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La ministre des transports veut aller vite pour casser la SNCF !

Un an après l’annonce de la réforme ferroviaire qui a cassé la SNCF en trois entités dont une, l’EPIC de Tête, remise en cause aujourd’hui,  et ouvre la voie à la concurrence, la ministre des Transports Élisabeth Borne se félicite de « l’état d’esprit » dans le groupe public avec des partenaires triés sur le volet, incitant les partenaires sociaux à compléter leur convention collective. Elle n’a rencontré que des « managers » et compte sur les organisations syndicales pour appliquer sa casse contre des prébendes !

« Je n’ai pas de doute qu’il y a encore des chantiers devant nous », même si la loi a été votée en juin, remarque la ministre dans un entretien à l’AFP.

Une convention collective de branche doit notamment être négociée avant l’échéance du 1er janvier 2020, qui verra notamment la casse définitive de la SNCF sous forme d’un trio de sociétés anonymes entièrement détenues par l’État (la holding, les activités de transport et le réseau ferré) n’embauchant plus au statut de cheminot. C’est la fin du statut des cheminots à court terme !

« Il faut que les partenaires sociaux avancent », insiste Mme Borne. C’est plus facile avec l’aval des syndicats !

« C’est pour ça qu’on va rajouter dans la Loi d’orientation des mobilités » qui va être présentée au printemps au Parlement « une prolongation du temps qu’on leur laisse pour trouver un accord sur tous les sujets qui sont ouverts: les classifications et rémunérations, les enjeux de représentativité syndicale et les enjeux de prévoyance. J’ai souhaité qu’on leur donne davantage de temps. » La ministre saura glisser quelques « avantages » pour les syndicats pour les compromettre un peu plus !

« L’objectif de la négociation de branche, ce n’est pas que l’État décide à la place des partenaires sociaux », remarque-t-elle à ce sujet.

« Mais le gouvernement pourra intervenir en cas d’échec de la négociation. C’est aussi l’engagement que j’ai pris, qu’il y ait un cadre social complet au 1er janvier 2020. » C’est ce qui vient de se passer lors des négociations avec le MEDEF sur l’emploi et l’assurance chômage !

Mme Borne prendra ainsi un décret « d’ici mars », après l’échec d’un round de négociations qui concernait les modalités de transfert des personnels dans le cadre de l’ouverture à la concurrence. En se laissant « une certaine marge de liberté » pour la rédaction du nouveau texte. Pour mémoire les syndicats ont refusé d’avaliser les mutations d’office et les licenciements en cas de refus d’un transfert d’activité et des personnels ! Il fallait accepter sans rien dire des mutations technologiques, des transferts d’activités au privé les personnels devenant des pions suivant les plans de directions financières et technocratiques !

« Il faut quand même qu’il y ait une certaine stimulation à trouver des accords », glisse l’ex-patronne de la RATP.

 

Un an après le lancement de « sa » réforme, Mme Borne voulait aussi « un retour » des parties. Elle a donc beaucoup rencontré lundi et mardi, des employés de la SNCF, mais aussi des associations d’usagers et des élus des régions qui organisent et financent les TER, et sont en première ligne concernés par l’ouverture à la concurrence.

« Je n’ai pas de doute sur le fait que la réforme avait pu heurter certains cheminots, y compris à cause de commentaires –qui n’étaient pas les miens– qui font que certains avaient pu se sentir mis en cause », relève-t-elle, faisant référence au « SNCF bashing » régulièrement dénoncé par le patron du groupe public Guillaume Pepy.

« Mais je vois aujourd’hui des cheminots qui s’emparent de la réforme, et qui voient aussi ce qu’elle peut leur apporter », se réjouit-elle. Il y a toujours des profiteurs dans ces momments de casse !

Mme Borne est particulièrement satisfaite de sa rencontre avec les équipes de SNCF Réseau, « qui mesurent qu’elles ont un énorme défi avec la montée en puissance des investissements (pour rénover les voies ferrées), et qui mesurent aussi le rôle absolument clef qui va être le leur en tant que pivot du système ferroviaire », qui « doit assurer le dialogue avec l’ensemble des acteurs ».

Ces agents réseaux voient depuis des années les infrastructures de la SNCF se déliter (l’accident de Brétigny en est une des conséquences) les annonces d’investissements majeurs à hauteur de plusieurs milliards d’Euros ne peuvent cacher que tout est fait pour rassurer la « clientèle » mais surtout les investisseurs p^rivés potentiels sur le réseau !

« Du côté de SNCF Mobilités, j’ai rencontré les équipes Intercités », les anciens Corail, « à la fois parce que l’État est leur autorité organisatrice et parce que c’est finalement eux qui vont avoir les premiers appels d’offres, car nous avons fait le choix de mettre en concurrence nos deux lignes Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux », dit-elle.

L’arrivée de la concurrence « oblige les équipes à réfléchir différemment », constate la ministre : Il leur faut réussir à s’adapter ou perdre « les marchés »

« Je pense que c’est stimulant (…) de réfléchir à une meilleure utilisation des matériels roulants, à ce qu’on va pouvoir proposer comme service, à ce qu’on va proposer peut-être comme offre tarifaire… », énumère-telle, notant que « c’est ce que les équipes ont montré ».

« L’objectif de la concurrence est d’avoir plus de services et un meilleur service. L’état d’esprit que j’ai vu à la SNCF me rassure sur le fait que c’est bien comme ça que les cheminots prennent les choses », conclut-elle.

Cette patronne de choc évite de parler des expériences en cours, ailleurs en Europe, sur les privatisations et autres ouvertures à la concurrence : L’exemple de la Grande Bretagne est connu de tous et en Allemagne alors que la concurrence existe déjà les retards, pannes et incidents n’ont jamais cessé !

Dans cette politique, voulue par les tenants de l’Europe du capital, il n’a jamais été tenu compte ni des revendications des employés du rail ni surtout des besoins des USAGERS, pas des clients !

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Cette entrée a été publiée le 1 mars 2019 par dans AFFAIRES, anticapitalisme, FRANCE, PRIVATISATIONS, PROFITS, RAIL, services publics, SNCF, SOCIETE.