NPA Comité Orléans Loiret

Nos vies valent plus que leurs profits! Mel de Contact : npa.orleans@orange.fr

6 décès dans les Ehpads d’Orléans : Fatalité virale ou épidémie libérale ?

Les six morts des Coteaux et des Ombrages ont profondément marqué résidents, familles et personnel de ces établissements. Et il y a de quoi. La mort foudroyante des personnes âgées touche toujours leurs familles, bien sûr, mais aussi l’opinion publique toujours mal à l’aise quant à la prise en charge de nos ainé-es.

Tiraillés par un sentiment de culpabilité les proches des résidents se posent tous la question de savoir s’ils ont bien fait ou non de « placer » leurs parents. Et si l’établissement choisi est le meilleur, sachant que pour les EHPAD, les tarifs ahurissants exigés sont le principal critère de choix.

Les autorités, toujours à l’aise dans leurs baskets, mettent cela sur le sempiternel compte de la fatalité. Les communiqués rassurants de l’Agence Régionale de Santé sont à cet égard une leçon de chose sur l’hypocrisie cultivée au rang de grand art :

L’ARS donne des précisions sur ces décès et les mesures engagées ce vendredi 25 janvier, consécutivement à une enquête menée au sein de l’établissement auprès de plus de 280 personnels et patients, confinés sur site toute la journée :

« Deux personnes salariées du CRF des Coteaux à la Chapelle-Saint-Mesmin sont décédées le 24 janvier 2019 à leur domicile. Elles étaient en arrêt maladie pour « syndrome grippal ». Les personnels et les patients des deux établissements des Coteaux (le SSR et l’EHPAD) sont tous en cours de mises sous traitement adapté à chacun. C’est le CRF des Coteaux qui est en charge de réaliser cette mise sous traitement. L’ensemble des mesures barrière a été mis en place (distribution de masques…). » Les personnes concernées ont toutes été traitées au Tamiflu.

Toujours selon l’ARS, les trois autres décès survenus parmi les patients de l’Ehpad du Coteau sont confirmés. Toutefois, à ce jour, « les causes ne sont pas encore connues ».

Le procureur de la République d’Orléans, Nicolas Bessone, a été informé de la situation. Il affirmait ce vendredi soir (25 janvier) : « C’est un problème médical et de santé publique. A ce stade, il n’y a pas d’enquête ouverte. »…….Circulez il n’y a rien à voir !

Aujourd’hui le fils d’une des victimes va saisir le tribunal administratif d’Orléans !

Les Coteaux comme les Ombrages appartiennent au secteur privé non lucratif et sont gérés par l’assurance maladie.

Ces décès ne sont que la partie visible de l’iceberg concernant la dégradation massive des conditions de prise en charge des personnes âgées dans notre pays. Manque de personnel, faible encadrement médical et paramédical, la durée de vie dans les EHPAD est très, très courte pour les résidents.

 

Admis lorsque le maintien à domicile n’est plus possible, ces personnes fragiles et dépendantes sont exposées à des risques majeurs en cas d’épidémie grippale. Le manque d’hygiène criant, la course contre la montre des soignants qui enchainent à un rythme d’enfer toilettes bâclées et repas expédiés au lance-pierre exposent à un risque de contagion maximum ces personnes âgées. Et le regroupement, pour des raisons d’économie de personnel, dans de grandes salles à manger de plusieurs dizaines de résidents n’arrange rien quant à la propagation des infections. C’est l’organisation même du travail et des prises en charge qui est à revoir.

La vaccination quasi systématique des résidents ne les a pas particulièrement protégés. 3 personnes décédées sur 4 étaient vaccinées. Mais sans vaccination le bilan aurait-il pu être pire encore, nul ne le sait vraiment.

Quant au décès de deux agents, dont une cadre de santé, la violence de cet événement a profondément marqué les esprits. C’est un grand sentiment d’incompréhension et d’injustice que partagent leurs collègues et de nombreux soignants du Loiret.

