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Une trentaine d’agents de la Maison de l’enfance manifestent devant le Département à Orléans

Ce jeudi 3 octobre, des salariés de la Maison de l’enfance se sont fait entendre sur le parvis du conseil départemental, à Orléans, pour dénoncer la situation dans leurs murs. Ils doivent gérer des enfants « difficiles » et en accueillent une soixantaine pour quarante-et-une places. Certains évoquent des violences, voire des viols. Le conseil départemental, qui gère la structure, annonce des travaux et des recrutements.

« Il est temps d’aller bosser. On a des gosses à protéger ». En dépit d’une sono capricieuse, une trentaine d’agents de la Maison de l’enfance, rue du Faubourg-Saint-Jean à Orléans, ont donné de la vie à leur mouvement de grogne en parodiant les paroles de la chanson « Le coach » de Soprano. Ils ont même esquissé quelques pas d’une chorégraphie de fitness, censée représenter de manière ironique les quatre gestes de base des éducateurs : Tu accueilles, Tu observes, Tu orientes, Tu attrapes le bonheur.

Ce jeudi 3 octobre, de 13 à 15 heures, ils étaient réunis devant le conseil départemental du Loiret, qui finance cette structure pour un montant annuel supérieur à quatre millions d’euros. Elle abrite le foyer d’accueil d’urgence des enfants, confiés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE).

Depuis de nombreux mois, l’établissement fonctionne avec un sureffectif d’enfants, 67 à ce jour, pour une capacité initiale de 41.

« Les conditions d’accueil ne sont plus acceptables et les conditions de travail des agents deviennent très difficiles. Il y a urgence. On déplore des violences et même des viols. Nous demandons la création de deux nouveaux groupes d’enfants, afin d’avoir une meilleure répartition des effectifs, qui seront encadrés par deux équipes. »

CATHERINE THIBAULT (Éducatrice et secrétaire
de la section Sud)

Ainsi que des places dignes de ce nom, c’est-à-dire des lits et des chambres pour chacun.

« On parle d’association de malfaiteurs »

Pour ces éducateurs, David, Randy et un troisième qui préfère conserver l’anonymat, la mission de protection de ces enfants d’eux-mêmes et des autres n’est plus assurée : « La débrouille a ses limites. Parfois, nous n’avons plus de sèche-linge. Ou alors nous avons 1 douche pour 17 jeunes souffrant, parfois, de troubles associés. Nous ne pouvons pas empêcher les tensions. On devrait garder les enfants maximum 6 mois. Il arrive qu’ils soient là depuis 6-8 ans. Au contact d’autres, certains qui souffraient de déficiences deviennent délinquants et commettent des actes graves. Entre nous, on parle d’association de malfaiteurs. C’est fou. »

Pauline Martine, vice-présidente du conseil départemental, en charge des ressources humaines, n’est pas dupe. Elle comprend la situation, tout en rendant hommage à un personnel impliqué.

Nous sommes dans une impasse. La maison n’est qu’une structure d’accueil d’urgence. Celles qui gèrent la suite sont toutes surpeuplées. Il n’y a pas de places. Même s’il n’y a pas de solution miracle, on tourne en rond. La chaîne ne suit pas.

L’élue en appelle à l’ARS (Agence régionale de santé) et à la justice pour trouver, ensemble, des solutions. Au sujet des viols évoqués par les éducateurs, elle est au courant d’une affaire : « Une enquête est en cours« .

Pauline Martin rappelle également que le conseil départemental a beaucoup embauché cet été pour gérer la soixantaine d’enfants : « La capacité d’accueil va être étendue à 60 places. Nous allons faire des travaux en conséquence. Ils vont s’étaler sur six mois. Les premiers vont démarrer rapidement. Et du personnel sera recruté selon les ratios en vigueur. »

Face à l’amplification de ce phénomène de société, la vice-présidente estime que la situation n’est pas toujours facile à gérer. Surtout lorsqu’il faut « placer » des fratries à la Maison de l’enfance. Une des solutions pourrait être le recrutement d’assistants familiaux. « Mais nous prenons notre temps. N’est pas assistant familial qui veut. Ce n’est pas la même qu’assistante maternelle (nounou, NDLR). »

Quant aux trois éducateurs cités ci-dessus, ils espèrent que la nouvelle capacité d’accueil ne va pas être de nouveau dépassée. « Sinon, nous aurons les mêmes problèmes. »

Alexis Marie La République du Centre

 

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Cette entrée a été publiée le 14 octobre 2019 par dans anticapitalisme.