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L’HÔPITAL D’ORLEANS ET SON SUPER DIRLO !

Melon

Dans une interview récente accordée à La République du Centre, le directeur général de l’hôpital d’Orléans se félicite, c’est le moins que l’on puisse dire, de la « réussite » de sa gestion du CHRO (Centre Hospitalier Régional d’Orléans) . Moi, je…

C’est un gestionnaire, un vrai de vrai, qui a une lourde tendance melonesque lorsqu’il rencontre la presse. C’est vrai qu’avec la mise en service du nouvel hôpital à La Source il serait passé du volant « d’une C4 à celui d’une Ferrari », dixit le Fangio du NHO. Et c’est vrai que question voiture de fonction, l’équipe dirigeante du CHR en connaît un rayon.

Alors bien sûr la Ferrari consomme plus. 9 millions € partent en fumée avec le NHO (Nouvel Hôpital d’Orléans).

On nous avait vendu le regroupement comme une source d’économie (chauffage, transport, suppression des doublons…). En réalité la seule facture de chauffage a explosé malgré la soi disant Haute Qualité Environnementale de la construction. Le triple vitrage ne compense pas les milliers de m2 de halls de prestige et les km de couloirs.

Après ce constat vite évoqué, s’en suit une série de satisfecit et de chiffres qui le remplissent d’aise autant qu’ils nous désolent.

Fangio

Défixette

Sur le déficit qui semble être la principale préoccupation du patron du NHO, il part de l’année 2015 et ses 15 millions € de passif et s’auto-félicite de l’avoir réduit à 4 millions en 2018. Puis il évoque l’objectif de l’équilibre en 2022 tout en glissant que pour 2019 ce seraient 6 millions qui manqueraient dans les caisses du CHRO. C’est à n’y plus rien comprendre. En un an le découvert bondirait de 50 % ?

Et il est content de lui le bougre ! Comment atteindre l’objectif fixé avec de tels raisonnements comptables ? Seul le Fangio du NHO doit le savoir.

Fébrilité

L’autre préoccupation incontournable des hôpitaux avec la tarification à l’activité (T2A) c’est… l’activité. Et là aussi les chiffres pleuvent : + 8 % en 2016, bon en 2017 ça stagne mais ça repart à la hausse depuis. Hourra ! + 5% d’hospitalisations, + 9 % d’ambulatoire, + 5000 admissions, c’est l’euphorie productiviste. Tel un trader devant ses écrans au Stock Exchange à Londres, il boit littéralement ces chiffres qui le remplissent d’aise. Un enfant déballant ses cadeaux de Noel. Heureux homme.

Ce n’est plus de l’activité, c’est de la fébrilité, surexcitation du toujours moins de moyens humains pour faire toujours plus de soins. Génial pour lui qui vit dans son monde de chiffres, terrible pour nous.

Alors il emploie les grands moyens

Fermetures de lits et suppressions d’emplois, les deux mamelles de l’hôpital moderne. Et Orléans n’échappe pas à la règle ministérielle de toutes les équipes gouvernementales, de droite, de gauche et de « en même temps ». Logique puisque c’est du pareil au même.

Alors ça y va et pas avec le dos de la cuillère.

Comme le dit si bien notre Fangio à La Rep : « les services ne peuvent fonctionner qu’à flux tendu » !

Et ce sont 130 suppressions d’emplois avouées, combien réellement avec les contrats non renouvelés des précaires ? Ce que nous avons, de sources syndicales, c’est plutôt 200 ETP depuis l’ouverture du NHO (chiffres donnés aux instances par la direction). Sans oublier les 300 suppressions de postes d’agents de service hospitalier transformés pour partie seulement dans d’autres fonctions.

Le tout accompagné des fermetures de lits et d’unités pour concentrer au maximum les malades dans certains services avec un minimum d’hospitalier-es.

Mais attention. Conduire une Ferrari demande des qualités particulières et, même Fangio, le vrai, l’unique, le seul, s’est vautré en 1952 à Monza et a failli y laisser la vie. A vouloir toujours imposer la vitesse comme seul objectif, la sortie de route guette.

