Benjamin RAIGNEAU DRH du GPF 2, place aux Etoiles CS 70001 93633 LA PLAINE-SAINT-DENIS
Objet : Demande de Concertation Immédiate (DCI)
Monsieur le Directeur,
Le 04 juin dernier, des milliers de cheminots ont participé à la manifestation nationale unitaire pour faire entendre leur ferme opposition à la réforme du système ferroviaire de 2018 et à la politique menée par la direction de la SNCF, qui contribue à un climat social fortement dégradé.
Sur cette dégradation du climat social dans l’entreprise, le président Pepy a déclaré, dans une interview parue dans Ouest France le 10 juin, comprendre et partager les inquiétudes des syndicats sur le climat social, tout en précisant que les évolutions sont conduites avec une obsession de l’humain, et qu’il faut apporter des réponses et faire des propositions qui permettent aux salariés de se projeter dans l’avenir.
On peut affirmer sans détour que ces déclarations sont un exercice de pure communication. Elles ne reflètent nullement la réalité de ce que vivent les cheminots et passent sous silence les revendications et propositions faites par les organisations syndicales, et singulièrement par la CGT
Comment ne pas être inquiets quand le pacte d’entreprise qui est proposé laisse entrevoir une volonté de construire un cadre social commun minimaliste, pour laisser le champ libre aux activités de construire des modèles sociaux différents, y compris sur la rémunération ou le temps de travail ? Il en serait fini des passerelles, des parcours professionnels, et de l’équité entre salariés.
Comment encore ne pas être inquiets face à la transformation de la SNCF en sociétés par actions qui permettra notamment de poursuivre l’éclatement de l’entreprise ? En effet, la structuration semble répondre avant tout aux futurs appels d’offres en calquant ses organisations de production sur le périmètre des futurs marchés. Nous affirmons qu’avec un tel modèle, elle perdra totalement le bénéfice d’une organisation industrielle de la production, structurée autour de grands métiers.
A l’inverse, ce qui est proposé repose sur des organisations cloisonnées entraînant une multiplication des polyvalences.
Comment, enfin, ne pas être inquiets face aux dossiers de réorganisations qui se succèdent à un rythme effréné, où l’aspect social est traité comme un élément secondaire ? La politique d’austérité de la direction SNCF se traduit par des suppressions ou fusions d’établissements, de services, avec son lot de suppressions massives d’emplois, l’externalisation massive de charges de travail au privé, le recours incessant aux contrats précaires, la fermeture de centaines de guichets ou la réduction des heures d’ouverture, la digitalisation tous azimuts, la généralisation de l’EAS et ANS, l’abandon pur et simple de Fret SNCF et le gel des salaires depuis 4 années.
Sur l’emploi, le bilan 2018 fait apparaître, de nouveau, une nouvelle diminution des effectifs de 3562 agents, touchant essentiellement des agents du cadre permanent. Par ailleurs, le nombre d’admissions en Contrats à Durée Indéterminée a baissé de 29,5 % et les démissions sont en hausse de 34,3 %, pour atteindre le nombre de 1025.
Le budget 2019 est dans la même veine, avec des prévisions de suppressions d’emplois qui s’élèvent à 2800 sur le périmètre du GPF.
Pour notre organisation, la politique de l’emploi de la direction SNCF, au vu de ces chiffres, ne s’oriente pas du tout vers le développement de notre entreprise et la réponse aux besoins de service public ferroviaire.
C’est pourquoi, face à cette situation fortement dégradée, la Fédération CGT des Cheminots vous dépose, conformément à l’article 4.2 du chapitre 1 du RH0826, modifié par l’avenant du 13 décembre 2007, une Demande de Concertation Immédiate sur les demandes suivantes :
Dans l’attente d’être reçus, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de nos salutations respectueuses.
Laurent BRUN
Secrétaire Général
Les pensions sont sur la même trajectoire depuis 10 ans !
Fin de la péréquation en 2009, puis gel des pensions sur plusieurs années et trop faible revalorisation des pensions à 0,3 % au 1er janvier 2019, s’accompagnent des effets de l’augmentation de la CSG, conduisant à une perte sèche pour une large majorité des retraités cheminots
Rappelons que le travail des salariés crée des richesses, il n’est donc pas un coût, contrairement à ce que prétendent le patronat et ses soutiens, mais il a un prix : LE SALAIRE !
Actifs – Retraités, tous concernés par la revalorisation des salaires.
Car aujourd’hui, le salaire, contrepartie de l’utilisation de la force de travail dans la production, est constitué par :
Les cotisations sociales visent à financer collectivement et solidairement les dispositifs de protection sociale conquis par les salariés, d’où le terme de « salaire socialisé ». Ces cotisations permettent d’acquérir des droits qui peuvent être individuels, familiaux ou conjugaux, en matière de couverture maladie, maternité, invalidité, décès et accident du travail, de couverture retraite et réversion, de couverture « famille », de Fonds d’Action Sanitaire et Social (FASS), de prise en charge de la perte d’autonomie, ou encore du chômage…
Ensemble, le 02 juillet, portons nos exigences et revendications en matière de salaires et de pensions :
Les moyens existent :
Chaque mois, chaque cheminot crée en moyenne 6 000 € de richesse en plus de son salaire. Ces richesses doivent être réparties entre les salaires et les investissements.
Depuis 4 ans, si les salaires avaient été augmentés à la SNCF, ne serait-ce que pour compenser l’inflation, chaque cheminot percevrait en moyenne 100 € de plus par mois, et donc des moyens supplémentaires pour notre système de prévoyance et de retraite !
ENSEMBLE, ACTIFS ET RETRAITÉS,
EXIGEONS LE « DÉGEL » DES SALAIRES ET GAGNONS UNE VÉRITABLE REVALORISATION DES SALAIRES