NPA Comité Orléans Loiret

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Urgences : Cassez-vous les malades et les pauvres !

A Orléans comme ailleurs ça craque aux urgences.

 

Et ce n’est pas nouveau. Cela fait près de 20 longues années années que la crise s’enkyste au CHRO, un des premiers hôpitaux touchés. Des déclarations fanfaronnes du directeur général adjoint annonçant à l’envie qu’il allait régler ça d’un coup de cuiller à pot en 6 mois maximum, aux yeux baissés regardant leurs godasses, gênés, des élus qui ont défilé au conseil de surveillance du CHR d’Orléans, tous y sont allés de leur petite chanson, de leurs analyses, de leurs certitudes, de leur impuissance face à un phénomène qui les dépasse. En réalité l’incompétence et le mépris pour les équipes et les malades règnent en maitre. L’activité explose, les moyens stagnent.

Urgences Orl 2

Déjà en 2015 les collègues des urgences d’Orléans avaient longuement fait grève avec trop peu de résultats. 

La direction, comme à son habitude avait botté en touche : c’est national… on n’a pas les moyens… l’ARS nous laisse tomber… que voulez vous que nous fassions… par contre, vous, petites infirmières ou aides soignantes on sait ce que vous devez faire, bosser et fermer votre gueule, allez au boulot les fainéantes. Tais-toi et bosse quoi !

Et les réorganisations ont succédé aux réorganisations. Essayer de mieux faire sans aucun moyen supplémentaire. Impossible. Le personnel craque et le turnover des médecins, des infirmières et aides soignantes semble être la seule solution au problème pour une équipe en grande souffrance.

Alors ce 6 juin, anniversaire du débarquement, la colère elle aussi débarque. À l’occasion de la journée nationale d’action du collectif inter-urgences et de certains syndicats comme SUD santé sociaux et l’AMUF pour les médecins, la mobilisation et la grève refont surface. La direction annonce 47 grévistes et un rassemblement a regroupé devant les urgences une centaine d’hospitalier-es débrayant à tour de rôle.

Mais que fait la ministre ou plutôt la sinistre de la santé devant cette détresse ?

Elle se contente de laisser transpirer sa morgue toute bourgeoise à travers ses multiples interventions publiques pour analyser cette crise gravissime, révélatrice de l’implosion de notre système de santé publique.

80 services d’urgences en grève, les déclarations d’alarme de 14 chefs de service dans le journal Le Monde, les appels au secours des centaines d’équipes sans oublier les démarches des syndicats de personnel et de médecins, SUD, FO, CGT, AMUF et même l’alerte lancée par le président de Samu-urgences de France ont fait pschit dans la tête si bien faite de la sinistre de la santé.

Pour elle “qui ne fait pas de miracle” , ça on le confirme volontiers, la crise des urgences vient de la médecine de ville, de la mauvaise organisation hospitalière et surtout des… malades. Ben voyons ! Rien sur sa gestion ministérielle forcément infaillible.

Elle est même allée jusqu’à expliquer que tous ces pauvres qui viennent pour un oui ou pour un non parce qu’ils picolent et gèrent mal leur santé sont les principaux responsables de l’engorgement des urgences.

C’est une évidence, interdisons l’accès aux urgences (surtout aux pauvres) et le problème sera réglé !

Une fois de plus l’éternelle explication de la “bobologie” comme source de tous les maux des urgences. Et c’est faux comme 99% des discours ministériels. Il y a belle lurette, aux urgences d’Orléans par exemple, que la “bobologie » est renvoyée vers la médecine de ville. Plus de 10 000 patient-es sont ainsi réorienté-es chaque année des urgences adultes vers la médecine de ville à Orléans. Ne restent que des patients impossibles à prendre en charge ailleurs ou refusés à Oréliance pour manque de rentabilité (ou horaires nocturnes, faudrait voir à ne pas déranger la médecine ultra-lucrative à certaines heures).

Une seule vérité, les urgences paient au prix fort la désertification médicale et hospitalière organisées par tous les gouvernements depuis plus de trente ans. Et la sinistre de la santé d’aujourd’hui continue aveuglément les erreurs du passé en refusant mordicus d’augmenter le numerus clausus de notre région. Alors ses discours moralisateurs à l’attention des médecins, du personnel et des malades elle peut…

Malgré les assignations, les pressions de l’administration hospitalière, l’envoi de gendarmes par des préfets nostalgiques de l’Etat Français, tout le monde ne s’appelle pas Jean Moulin, en pleine nuit au domicile des personnels pour coffrer et amener de force les personnels épuisés au travail comme à Lons le Saunier, la grève s’étend dans toute la France.

Et la sinistre de la santé bredouille qu’elle comprend, qu’elle mesure, qu’elle compatit. On s’en fout de ses larmes de crocodiles !

