NPA Comité Orléans Loiret

Nos vies valent plus que leurs profits! Mel de Contact : npa.orleans@orange.fr

Le malaise des pompiers s’affiche place du Martroi à Orléans ce 26 juin.

Une vingtaine de pompiers d’Orléans se sont symboliquement allongés place du Matroi, ce mercredi midi, afin d’interpeller les passants sur les problèmes d’effectifs. Le mouvement, prévu du 26 juin au 31 août, n’aura pas d’impact sur la prise en charge des personnes, assure le ministère de l’intérieur ce qui va permettre au gouvernement de ne rien faire ou de donner quelques primes comme pour les urgences des hôpitaux !

 

Rassemblés place du Martroi, une vingtaine de pompiers orléanais se sont allongés en silence – façon de symboliser la « mort » de la profession – pour interpeller les passants sur leurs conditions de travail.

« L’effectif cible de 275 pompiers au niveau départemental, que l’on dénonçait, a d’abord été réévalué à 280 puis, aujourd’hui à 290. On estime que c’est toujours insuffisant« , explique le caporal-chef Alexis Mirbel, du Sdis 45, à l’initiative de ce « die-in ».

« Sur les six premiers mois de l’année, les heures supplémentaires représentent déjà dix postes en équivalent temps plein (ETP), précise l’officier. Aujourd’hui, on fait des gardes avec la moitié de l’effectif minimum alors que le nombre d’interventions augmente. Pour la population, cela veut dire que notre temps de réaction s’allonge. Cela joue aussi sur notre sécurité : on part régulièrement avec des véhicules incomplets et on se met en danger sur des situations d’incendie, notamment. »

Un effectif garanti minimum pour chaque caserne,

Quelles sont les revendications dans le Loiret ? « On demande un plan de recrutement pluriannuel, car on va avoir beaucoup de départs en retraite dans les deux ou trois ans à venir. Il faut qu’une démarche soit engagée dès maintenant pour que des nouveaux personnels soient formés. »

« Nous n’avons pas de chiffres à avancer sur un effectif cible. Mais plutôt que d’avoir un effectif cible dans le département et de voir comment on va le répartir, on demande à ce qu’il y ait un effectif cible par caserne.

Aujourd’hui, le service que l’on doit à la population, qui est payé avec ses impôts, on ne le rend pas ou du moins pas dans de bonnes conditions.

« Il y a une dizaine d’années, à Orléans centre, on arrivait à être vingt sur les rangs, illustre un autre pompier orléanais. Avec 1.500 départs de moins qu’aujourd’hui. En ce moment, il y a des nuits où on se retrouve à dix pour assurer la garde. Pour vous donner une idée, quand on part sur un feu d’appartement, on mobilise trois véhicules : il faudrait être douze pour l’intervention… »

« À Orléans centre, le chiffre annoncé est de quinze mais il n’est pas tenu« , confirme le caporal-chef Alexis Mirbel.

Place Beauvau, on se veut rassurant : « Le mouvement n’aura pas d’impact sur la prise en charge de nos concitoyens. » Tenus d’assurer un service minimum, les grévistes se contenteront d’inscriptions sur les casernes, les véhicules et les tee-shirts, ou de brassards lors des interventions.

 

A l’initiative de sept syndicats – ils ont envoyé leur préavis directement au ministre de l’intérieur Christophe Castaner –, les sapeurs-pompiers ont débuté, mercredi 26 juin, une grève prévue pour durer jusqu’au 31 août.

Les signataires – ils représentent 85 % des 40 500 pompiers professionnels de France, et appellent les 195 000 sapeurs volontaires à les soutenir – réclament notamment « le retrait du projet de loi de transformation de la fonction publique »« une revalorisation de la prime de feu à 28 % » – comme la prime de risque des gardiens de la paix – contre 19 % actuellement, et un « recrutement massif » pour combler les besoins. Les 12 500 pompiers de Paris et de Marseille, ayant le statut de militaires, ne sont pas concernés par le mouvement.

« Plus de missions, moins d’effectifs »

 « Il s’agit surtout d’exprimer le ras-le-bol général. On nous demande chaque année d’assurer de plus en plus de missions avec de moins en moins d’effectifs. Le service public de secours est malade. »

« De 2003 à 2018, rappelle Sébastien Delavoux (CGT), on est passé de 3,5 millions à 4,6 millions d’interventions par an », un chiffre en hausse de 7 % chaque année. Le « secours aux personnes » représente 84 % des interventions, contre à peine plus de 50 % au début des années 2000. « On nous appelle trop souvent pour des choses qui ne sont pas dans notre périmètre, déplore M. Delavoux.Parce que si vous appelez le 18, il y aura toujours quelqu’un pour vous répondre. »

« En cas d’ivresse sur la voie publique par exemple, la police devrait verbaliser l’individu et le placer en dégrisement, expose André Goretti. Mais comme elle manque d’effectifs, on nous appelle pour emmener l’individu aux urgences. »

Les syndicats dénoncent en chœur une « sursollicitation » due aux « carences de l’Etat », révélatrice des déserts médicaux, du vieillissement de la population, et d’une organisation défaillante entre le SAMU, qui dépend du ministère de la santé, et les pompiers.

Pas de « recrutement massif »…Comme pour les urgences quelques emplâtres sur une jambe de bois !

Place Beauvau, on assure « partager » ce constat : « Des groupes de travail réfléchissent aux moyens de faire baisser la pression au niveau de la prise en charge des personnes, comme le rapprochement entre les ARS [agences régionales de santé] et les SDIS [services départementaux d’incendie et de secours], ou la limitation du temps d’attente des pompiers aux urgences. »

Pas de « recrutement massif » au programme, cependant. « La solution consiste plutôt à ne faire sortir les pompiers que quand c’est nécessaire, estime Olivier Richefou, président de la Conférence nationale des SDIS, et représentant de l’Assemblée des départements de France – lesquels paient les salaires des pompiers. La mise en place d’un numéro unique et de plates-formes d’appels départementales communes aux acteurs de l’urgence – SAMU, pompiers, police et gendarmerie – permettrait de réduire le nombre d’interventions. »

L’augmentation de la prime de feu ne semble pas plus à l’ordre du jour, six mois après les augmentations consenties aux policiers et gendarmes lors du mouvement des « gilets jaunes », et quelques jours après le déblocage de 70 millions d’euros en faveur des urgentistes en grève« Cela coûterait 130 millions d’euros, calcule Olivier Richefou, et les départements n’ont pas 130 millions d’euros pour cela. »

Les pompiers attirent par ailleurs l’attention sur les violences à leur encontre, qui connaissent une hausse inquiétante : en 2015, 1 939 déclaraient avoir été victimes d’une agression. Ils étaient 2 813 en 2017, selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales.

Le ministère de l’intérieur a demandé, en mars, à tous les préfets « d’établir un diagnostic sur la sécurité des pompiers », et lancera en septembre « une campagne nationale de sensibilisation » sur le sujet.

Il faut vraiment la coordination des luttes dans ce pays où les revendications salaires, emplois, conditions et temps de travail se rejoignent et buttent contre un gouvernement à la bote des capitalistes et du patronat !

photo La République du Centre

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s