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Les retraites des agriculteurs devaient augmenter… Macron l’empêche au Sénat

Après qu’Emmanuel Macron, au Salon de l’Agriculture, ait justifié ses attaques contre les cheminots par la précarité et les faibles retraites des agriculteurs, le gouvernement a bloqué cette semaine un projet de loi visant à augmenter la retraite des exploitants agricoles.

Au Sénat, devait être voté un projet de loi proposé par le PCF pour modifier le montant minimal de la retraite des agriculteurs : de 75 % du SMIC net (environ 890 euros pour une retraite complète), il se voyait rehausser à 85 %. Un exploitant agricole à la retraite qui toucherait moins que ce montant seuil, reçoit une retraite complémentaire obligatoire (RCO) pour l’atteindre. Le vote au Sénat était une pure formalité, l’ensemble des groupes politiques s’accordant sur ce texte, déjà voté à l’Assemblée Nationale en février de l’année dernière alors que le PS y détenait encore la majorité. Le gouvernement a pourtant suscité la colère des sénateurs en amendant la loi et en convoquant l’alinéa 3 de l’article 44 de la constitution. Cet article, aussi appelé « vote bloqué », permet au gouvernement de faire voter un texte en bloc en ne retenant que ses propres amendements ou ceux qu’il a accepté. Or, l’amendement ajouté dernièrement par le gouvernement concernait le délai d’application de la loi qui se voit repoussé en… 2020 ! Ainsi les sénateurs se voient contraints de voter le texte alors applicable à cette date ou alors de voter contre. Les sénateurs ont été unanimes à condamner un « coup de force du gouvernement ». Alors que les agriculteurs connaissent des conditions de vie toujours plus dures, qu’ils sont le secteur le plus à risque en ce qui concerne le suicide au travail (un exploitant agricole se suicide tous les deux jours), que le capitalisme agraire les pousse à toujours plus s’étendre pour survivre, à s’endetter pour des terres, des infrastructures, des machines, des produits phytosanitaires, des semences, le gouvernement juge qu’une augmentation de la retraite des exploitants agricoles n’est pas assez urgente au point de la retarder de deux ans.

Dans le cadre de sa réforme des institutions parlementaires, qui vise notamment le droit d’amendement, Macron et ses ministres envoient un message fort en piochant allégrement dans l’arsenal le plus autoritaire de la Vème République. Entre les ordonnances utilisées pour la loi Travail XXL et prévues pour les attaques contre les cheminots et les usagers du rail, l’article 44.3 utilisée au Sénat, et sa politique autoritaire en ce qui concerne la presse ou les migrants, Macron revêt les plus beaux atours du bonapartisme républicain. Il faut dire qu’avec le passage de la loi Macron avec l’article 49.3, alors qu’il était ministre de l’Économie de Hollande, ses débuts en politique ont été placés sous une bonne étoile !

Alors qu’il était interpellé par un cheminot au Salon de l’Agriculture sur la casse du statut, Emmanuel Macron a affirmé être contraint de changer le statut des cheminots puisque les agriculteurs n’ont parfois pas de retraite. Outre cette manœuvre particulièrement basse qui consiste à diviser pour mieux régner, on peut constater que Macron n’a que faire d’améliorer dans l’immédiat la condition des agriculteurs. Si le gouvernement retarde l’actuel projet de loi, c’est parce qu’une réforme globale des retraites est en chantier. À l’image de la logique de la bourgeoisie incarnée par Macron qui veut que les travailleurs bénéficiant encore de protections soient tenus responsables de ceux qu’elle exploite le plus, cette réforme s’effectuera en nivelant toujours plus par le bas : pas sûr que les agriculteurs y gagnent ; et si c’était le cas ce serait au prix de voir leur misère économique utilisée pour justifier la précarité de tout le reste de la population, au profit du patronat et des plus fortunés. Il est évident que lorsque les capitalistes donnent à un endroit, c’est qu’ils prennent plus ailleurs.

Avec Macron au pouvoir, les gros bonnets de l’industrie agroalimentaire peuvent dormir sur les deux oreilles ! les agriculteurs eux n’ont pas fini de se saigner pour les profits de Lactalis, Bigard, Leclerc… Ces mêmes entreprises qui font leur beurre sur la prolétarisation des agriculteurs, sur la destruction de l’environnement et qui n’hésitent pas à mettre en jeu la santé de toute la population et, en particulier, des personnes les plus précaires.

 

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Cette entrée a été publiée le 19 mars 2018 par dans AGRICULTURE, anticapitalisme, retraites.