NPA Comité Orléans Loiret

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Des solutions contre la désertification médicale dans la région Centre Val de Loire.

Une région sinistrée et qui le reste.

Nombre de cantons de la région voient disparaitre, au fur et à mesure des départs à la retraite, l’unique cabinet médical du secteur. Dans les grandes agglomérations le phénomène sévit également et nombre d’usagers n’ont pas la possibilité de trouver un généraliste référent comme la loi les y oblige pour la prise en charge sécurité sociale. C’est aussi un vrai casse tête pour trouver un chirurgien dentiste qui vous accepte si vous n’êtes pas un vieux “client” de son cabinet.

A l’hôpital la tension sur les postes médicaux est aussi une triste réalité. Rappelons nous la “fermeture” temporaire, heureusement, du SMUR de Bourges faute d’urgentistes l’an passé. Ce sont les équipes de Vierzon et St Amant-Montrond qui ont assuré la sécurité sanitaire seules pour tout le Cher pendant plusieurs jours avant qu’Agnès B ne daigne se réveiller et envoyer des retraités en renfort. Rappelons-nous les petites maternités qui sont violemment fermées les unes après les autres pour manque de gynécologues, d’anesthésistes ou de pédiatres.

Sans oublier la pénurie chronique dans les services d’urgences et dans les services d’hospitalisation qui tournent parfois à demi effectif et qui reçoivent régulièrement des lettres d’engueulades des directions leur reprochant de ne pas “produire” suffisamment de soins !

Le Centre Val de Loire est la région la plus pauvre en offre de soins et une des rares qui cotise plus qu’elle ne reçoit. Cette pénurie de médecins s’accompagne d’une pénurie identique de personnel infirmier. Rien que sur le CHR d’Orléans, ce sont une quarantaine de postes qui sont non pourvus.

Alors à quelques jours des élections européennes le premier ministre a répondu à l’embarras politique que constituait l’annonce du blocage du numerus clausus dans la région la plus sinistrée du territoire. Et quelle réponse !

La République du Centre s’est faite volontiers l’écho de la grande satisfaction d’une députée LREM du Loiret qui a porté le plan « Ma santé 2022” pour la région. Une grande fierté. On aimerait tant être à sa place.

Plusieurs conseils à la population :

D’abord un premier, basique. Ne soyez pas pressé ! Faudra attendre 2022. Ben oui, un plan d’une telle audace et d’une telle ampleur ne donne pas de fruits instantanément.  Soyez réalistes et patients. Un tel éclair de génie ça se mérite. Ça se déguste. En 2022, promis, ce sera le paradis médical dans le Centre Val de Loire, si vous croyez les boni-menteurs de LREM.

En attendant, deuxième conseil, si vous tenez à votre santé, le plan « Ma santé 2022” n’apportant rien de concret pas plus en 2019 qu’en 2029, déménagez ! Surtout si vous habitez dans certains territoires, tout particulièrement dans l’Indre et le Cher. Tous les départements du Centre sont concernés y compris l’Indre et Loire qui en dehors de la ville de Tours est un véritable désert médical.

Troisième conseil si vous refusez de déménager, achetez un bolide pour parcourir la centaine de kilomètres qui vous sépare d’un hôpital de référence mais attention aux radars, au brouillard ou au verglas.

Et pour une future maman ne vous trompez pas lors de vos contractions. Si le travail n’est pas tout à fait engagé c’est retour à la case maison. 100 bornes c’est si vite fait. Quitte à recommencer le trajet quelques heures après. Secouée sur les petites routes de la région vous finirez bien par accoucher. Peut-être sur le bas côté humide de la route ou dans un véhicule de pompiers, nos nouvelles sages-femmes modernes. Agnès B appelle cela la sécurité, une vision très parisiano-bourgeoise qui lui sied parfaitement.