Sous la pression elle réagit enfin. Pour donner un peu de pep aux troupes en déroute ? Ou pour assurer sa survie ministérielle ?

Elle annonce qu’elle va annoncer des annonces. Boudiou ! Elle choisit le jour de grève et de manifestation nationale et réserve ses déclarations fracassantes pour le congrès des médecins urgentistes.  Ah ! s’écrient dans un quasi dernier souffle les équipes hospitalières au bout du rouleau. Enfin ! Une petite lueur au fond du tunnel.

Mais cette petite lueur n’était que la flamme vacillante d’une bougie soufflée rapidement par les serviteurs serviles du patronat et du budget. Faudrait pas voir à jeter l’argent des actionnaires par la fenêtre, austérité oblige.

Alors c’est à peine si on ose détailler le catalogue de ces mesures, sans aucun chiffrage…

– des financements aléatoires versés par les Agences Régionale de Santé en cas de situations exceptionnelles de certains services. Plus flou tu meurs ! Il ya belle lurette que l’exceptionnel est quotidien et chronique. Ras le bol du marronnier des urgences embouteillées en hiver seulement par les grippés, ces salauds de pauvres qui ne se font pas vacciner ! C’est tous les jours qu’on en bave.

– une homogénéisation de la prime de risque, quelques dizaines d’euros jetés aux esclaves, ah la générosité de nos gouvernants !

– une prime non chiffrée, ça va de soi, de coopération pour les infirmières qui feraient une partie des tâches des médecins. Vieille rengaine, : vous manquez de médecins, les infirmières (et les assistantes médicales futures de la médecine de ville) vont les soulager. On ne pourrait pas simplement mettre assez de médecins là où il faut ? Quant aux aides soignantes elles peuvent aller se faire voir. Pas concernées !

– et la cerise sur le gâteau : une mission de refondation des services d’urgences. Aie, aie, aie. Quand j’entends les mots refondation, restructuration, réorganisation je sors mon préavis de grève !

Ça sent mauvais. Au « moins pire » un enterrement du dossier pour vingt ans dans les tiroirs d’un comité Théodule comme le célèbre Conseil National de l’Urgence Hospitalière dont personne n’a jamais entendu parler mais qui va plancher sur la question entre deux siestes, promis, juré. Au pire, très dans l’ère libérale du moment, un nouveau coup de hache sur les services d’urgences des petits hôpitaux. On connait la chanson, sécurité défaillante, manque de médecins… on ferme. C’est le destin des hôpitaux dits de proximité transformés en EHPAD. Et on concentre l’activité sur les établissements de référence, sans aucun moyen supplémentaire comme pour les maternités.

La supervision de cette mission a été confiée au député LREM Thomas Mesnier, ex-urgentiste à Angoulême, rapporteur entre autres à l’assemblée nationale des dispositions législatives sur les ordres professionnels. On peut lui faire confiance, c’est un homme d’Ordres.

Si on continue sur cette pente, c’est sûr, les services d’urgences vont crever

Et les situations comme à Lariboisière de soignant-es en arrêt de travail pour burn-out vont se multiplier. La sinistre de la santé aura beau hurler au “dévoiement” des arrêts maladies rien n’y fera.

En 20 ans l’activité des urgences en France a plus que doublé passant de 10 à 21 millions de prises en charge par année. Et ce sont les chiffres de 1996/2016 qui ont explosé depuis.

Que faire ?

C’est simple, en attendant que la sinistre de la santé et son copain d’Angoulême aient fini de cogiter, le personnel s’organise pour sa survie et la survie des patient-es trop souvent en perte de chance.

La grève se développe. La pression médiatique enfle. Le soutien de la population pour le personnel hospitalier est réel et parfois ce sont des territoires entiers qui se soulèvent comme à Pithiviers, au Blanc, à Vierzon pour contrer les attaques libérales de casse des hôpitaux publics.

Les grévistes se sont organisé-es dans un collectif inter-urgences national regroupant des représentant-es syndiqué-es ou non de toutes les équipes en action. Parallèlement un comité de grève national regroupant des représentant-es de ce collectif et des syndicats coordonne les actions à travers tout le pays. Il faut amplifier la mobilisation toutes et tous ensemble et l’élargir aux autres services qui eux aussi en bavent. C’est tout l’hôpital qui est malade.

Pour les urgences les revendications sont claires :

  – 300 € pour toutes et tous

  – Rattrapage des effectifs et embauches supplémentaires calculées et attribuées annuellement en fonction de l’augmentation de l’activité

  – Titularisation des milliers de contractuel-les

  – Arrêt des fermetures de lits et de l’explosion des « hospitalisations brancards ou de couloir » indignes du 21ème siècle qui désorganisent les autres services

 

 

 

 

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Cette entrée a été publiée le 6 juin 2019 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, FRANCE, HÔPITAL, santé, URGENCES.