Aux yeux de Sandrine, ex-aide soignante en Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), « on fait de l’abattage. Ce qui est imposé aux résidents, je ne l’aurais pas accepté pour mes propres parents. Dire que ces générations-là ont connu la guerre, se sont battues pour notre liberté. La reconnaissance dans tout ça ? », s’interroge-t-elle.
Et, lasse de pareille impasse, Sandrine a opté pour la carrière de secrétaire médicale, toujours pour le compte du CHRO. « Les conditions de travail des soignants sont tellement tendues que nombre de collègues choisissent la voie du reclassement. On a réussi à dégoûter les plus volontaires. Comment attirer des jeunes dans pareilles conditions ? », questionne Sandrine. Elle participait, ce lundi matin avec une trentaine de collègues, au rassemblement organisé par la CGT et Sud-Santé-Sociaux-Solidaires, aux portes du conseil départemental, à Orléans.
Et quand on invite cet agent à évoquer les dysfonctionnements dus au manque de personnel, elle reçoit le soutien de Zahra, elle aussi membre de Sud-Santé-Sociaux-Solidaires. Toutes deux égrènent les exemples : « Proposer une douche par semaine dans le meilleur des cas. Dix minutes, au mieux, pour une toilette. Et par souci de gain de temps, mélanger dans le bol du p’tit déj’ chocolat, pain, confiture et beurre, proposés à la petite cuillère. Sans parler de ceux laissés au lit, levés un jour sur deux, par manque de bras ».
Dommage que les salariéEs ne se soient pas sentiEs plus mobiliséEs !!!!
Les deux évoquent des suppressions de lits en milieu hospitalier et se disent « inquiètes pour l’avenir. Tous les gouvernements qui viennent de se succéder ont fait des promesses. Non tenues ! ».
Côté politique, Marc Gaudet, président du Département, n’a pas hésité à venir rencontrer les manifestants avant d’en recevoir une délégation. L’élu a rappelé que les financements pour les postes d’infirmière relèvent de l’État. Pour ce qui est des fonds portés par le conseil départemental, il a souligné les efforts déployés dans le plan « Loiret bien vieillir », favorisant les travaux de rénovation des infrastructures. « Proposer une salle de bain par chambre, là où il n’en existait qu’une par étage, c’est un “plus” pour les résidents comme pour les personnels ! Ceci n’a rien d’une obligation légale, nous le faisons par choix. » . Il oublie simplement de dire si les effectifs vont être augmentés, si le nombre d’EHPAD va lui aussi augmenter pour permettre de recevoir dignement tous les postulantEs ET SURTOUT SI LE PRIX HONTEUX DES SÉJOURS DANS CES HÉBERGEMENTS VA, LUI, BAISSER SENSIBLEMENT ?
Interrogé sur les mesures à l’initiative de l’État, « ce qui est proposé va dans le bon sens mais cinquante millions à l’échelle nationale, ce n’est pas à la hauteur des enjeux », selon Marc Gaudet.
Pour le Conseil Général il ne faut surtout pas se mouiller en critiquant les copains qui gèrent l’Etat !