Alors pas d’inquiétude. La haute fonction publique protège bien ses petits soldats du libéralisme. Et nous ne sommes pas inquiets pour le futur de cette équipe de direction qui trouvera toujours un placard doré en cas de coup dur.

Mais les hospitalier-es, eux et elles en bavent.

Car, qui, sur le terrain, réduit concrètement le déficit, si ce n’est l’aide soignante, l’infirmière ou la secrétaire débordées de tâches expédiées trop souvent à la va-vite et dans la douleur de ne plus pouvoir faire son travail correctement ? 5000 admissions en plus ne change pas le quotidien d’un directeur. Celui d’une aide soignante, oui, vraiment.

Le toujours plus avec toujours moins use. Et salement. Absentéisme et accidents de travail pleuvent. Combien de collègues quittent le navire à bout de force ? Combien en rêvent ? Combien viennent s’effondrer dans les permanences syndicales, au service de la santé au travail ou pleurent, pudiquement caché-es des regards, dans leur voiture dans un coin sombre d’un parking mal éclairé ?

La crise touche aussi les équipes médicales. Il y a bien sûr les urgences, mais d’autres secteurs sont salement touchés. Dernier exemple, la filière gériatrique qui est réduite à peau de chagrin avec 5 malheureux médecins qui résistent tant bien que mal aux pressions productivistes et à une gestion interne, disons, compliquée.

Au moment où la Comptesse de Buzyn lance l’idée d’entrées gériatriques directes pour soulager les urgences, la situation du CHRO ne semble pas devoir y répondre rapidement. Un miracle ?

Pendant ce temps le directeur parle de ses conquêtes territoriales et des nouveaux investissements (imagerie, robots chir). Fier du nouveau matériel acheté en radio mais peu disert sur le nombre de médecins radiologues et les délais d’attente scandaleux dans un hôpital public pour obtenir un rendez vous. La pudeur sans doute.

Et puis il y a les campagnes. Au sens militaire cela va de soi pour ce fin stratège. Il a étendu son emprise sur tout le Loiret avec la mise en place à marche forcée du groupement hospitalier de territoire (GHT). Il gère maintenant tous les hôpitaux, et, tel un César, envoie ses légions aux quatre coins de son empire. Main basse sur Pithiviers, sur Gien. Les médecins du CHRO ont pour mission d’aller boucher les trous provoqués par la désertification médicale organisée. Toutes les spécialités sont touchées, chirurgie, médecine, obstétrique et même urgentistes (à demi effectif réel sur le CHR). Mais nous ne pouvons oublier l’abandon en rase campagne de la maternité de Pithiviers et sa fermeture forcée. Là, l’aide du CHR était impossible compte tenu du peu de gynécologues du CHR. Autres temps, autres discours.

Ce melon médiatique a décidément un sale prix : la casse humaine dans tous les secteurs de l’hôpital, administratif, ouvrier et soignant.

L’hôpital public, ses agents, les patient-es et leur famille méritent mieux que ce langage lénifiant du tout va bien dans le meilleur des mondes. L’ensemble des hôpitaux publics est en crise, pas simplement Orléans. Tout le monde le constate. Le conflit historique des services d’urgences n’est que la partie émergée de l’iceberg. Alors à quand un langage de vérité et des décisions à la hauteur des enjeux ? Car ce qui est au centre de cette crise c’est l’accès aux soins de qualité pour toutes et tous.

Il est possible de faire bouger les lignes et de faire reculer ce gouvernement comme les ARS et leurs petits soldats achetés à coup de primes qui feraient rêver une infirmière.

La mobilisation des collègues des urgences montre la voie. Usager-es et hospitalier-es, c’est ensemble dans la lutte que nous gagnerons.

 

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Cette entrée a été publiée le 7 septembre 2019 par dans AFFAIRES, anticapitalisme, FRANCE, HÔPITAL, LOIRET, ORLEANS AGGLOMERATION, santé.