Oubliées, méprisées, mal payées, exploitées, aides soignantes, infirmières, cadres, agents de service et tous les collègues hospitaliers soignants, administratifs et ouvriers subissent avec effroi cet abandon en rase campagne par les autorités sanitaires uniquement préoccupées par les économies à réaliser et pour lesquelles la qualité des soins est définitivement rangée aux oubliettes.

La super ministre de la santé a saupoudré le pays de quelques millions d’euros, piqués auparavant aux budgets des hôpitaux et des EHPAD. Tous ne recevront qu’une petite partie des baisses de budget imposées. Un vrai foutage de gueule largement médiatisé pour essayer de planquer ces saloperies récurrentes sous le tapis. Lamentable et à l’image de l’action de ce gouvernement tournée vers la grande richesse et le mépris du reste de la population. C’est une des raisons de la révolte des gilets jaunes que nous partageons en très grande partie.

Quant à la vaccination obligatoire, marotte de Bachelot et puis maintenant de Buzyn , la défiance de l’ensemble de la population vis à vis des labos suceurs du fric de la sécurité sociale n’arrange pas le tableau. Et non sans raison !

La confiance des patients envers les labos s’est effondrée. Sang contaminé, affaire Médiator/Servier, dépakine, lévothyrox et on arrêtera là par charité révolutionnaire, si, si ça existe, cette liste infinie.

La folie de Bachelot sur la vaccination et ses stocks de vaccins inutiles accumulés au frais du contribuable, dans une ambiance médiatique dramatisée à outrance et très bien orchestrée, a essentiellement souligné non pas l’intérêt de la campagne vaccinale mais les liens pécuniaires entre les labos et les autorités sanitaires, ministre incluse.

De quoi générer une défiance générale. Et aboutir à un effet surprenant, le personnel de santé présente un taux de vaccination plus faible que la moyenne du pays. Il fallait le génie de Bachelot pour arriver à ce résultat ! Son passage comme clown télévisuel achève une carrière bien remplie (comme ses poches).

 

L’absence quasi totale de politique de santé préventive auprès de la population est une spécialité franco-française. Uniquement tournée vers le soin qui rapporte (actes et gestes médicaux) la médecine française s’est détournée, encouragée par les pouvoirs publics avec la T2A, de la prévention. Les services de santé au travail (ex médecine préventive), la santé scolaire, l’épidémiologie, ont été sacrifiés sur l’autel du fric rapide et facile. Et on n’oublie pas les CHSCT qui ne provoquent que des ricanements entendus lorsqu’ils osent réclamer des mesures d’amélioration et de protection des agents.

Les établissements hospitaliers et médico-sociaux se moquent éperdument de la santé au travail. Le suivi des vaccinations est aléatoire et les visites médicales annuelles ont disparu. C’est la médecine de ville qui assure en grande partie les actes de la défunte santé au travail. Sans qualification, sans suivi de l’ensemble de la population d’un établissement, la médecine de ville est inefficace et surtout sans aucun pouvoir de contrainte face à la toute puissance de l’administration sanitaire et sociale.

Les directions d’établissement ont laissé littéralement crever les équipes de santé au travail, ne recrutant plus aucun médecin lors du départ à la retraite des derniers dinosaures. « On en trouve pas ! » s’exclament unanimes nos joyeux gestionnaires de la pénurie. Surtout si on n’en cherche pas, si on refuse de recruter des postulant-es et si on n’en forme plus. Sans doute un oubli.

Alors non ces morts ne sont pas ni acceptables ni le résultat d’une fatalité divine. Le diable épidémique n’existe pas. La casse des services de prévention et de protection du personnel, elle, est une triste réalité. Les conditions de travail et de soins, la maltraitance institutionnelle et les salaires de misère tout autant.

L’épidémie de grippe fera sans doute encore beaucoup de morts cette année. Et ce ne sont pas l’hôpital public et les EHPAD à bout de souffle financier qui l’enrayeront. Ne reste plus comme toujours que l’engagement professionnel de l’ensemble du personnel hospitalier. Mais combien de morts et combien de temps avant le naufrage libéral définitif ?

Jean Delhosto 31-01-2019

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 1 février 2019 par dans anticapitalisme, EPHAD, FRANCE, PERSONNES AGEES, santé, SOCIAL ?, SOCIETE.