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Les Servantes Ecarlates de la maternité du Blanc à Paris

vendredi, 23 novembre 2018

Environ 90 opposants à la fermeture de la maternité du Blanc ont porté leur revendication jusqu’à Paris, mercredi 21-11, au plus près des décisionnaires. “Accoucher avec les sages-femmes du Blanc, c’était comme être avec des Tatas, elles incluaient les papas et elles étaient patientes car elles avaient le temps… Moi, j’ai pleuré quand j’ai appris la fermeture. » Quand Emilie évoque les souvenirs de son accouchement de la maternité du Blanc, c’est pour décrire un milieu où l’entrée dans la parentalité ne se faisait pas à la chaine, un endroit où les soignants avaient encore le temps de préserver le contact humain.

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Dans les rues de Paris, les Servantes écarlates n’ont pas manqué d’attirer l’oeil

« Sur la place de la République, à Paris, elle vient d’ôter son bonnet blanc et sa cape rouge. Une nouvelle fois, pour défendre la réouverture de cet établissement cher à tout un territoire, elle a revêtit son habit de servante écarlate, le symbole de leur mobilisation pacifique, familiale et ludique. Mercredi matin, 5 h 30 au Blanc, près de 90 personnes se sont engouffrées dans deux bus. Direction Paris pour porter au plus près des lieux de décisions leur demande : pouvoir obtenir un rendez-vous avec la Ministre Agnès Buzyn et peut-être la réouverture de leur maternité. Un programme minuté avait été préparé à l’avance avec des actions prévues devant le Congrès des maires de France, auprès de l’Assemblée Nationale, des Invalides, du Ministère de la Santé et sur place de la République.

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A quelques pas du ministère de la santé, son accès a été bloqué par les forces de l’ordre

 

Comme ils s’y attendaient dans un contexte aussi tendu, les membres des forces de l’ordre n’ont jamais été très loin tout au long de leur parcours, jusqu’à bloquer leur cortège à quelques mètres de l’entrée du Ministère de la Santé. Le groupe, venu pour porter une invitation à Agnès Buzyn à venir les rencontrer au Blanc, s’est retrouvé intercepté par une petite dizaine de policiers, positionnés en haie, sur le trottoir d’en face. Les opposants n’ont obtenu gain de cause qu’en acceptant que la missive soit transmise par Annick Gombert, maire du Blanc et François Jolivet, député LREM de la circonscription, au responsable de la sécurité, sur le perron. « C’est une preuve de plus de mépris, ne s’étonne plus Bertrand Coly, membre du collectif C pas demain la veille. Que des élus de la République n’aient même pas pu rentrer et que l’on n’ait pas pu donner notre lettre à un membre du bureau du ministère est hallucinant. »

Des soutiens de tout bord

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Plusieurs députés de l’opposition se sont affichés aux côtés des Blancois

Cette absence de dialogue, pour eux un vrai déni de démocratie, a été sur toutes les lèvres tout au long de la journée, notamment, sur celles des soutiens politiques et citoyens nombreux à s’afficher ce jour-là à leurs côtés. « On a aujourd’hui dans ce pays en matière d’hôpitaux un problème de démocratie, c’est à dire juste pouvoir avoir un interlocuteur quand il y a un désaccord, un conflit. Il n’y a personne en face, personne pour répondre. La démocratie est plus qu’en danger, elle est devenue inexistante sur ce point » s’est alarmé François Ruffin, député France Insoumise, venu à leur rencontre devant l’Assemblée nationale. Comme lui, six autres députés de l’opposition, Jean Lassalle (Résistons !), le communiste Alain Bruneel, Caroline Fiat (France Insoumise), les Républicains Maxime Minot et Nicolas Forissier et Jean-Michel Clément (Place Publique) ont assisté à leur action, une déambulation de Servantes écarlates, accompagnées d’élus en blanc, fantôme. A l’intérieur du cercle qu’ils forment, les autres opposants s’allongent, banderoles au sol.

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Devant l’Assemblée Nationale, l’opération campagne morte

« C’est une représentation de la mort de nos campagnes » expliquent les manifestants. Dans la foulée, un petit groupe a même pu échanger avec trois députés LREM, dont François Jolivet, élu de la circonscription, qui demande pour sa part à obtenir une justification claire sur les motifs de cette fermeture. « Eux même le reconnaissent, la Ministre est extrêmement raide et le dialogue est très très difficile, même pour eux » déplore Jean-Paul Chanteguet, président démissionnaire du Parc naturel régional de la Brenne.

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Plusieurs personnalités sont venus apporter leur soutien, ici Olivier Besancenot

En soirée, c’est sur la place de la République que la mobilisation a été la plus forte. Là, des berrichons installés à Paris sont venus grossir leurs rangs et une nouvelle fois, des soutiens de premier plan : Olivier Besancenot du NPA, de Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération Paysanne, et de Raphaël Glucksmann, de Place Publique, très élogieux du travail mené par les Blancois. « La forme que vous donnez à votre combat, c’est une manière de faire muer la colère en proposition positive, une manière de donner un débouché qui ne soit pas juste la haine, qui soit une refondation de notre pacte qui nous fait être en tant que pays. Je pense que vous êtes l’avenir dans tous les territoires français face à l’abolition du projet républicain. » « Entendre ça, ça nous touche particulièrement parce que ça montre qu’on arrive à faire comprendre nos modes d’actions, se réjouit Claire Moreau, membre du collectif C pas demain la veille. Ça nous regonfle et nous montre que ce mouvement sert à quelque chose. Il donne de la confiance, de l’envie et fortifie les autres combats. » Pour l’ensemble des Indriens venus, le bilan de cette journée est plus que positif.

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Les Servantes écarlates, un symbole fort de leur mouvement pacifique

Leur mobilisation dure maintenant depuis plus de cinq mois, mais les opposants sont bien décidés à ne pas lâcher. Aujourd’hui installés en toute légalité dans l’ancienne maison médicale du Blanc, devenu la Maison Amicale, ils travaillent déjà sur leurs prochaines actions. Jusqu’au 24 décembre, ils iront de marchés de Noël en marchés de Noël, notamment pour y vendre les décorations de sapins qu’ils ont faites pour véhiculer leur message. Mais l’action la plus importante à venir aura lieu du 1er au 16 décembre : la marche des Oreilles (pour se faire entendre) reliera le Blanc à Paris, en passant par des territoires désertés par les services publiques. En parallèle, les élus étudient la possibilité de mener une action en justice. « Il s’agirait d’un référé suspension et d’une action au fond déposés auprès du tribunal administratif d’Orléans pour faire suspendre puis annuler l’arrêté de fermeture de la maternité » explique Jean-Paul Chanteguet. Leur action revêtirait, ainsi, un caractère judiciaire, citoyen et politique.

Mag Centre

 

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Cette entrée a été publiée le 23 novembre 2018 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, HÔPITAL, MATERNITE, santé, services publics.