un outil pensé comme «un accompagnement pratique pour une communication égalitaire, à destination des institutions publiques, nationales et territoriales»  prônant, entre autres, de féminiser les noms de métiers (merci les pompières pour l’ensemble de votre œuvre) et faire apparaître au maximum les Françaises.
A ce jour, une quarantaine d’institutions se sont engagées (mais qu’on se rassure, sans sanction possible) à rendre le féminin visible dans leur communication écrite : des ministères (de l’Education nationale, de la Justice, ou de l’Intérieur) à l’Assemblée nationale, en passant par des collectivités locales, ou encore l’ENA. Petit hic : si le ministère de l’Education s’est mobilisé sous le quinquennat de François Hollande pour donner l’exemple aux écolières et aux écoliers, le nouveau ministre macronien Jean-Michel Blanquer, cache son enthousiasme. La secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, s’en tient, elle, à une ligne mi-figue mi-fugue. Oui, bien sûr, s’est-elle expliquée sur France Culture, qu’il faut «féminiser le langage» (et rendre autant grâce aux «policières» qu’aux «policiers»), mais de là à adhérer au point médian, nenni. Il ne manquait plus que l’intervention du Premier ministre soi-même dont on espère que seul le «point médian» est dans son viseur.
Catherine Mallaval

Edouard Philippe décide de bannir l’écriture inclusive des textes officiels  Le Monde

L’écriture inclusive, qui fait polémique en France, remet en cause la règle d’accord selon laquelle, au pluriel, « le masculin l’emporte sur le féminin « .

Il n’y aura pas d’écriture inclusive dans les textes officiels. Le premier ministre, Edouard Philippe, a donné consigne aux membres du gouvernement de bannir des textes officiels cette forme d’écriture qui remet en cause la règle d’accord de la langue française selon laquelle, au pluriel, « le masculin l’emporte sur le féminin ».
« Je vous invite, en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive », écrit le chef du gouvernement, dans cette circulaire à paraître mercredi dans ce même JO.
« Outre le respect du formalisme propre aux actes de nature juridique, les administrations relevant de l’Etat doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d’intelligibilité et de clarté de la norme », justifie-t-il.
Polémique
Portée, notamment par les cercles féministes, cette graphie se base, concrètement, sur trois principes :

  • le fait d’accorder les fonctions, métiers, grades et titres en fonction du genre : on parlera ainsi de chroniqueuse, chercheuse…
  • l’utilisation à la fois du féminin ET du masculin quand on parle d’un groupe de personnes, soit par l’utilisation de ce qu’on appelle la double-flexion – « les candidates et candidats » –, soit par le recours au « point milieu » – « les candidat·e·s » –, soit enfin par une reformulation épicène – « les personnalités candidates »
  • on tente enfin d’éviter le recours aux termes « Femme » et « Homme » avec une majuscule de prestige et on préfère des termes plus neutres, comme « droits humains » plutôt que « droits de l’homme ».

Depuis plusieurs mois, le débat sur l’écriture inclusive divise. Notamment, depuis l’édition chez Hatier d’un manuel scolaire en en écriture inclusive. Le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer mais aussi l’Académie française se sont notamment prononcés contre son usage. Les membres de l’Académie française ayant lancé, fin octobre, « un cri d’alarme » contre l’utilisation de ce type de graphie.
« Clore le débat »
La circulaire vise à apporter une « clarification après des initiatives dans certaines administrations » et à « clore la polémique », a expliqué Matignon. La note d’Edouard Philippe précise par ailleurs mes règles d’accords qui doivent s’appliquer dans les textes administratifs. Dans les textes réglementaires « le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aux femmes », indique-t-il.
En revanche, quand l’auteur d’un texte officiel ou la personne nommée est une femme, il convient bien d’écrire « la ministre »« la secrétaire générale » et de féminiser la fonction en se référant à un guide (« Femme, j’écris ton nom… ») élaboré par le CNRS et l’Institut national de la langue française.

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Cette entrée a été publiée le 22 novembre 2017 par dans anticapitalisme, femmes.