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Nouvelle série d’attaques sociales dans l’industrie automobile espagnole

Par A. L. et G. L.
21 février 2018

Les travailleurs de l’automobile en Espagne, comme leurs homologues aux États-Unis, au Mexique, en Roumanie et partout dans le monde, font face à une attaque sans précédent contre leurs emplois, leurs salaires et leurs droits.

L’Espagne est le deuxième plus grand fabricant d’automobiles en Europe et le huitième dans le monde, et le premier constructeur européen de véhicules industriels. Cette industrie représente 10 % du PIB (y compris la distribution et les activités associées) et 19 % du total des exportations espagnoles. L’industrie génère 300 000 emplois directs et 2 millions d’emplois indirects.

La fabrication de véhicules a augmenté au cours des quatre dernières années, coïncidant avec deux grandes réformes approuvées par les syndicats après la crise économique de 2008 – en 2010 par le gouvernement du Parti socialiste (PSOE) et en 2012 par le gouvernement du Parti populaire (PP).

Ces réformes permettent aux entreprises de licencier plus facilement les travailleurs permanents et de réduire les indemnités de licenciement, de se désengager des conventions collectives et d’adapter les conditions de travail telles que les horaires, les tâches et les salaires en fonction des performances de l’économie et de l’entreprise. Entre 2012 et 2016, la production a augmenté de 45 %, représentant 906 728 unités supplémentaires et se rapprochant de l’objectif de 3 millions fixé par l’industrie.

L’industrie automobile en Espagne utilise la conversion complète des usines pour produire des voitures électriques, les attentes de bénéfices plus faibles l’année dernière – combinées avec des menaces de délocalisation à l’étranger – pour imposer des attaques sur les salaires et les conditions de travail. À Saragosse, dans la région d’Aragon, Opel a annoncé qu’elle envisageait de réduire ses investissements dans son usine de Figueruelas et a menacé de réduire la production du prochain modèle Corsa. L’usine, en activité depuis 1982, emploie 5300 personnes et génère des milliers d’emplois indirects. En 2017, elle a produit 382 250 véhicules.

PSA, qui a racheté Opel à General Motors l’année dernière, a déclaré que l’usine était moins compétitive que ses deux autres usines espagnoles – à Vigo et à Madrid – en raison des salaires plus élevés, d’un temps de travail moins long et de moins de flexibilité. La société a annoncé que son bénéfice d’exploitation est passé d’une perte de 389 millions d’euros en 2013 à un bénéfice de 3,4 milliards d’euros, mais qu’elle veut économiser 1,1 milliard d’euros par an d’ici 2020, passant à 1,7 milliard d’euros d’ici 2026 et diminuer le coût de production de chaque voiture de 700 euros.

Selon El Confidencial, PSA n’a jamais eu l’intention d’arrêter d’investir à Figueruelas. L’annonce avait pour but de « semer la peur chez les travailleurs ». La direction d’Opel est passée de sa déclaration du 25 janvier « envisageant de réduire davantage les investissements » à celle trois semaines plus tard qui annonçait qu’Opel produira exclusivement la Corsa de nouvelle génération à Saragosse. Les décisions de cette ampleur ne sont pas prises par les constructeurs automobiles en trois semaines.

Les syndicats CCOO (stalinien), UGT (social-démocrate) et Acumagme (cadres) n’ont jamais eu l’intention de se battre et sont entrés en négociations avec Opel et ont accepté des gels de salaires ou des augmentations de salaires inférieures à l’inflation. Pepe Álvarez, le secrétaire général de l’UGT, a déclaré : « Les négociations doivent se conclure par un accord et avec succès. Nous ne le comprenons pas autrement ».

Le dirigeant de CCOO, Unai Sordo, a ajouté que son engagement est de parvenir à un accord qui assurerait l’investissement de l’entreprise dans l’usine avec la préservation des emplois. Sous l’impulsion du parti de pseudo-gauche Podemos, le premier ministre régional du PSOE, Javier Lambán, s’est porté volontaire pour intervenir dans le conflit.