Le plan “ma santé 2022” tel que présenté par la Macron-idolâtre de service concerne la réorganisation des filières de formation. Mais on le voit parfaitement avec l’annonce sur le numerus clausus pour la région, quelque soit le mode de sélection et les parcours exigés le nombre de places reste bloqué. Et c’est là que le discours gouvernemental apparait pour ce qu’il est, du baratin, rien que du baratin. 

Notre député de service parle d’évolution des métiers, d’intelligence artificielle et autres modernités qui ne mangent pas de pain.

Ce qui compte pour les gestionnaires c’est limiter à tout prix les emplois. Quant à l’intelligence artificielle peut-être serait-il utile de la faire entrer au Palais Bourbon ou au ministère de la santé. Ça nous changerait de l’éternel plat du jour qu’on nous ressort à chaque fois : économie, économies, économiessss !

Enfin Edouard P a eu lui aussi un éclair de génie. On se demande le nombre d’énarques qu’il a fallu faire cogiter pour trouver une telle solution. Impossible d’augmenter le numerus clausus, les annonces étaient faites et en donner plus ici c’était en enlever ailleurs. Casse tête pour les rois de la pénurie. Et la lumière fût ! Il nous annonce que la fac de Tours va porter à 255 le nombre de places pour l’internat. Une augmentation de 40 postes qui met en adéquation le nombre d’étudiants avec le nombre de places proposées. Logique, sauf que…

C’est à la fin de la sixième année que les étudiants passent un concours leur permettant d’accéder à la suite et fin de leur formation. Ce concours est national et c’est le classement au concours qui régule la répartition des étudiants sur tout le territoire. Premier, vous choisissez ce que vous voulez où vous voulez, dernier, vous prenez ce qui reste. Certaines facultés sont beaucoup plus prisées que d’autres. Prestige, qualité de la formation ou situation géographique.

C’est une des premières failles. Lors de leur inscription en première année les étudiants doivent aller dans leur faculté régionale. Mais au moment de l’internat, 6 ans après, vous êtes libres si vous êtes bien classé. Pas sûr que Tours soit une faculté très attirante dans une région peu attirante.

Deuxième faille, même si Tours fait le plein des 255 places, combien de jeunes médecins s’installeront réellement en Centre Val de Loire et où dans la région. Au Blanc ? Ou à Tours qui capte la plupart des nouveaux promus.

L’augmentation du nombre de places est une fausse bonne idée tant que règnera en maitre la sacro-sainte liberté d’installation. La région forme des médecins qui vont ensuite partir travailler en PACA ou en Midi-Pyrénées bien loin des besoins de Pithiviers, de Châteaudun ou de Loches.

C’est à cela qu’il faudrait s’attaquer si l’on voulait significativement faire évoluer la situation. Mais l’attachement à ce système libéral, gravé dans le marbre par l’Ordre des médecins, est très fort. Il se transmet de génération en génération aux étudiants qui en bavent pendant de très longues études, qui sont en concurrence féroce les uns avec les autres, qui commencent à travailler professionnellement très tard dans la vie et qui veulent avoir le retour des années d’études et de stages où ils sont surexploités dans les CHU.

Cette soif de liberté et d’argent s’explique. Elle est le pur résultat des conditions de formation basées sur le bachotage à outrance et la mise en concurrence permanente. On est bien loin des besoins de santé de la population.

Il faudrait casser cette spirale infernale qui conduit nombre de ces jeunes à l’échec, à la maladie mentale et au suicide. C’est une des filières de formation qui fait le plus de dégâts dans la jeunesse, un paradoxe lorsqu’on forme de futurs médecins.

 

Mettons tout à plat en partant des besoins des territoires. 

Organisons la formation et non pas la sélection dés la première année.

Salarions les étudiants et les médecins. 

Assez du paiement à l’acte qui corrompt les relations soignants/malades.

Supprimons la liberté d’installation pour les premières années d’exercice.

 

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Cette entrée a été publiée le 28 mai 2019 par dans anticapitalisme, FRANCE, HÔPITAL, MEDECINE, santé, SECURITE SOCIALE.