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Macron nomme Elisabeth Borne, la casseuse du rail, à l’écologie !

Après le départ larmoyant de De Rugy du ministère, c’est Elisabeth Borne qui reprend le flambeau de l’écologie. Celle qui a œuvré pour détruire méticuleusement le statut des cheminots, pour ouvrir la SNCF à la concurrence, avec fermeture des petites lignes et augmentation du prix des billets. Une écolo typique de la Macronie.

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Il n’ aura pas fallu beaucoup de temps à De Rugy pour démissionner de son ministère et tenter de se faire oublier. Macron n’a plus les épaules pour essuyer un nouveau scandale de cette taille, il fallait au plus vite refermer l’affaire. Après les Gilets jaunes, la myriade de privilèges des classes dominantes a d’autant plus de mal à passer. C’est ainsi que De Rugy devient le quinzième (!) ministre à quitter le navire. Nicolas Hulot ayant rapidement fuit LREM, c’était une autre figure vert-libéral qui avait pris sa place. La nomination de De Rugy était déjà le signe d’un manque de personnel politique prêt à porter l’étendard macronien. Aujourd’hui la nomination d’Elisabeth Borne annoncé en un temps-record – avant minuit – est aussi la preuve de cet isolement, celle-ci va de plus rester aux Transports.

Au moment de l’ouverture de « l’acte II » du quinquennat, Macron était catégorique : l’écologie sera la priorité. Si leur écologie sauce « capitalisme vert » n’a toujours été qu’une vaste fumisterie, le gouvernement atteint des records avec la nomination d’Elisabeth Borne qui s’était particulièrement illustrée avec sa réforme ferroviaire signant la casse complète du rail, autant au niveau des statuts que de son accessibilité pour les usagers.

Borne : anti-écologie, anti-social

« Travailleuse acharnée », « femme de terrain », « technicienne au ministère ». Depuis son investiture aux Transports, Elisabeth Borne a en effet abattu des dossiers de taille. Ancienne patronne de la RATP, c’était elle qu’on avait chargée de mener la réforme ferroviaire et des concertations, ayant ouvert le rail aux privatisations et démantelant aussi bien les statuts que les petites lignes.

Du point de vue écologique, cette réforme est une aberration. Cette destruction programmée du rail (9000 kms de lignes en moins et la fermeture de 120 gares avaient été annoncés au printemps dernier) est en contradiction directe avec les intentions vertes affichées. Comme nous l’écrivions à ce moment : pour un transport de 30 tonnes de marchandises, sur le même trajet, un camion émet 43 fois plus de CO2 que le Fret SNCF. Pour le transport de personnes : d’après l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie pour un trajet de 100 Kms, une voiture émet 6 fois plus de CO2 qu’un TER et pour un car c’est 2 fois plus qu’un TER.

Du point de vue des usagers, le recours à ce transport en commun est doublement entravé : d’abord parce que de plus en plus de lignes sont supprimées, mais aussi parce que l’ouverture à la concurrence entraîne une augmentation des tarifs rendue possible sans que l’État puisse légiférer en la matière. Du côté du fret, c’est là aussi dramatique. Fret SNCF qui deviendra une filiale du groupe ferroviaire au 1er janvier 2020 voit son activité de plus en plus remplacée par le transport routier, bien plus polluant – plus de 80 % du transport de marchandises passent par les routes. Et c’est vers une réduction de 30 % des effectifs que la société s’avance, soit une suppression de 1800 postes sur 4 ans. Pas de quoi inverser la tendance vers un transport de marchandises plus vert donc !

En effet, à côté du volet écologique c’est tout le volet social qui est un véritable désastre humain à la SNCF, et ce, d’autant plus après la réforme portée d’une main de fer par Elisabeth Borne. Ce sont aujourd’hui des milliers de postes qui sont sur la sellette, un manque cruel de moyens humains qui met sous pression les cheminots. La souffrance au travail, les accidents et les suicides parmi les rangs des cheminots ne font que se multiplier.

L’écologie, un combat de classe

Elisabeth Borne peut aussi se targuer de porter la loi d’orientation des mobilités (LOM). Celle-ci est toujours en cours d’examen, les deux chambres ne sont pas tombées sur un accord final. Cette nouvelle loi veut s’inscrire dans une politique verte de transports, le Monde rapporte entre autres objectifs : « interdiction des véhicules thermiques à carburant fossile d’ici à 2040, facilitation du développement des véhicules électriques, créations de « zones à faibles émissions » dans certains territoires, dispositions en faveur du vélo et du covoiturage, création d’un chèque mobilité pour ceux qui abandonnent leur voiture individuelle pour aller au travail, taxation des billets d’avion… »

Autant de mesures qui visent uniquement le mode de vie individuelle, qui plus est celui des travailleurs vivant en périphérie des grands centres urbains obligés de prendre quotidiennement leurs voitures et ce d’autant plus que ce même gouvernement ne fait que détruire l’accès au service ferroviaire. La grève historique des cheminots, au printemps dernier, contre ce gouvernement a été un combat contre la casse sociale du statut et pour maintenir un service public de qualité en capacité de répondre justement à la nécessité de privilégier les transports collectifs face au dérèglement climatique.

Mettre Elisabeth Borne au ministère de la transition écologique et solidaire n’est qu’une nouvelle escroquerie de ce gouvernement. Pas plus qu’avec François de Rugy, l’homme sans conviction dont les ambitions écologiques ont d’emblée été sacrifiées sur l’autel de sa carrière personnelle, l’écologie n’a grand-chose à attendre d’Elizabeth Borne. Si ce n’est le bon vieux trio de mesures sparadraps : individualisation de la responsabilité écologique, culpabilisation du consommateur (d’autant plus lorsqu’il vient de classes populaires, roule en diesel, et s’approvisionne dans la grande distribution…), récompense ou punition des bonnes et des mauvaises pratiques écologiques par le biais du bonus-malus… Pas de quoi sauver la planète quand on sait l’urgence climatique !

Agente de la destruction du service public du rail, Elisabeth Borne, comme son prédécesseur, s’inscrit dans la droite ligne d’un programme écologique fait de renoncements et de conciliations aux entreprises privées. Une politique qui n’entend faire de la question écologique qu’un paravent de campagne destiné à maintenir ses politiques anti-sociales.

Iris Serant

 

 

 

 

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Cette entrée a été publiée le 22 juillet 2019 par dans AFFAIRES, anticapitalisme, écologie, ECOLOGIE, FRANCE, GOUVERNEMENT.