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Marche à Beaumont. « L’État protège des ’Benalla’. Nous, on veut sauver des Adama »

Environ 4000 personnes ont manifesté ce samedi 21 juillet à Beaumont-sur-Oise pour exiger justice et vérité pour Adama Traoré. Tout au long du parcours, de la gare de Persan-Beaumont au quartier de Boyenval, c’est un sentiment mêlé de colère mais surtout de détermination qui dominait. Plus encore, alors que le combat pour dénoncer les violences policières, le « deux poids deux mesures » de la justice, s’élargit et s’ancre dans le paysage politique.

 

« On n’oublie pas, on ne pardonne pas ». Il y a deux ans, presque jour pour jour, le 19 juillet 2016, Adama Traoré était tué par les gendarmes lors de son interpellation. « Tout s’est passe ici dans cette rue-là. Regardez cette rue, la Rue de la république » expliquait Assa Traoré à l’arrivée dans le centre-ville de Beaumont-sur-Oise. « Il ne représentait aucun danger. Il n’était un danger pour personne. Adama faisait juste un tour de vélo, et il est mort entre les mains de ces gendarmes, et ça, c’est inadmissible », déclarait la sœur d’Adama Traoré aux médias présents, cette année, en masse. Déjà, en 2017, la marche avait réuni environ 2 000 personnes. Mais aujourd’hui, la marche d’Adama contre les violences policières a fait la une des grands médias, preuve que la mobilisation, face au silence assourdissant des autorités, paye.

Environ 4 000 manifestants, la mobilisation s’amplifie

Ce 21 juillet 2018, près de 4 000 manifestants ont répondu présents à l’appel de la famille Traoré et ses soutiens. Derrière les familles de victimes de violences policières, le cortège agrégeait de nombreux militants du mouvement social : des collectifs de sans-papiers, des quartiers populaires, des postiers combatifs organisés en cortège, des militants d’Air France, des étudiants parisiens mobilisés contre la sélection à l’université, des militants antifascistes. S’y sont mêlées quelques personnalités connues comme Frédéric Lordon, essayiste et économiste, ou encore l’historienne Ludivine Bantigny.

Un soutien politique de tout l’éventail des organisations de gauche

Cette année, un certain nombre d’organisations de gauche ont appelé à rejoindre la marche avec notamment La France Insoumise, le NPA (déjà présent l’an dernier), le PCF, jusqu’à EELV et Générations. Un absent, cependant, Lutte Ouvrière, qui a publié un communiqué de soutien sans pour autant appeler à la marche. Bien tardivement, la veille, le PS a fini par appeler, même s’ils n’étaient pas forcément attendues. « Le PS n’est pas de gauche, ils sont de centre-droit. Adama est mort sous un gouvernement de gauche où Bernard Cazeneuve soutenait les forces de l’ordre. On ne veut pas de leur soutien », expliquait notamment Youcef Brakni, l’un des organisateurs.

Des élus et députés présents pour exiger vérité et justice pour Adama

Si nombre d’organisations de gauche ont appelés à y participer, c’est en particulier la présence d’élus et de députés qui a été notable. Parmi les manifestants, sans drapeaux, nombres de députés LFI parmi eux, Eric Coquerel, Alexis Corbière, Danièle Obono, ou encore François Ruffin. L’ex-candidat à la présidentielle du NPA, Philippe Poutou était présent avec une délégation de militants. L’on pouvait aussi croiser l’ancien candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon ou encore David Cormand, le secrétaire national d’EELV, tout comme, Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, pour le PS. Et si la présence du Parti Socialiste a pu susciter l’étonnement parmi les manifestants présents, celle du député France Insoumise François Ruffin tout autant, de par ses mises en doute de la version des Traoré dans l’affaire, quelques mois auparavant.

L’affaire Benalla, une caisse de résonance avec l’affaire Adama

Après la marche de l’an dernier, cette année a été rythmée par les multiples poursuites judiciaires visant les frères Traoré, expression de l’acharnement de la justice pour faire taire la famille Traoré dans son combat : 5 de ses frères ont été poursuivis, ont écopé de peines, certains sont en prison, depuis juillet 2016. A côté de ces emprisonnement et poursuites, pour des motifs le plus souvent dépendant de la parole policière, les trois gendarmes présents lors de l’interpellation d’Adama n’ont encore jamais été auditionnés par la justice dans le cadre de l’instruction en cours. Si l’institution judiciaire et leurs relais pouvaient encore se « permettre » d’invoquer des « lenteurs administratives », l’excuse ne peut manifestement plus passer. Si « L’État protège des ’Benalla’ », il est légitime de se poser la question de qui protège-donc les gendarmes qui ont tué Adama ?

Benalla : se déguiser en flic pour se permettre d’exercer la violence légitime ?

« Ce qui est dingue, c’est que cette vidéo soit passée inaperçue à l’époque. Cela en dit long sur la banalisation des violences policières », explique Taha Bouhafs qui a filmé et diffusé la vidéo mettant en cause Benalla. C’est ainsi que le militant veut illustrer que « ce type de violences, ce sont les violences dont la police est coutumière », comme l’affirme notamment une représentante du comité Vérité et justice pour Ali Ziri. Sur la scène installée pour l’occasion, des familles victimes de violences policières ont insisté sur la nécessité d’affirmer que ce ne sont pas des « bavures » mais bien, malheureusement, la « normalité », comme l’illustre la mort récente d’Aboubakar Fofana à Nantes.

« C’est pas nous la racaille, c’est Macron ! »

Cette nouvelle année a été aussi marquée par un saut dans la répression des habitants de Beaumont. Ce n’étaient plus seulement les forces de polices armées jusqu’aux dents, moyennant hélicoptère, ni les hommes de main de Macron qui répriment les manifestants, mais bien des militaires de l’opération Sentinelle qui se sont permis d’intervenir pour provoquer et intimider la famille Traoré lors d’une après-midi boxe en mémoire d’Adama, le samedi 28 avril, à Beaumont-sur-Oise. A l’orée de l’affaire Benalla, il apparait ainsi beaucoup plus clair pour une grande majorité de la population que tant la répression quotidienne des quartiers populaires que celle des manifestations est éminemment structurelle et politique.

Des prisonniers politiques : Libérez les frères Traoré !

Ces deux dernières années, cinq frères Traoré ont été poursuivis et/ou condamnés à de la prison ferme par la justice. Et ce que l’on observe c’est bien une accélération de la répression judiciaire qui frappe la famille Traoré ces derniers mois. Dernière condamnation en date : début juillet 2018, Yacouba Traoré a été condamné à une amende pour des faits de violence sur les militaires venus annoncer à sa mère la mort d’Adama. Des faits datant de juillet 2016. Les 4 autres frères, Samba, Bagui, Serene et Youssouf Traoré ont été condamné et/ou incarcérés en prison. Des condamnations éminemment politiques d’autant plus que de leurs côté les gendarmes qui tuent courent toujours et ne sont même pas entendus par la justice.

Face à l’expression toujours plus criante de ces condamnations politiques et de cette justice à deux vitesses, il est urgent d’exiger la libération et l’abandon des poursuites pour l’ensemble des frères Traoré, comme pour l’ensemble des victimes de violences policières qui continuent à subir la répression et les pressions policières et judiciaires. C’est, par ailleurs, le minimum que devraient exiger l’ensemble des organisations de gauche qui ont appelé à manifester. Vérité et justice pour Adama et pour l’ensemble des victimes des violences policières !

 

 

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