Les syndicats ont affirmé qu’ils avaient obtenu un gel des salaires d’un an au lieu des trois ans prévus par l’entreprise, une augmentation de salaire de 50 % de l’indice des prix à la consommation (en d’autres termes, moins que l’inflation) pour trois ans et 60 pour cent pour le quatrième (2022). Ceci a été comparé à la réduction de salaire de 6 % initialement proposée par l’entreprise et à une réduction de 5 % des vacances et des équipes de nuit, au lieu des réductions de 10 % demandées par l’entreprise, ce qu’ils ont vendu comme une victoire.

José Carlos Jimeno, de l’UGT à Figueruelas, dans une déclaration qui aurait pu être faite par un porte-parole de l’entreprise, a déclaré : « Ce n’est pas gentil de demander des sacrifices de la part des travailleurs, mais vous devez leur dire la vérité. que cela leur plaise ou non, et pour avoir un travail, vous devez faire de petits sacrifices. »

Même avec une pression massive pour l’accepter, 2008 travailleurs sur 4959 ont voté contre l’accord.

Cela se passait alors que 9000 travailleurs de l’usine Ford d’Almussafes, à Valence, luttaient contre l’annonce par Ford qu’en échange d’investissements de 750 millions d’euros dans l’usine pour produire sa voiture de sport de taille moyenne Kuga, les travailleurs devaient accepter un « nouveau plan concurrentiel ». « Ford a exigé des réductions dans les indemnités de congé de maladie, la fermeture de l’école d’apprentissage, le gel des primes pour le travail dans l’atelier de peinture, et pour des quarts de travail spéciaux et de nuit.

Les syndicats CCOO et UGT ont rapidement conclu un accord. L’entente comprenait des augmentations de salaire pathétiques de 0,5 % à 2,5 % entre 2019 et 2021, dans des conditions où l’indice des prix à la consommation prédit des hausses d’en moyenne 1,5 à 2 % au cours des trois prochaines années.

La CGT, syndicat anarcho-syndicaliste, qui exploite l’hostilité envers les syndicats les plus importants, a rejeté l’accord parce que les travailleurs étaient « exclus » des « profits » de l’entreprise. Le communiqué a ajouté que les CCOO et l’UGT s’étaient mis d’accord au cours des huit ans passés sur « l’élimination du plan de retraite pour les nouvelles embauches, la réduction de la pause de 30 minutes à 15 minutes et l’élimination des cantines pour plus de la moitié du personnel, l’augmentation de la journée de travail pour le quart de nuit et les salaires des nouvelles embauches à moins de 20 % de ceux des anciens. »

Selon son communiqué, entre 2010 et 2017, l’indice des prix à la consommation cumulé était de 10,30 %, les augmentations salariales de 12,30 % sur la même période, contrastant avec le fait que sur la même période (2010/2017) les travailleurs de Ford aux États-Unis ont reçu un total de 61 000 dollars en rémunération et en avantages sociaux. »

Rappelons la grève de 1000 travailleurs de Ford dans l’usine de Craiova en Roumanie en décembre dernier. Les travailleurs ont fait une grève sauvage après que le syndicat de Ford Craiova a signé un contrat au rabais avec Ford Roumanie, qui comprenait le gel des salaires des travailleurs anciens et réduisait le salaire des nouvelles embauches à un salaire inférieur à 300 euros par mois, tout en réduisant les primes pour les heures supplémentaires et en introduisant des horaires « flexibles » chaque fois que « les besoins opérationnels l’exigent ».

L’expérience des travailleurs de l’automobile au fil des ans souligne que les directions syndicales, quelle que soit leur phraséologie radicale, doivent être contraintes de défendre les intérêts des travailleurs. L’expérience des travailleurs de Ford et Opel est la même qu’à Seat-Audi à Martorell (Barcelone), Renault (Valladolid), Mercedes (Vitoria), Volkswagen (Navarre), Nissan (Barcelone et Ávila) et Iveco (Valladolid). Dans chaque cas, les nouveaux plans de production ont été faits au détriment des salaires et des conditions de travail.

 

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