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Accident de Bretigny-sur-Orge : un lampiste de la SNCF mis en examen !

Nouveau rebondissement dans l’enquête sur la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne), l’une des pires survenues en France depuis une vingtaine d’années : un jeune cadre de la SNCF a été mis en examen mercredi pour homicides et blessures involontaires. Il sert de fusible en lieu et place de Guillaume Pepy !
Cette mise en examen, la première d’une personne physique dans ce dossier, intervient près de cinq ans et demi après l’accident du 12 juillet 2013 qui a coûté la vie à sept personnes et en a blessé des dizaines d’autres, et alors que les juges d’instruction étaient sur le point de clore leur enquête.
Chargé de l’inspection des voies« Cette nouvelle mise en examen concerne un cadre de SNCF Mobilités, lequel avait été préalablement entendu par le juge d’instruction sous le statut de témoin assisté », a indiqué jeudi la procureur du parquet d’Evry, Caroline Nisand. Malgré les demandes répétées des familles de victimes, aucune personne physique n’était poursuivie dans ce dossier. Seules deux personnes morales, la SNCF et RFF (Réseau ferré de France, devenu SNCF Réseau), avaient été mises en examen également pour homicides et blessures involontaires. Le cadre de SNCF Mobilités mis en cause était placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté avec deux membres de son équipe.
Ce « dirigeant de proximité » était à la tête d’une brigade chargée de l’inspection des voies au moment du déraillement de ce train Intercités Paris-Limoges à Brétigny-sur-Orge. Il travaillait à la SNCF depuis quelques années, et à Brétigny depuis cinq mois. Selon son avocat, Philippe Valent, les magistrats estiment que la dernière tournée d’inspection réalisée par l’équipe, huit jours avant le déraillement, n’a pas été faite correctement alors que, d’après Me Valent, « aucun élément ne permet de corroborer cette hypothèse ». 
Comme lors de sa précédente audition, son client a affirmé mercredi devant les juges d’instruction que s’il avait relevé lors de sa tournée de surveillance des voies « la moindre anomalie, le moindre désordre, cela aurait été noté sur la fiche d’inspection ».

 

OÙ EST PASSÉE LA DIRECTION SNCF ?

 

Pour rappel, la Fédération des cheminots CGT s’est portée partie civile pour la manifestation de la vérité, malgré les pressions qu’elle a subie. Le rapport d’expertise, réalisé par le cabinet APTEIS à la demande du CHSCT de Brétigny-sur-Orge, a été remis à la justice.

Pour la CGT, la sécurité est un impératif absolu de la production ferroviaire. Elle considère que tous les moyens doivent être mis en oeuvre pour garantir aux usagers qu’ils voyagent en toute sécurité, en toutes circonstances.

La production ferroviaire, dont la maintenance de l’infrastructure est un système intégré, repose sur des règles et prescriptions précises. L’organisation du travail, le calcul des effectifs nécessaires à la réalisation de la charge de travail, la formation professionnelle du personnel pour la qualification et l’outillage sont l’autre pan de la sécurité ferroviaire.

Depuis de nombreuses années, du fait des orientations de leurs dirigeants, les cheminots réalisent leur travail dans des conditions dégradées : baisse des effectifs, allongement des pas de maintenance, sur un réseau négligé depuis des années. Les dirigeants de proximité sont particulièrement exposés dans cette situation.

La ministre des transports, lors de la commémoration de l’accident de Brétigny-sur-Orge en 2018, a pointé les choix qui ont « sacrifié l’entretien quotidien à toujours plus de projet nouveaux ». Elle a évoqué le « symptôme d’un mal plus profond ». Les « mesures prises ne sont pas seulement techniques, mais aussi, concernent l’organisation de la SNCF » a-t-elle aussi dit. Cette déclaration lue dans ce contexte rejoint l’analyse d’une faute structurelle, et non individuelle.

Toutes les responsabilités doivent être identifiées. Les décideurs des politiques ferroviaires doivent rendre des comptes, qu’ils soient hauts-dirigeants de l’entreprise ou membres du gouvernement. Il n’est pas question que des cheminots portent le chapeau pour ceux qui leur ont imposé.

 

 

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Cette entrée a été publiée le 15 janvier 2019 par dans anticapitalisme, FRANCE, SNCF.