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EQUATEUR: le gouvernement RECULE face à la pression POPULAIRE !

Lenin Moreno table sur une sortie de crise après un accord avec les représentants indigènes, l’une des principales forces du mouvement social qui secoue le pays depuis plusieurs jours. Le décret à la base de la grogne devrait être abrogé.

«Nous retrouvons la paix et le coup d’Etat correiste [du nom de l’ancien président Rafael Correa] et l’impunité cessent», a claironné Lenin Moreno sur Twitter le 14 octobre. Le président équatorien, dont le pays est secoué par une révolte populaire depuis 12 jours, a en effet conclu un accord avec les meneurs du mouvement indigène, l’une des forces les plus actives de la fronde contre le décret 883, dont la promulgation a fait bondir de 100% les prix du carburant.

L’exécutif équatorien, forcé d’abandonner la capitale devant la grogne, aurait ainsi consenti à préparer «un nouveau décret qui annule le décret 883» sur l’essence. Le président de la Confédération des nationalités indigènes de l’Equateur (CONAIE), Jaime Vargas, a annoncé dans la foulée que les mobilisations anti-gouvernementales seraient levées sur tout le territoire.

Una solución para la paz y para el país: el Gobierno sustituirá el decreto 883 por uno nuevo que contenga mecanismos para focalizar los recursos en quienes más los necesitan. ¡Se recobra la paz y se detienen el golpe correísta y la impunidad! #DialogarEsElCaminoECpic.twitter.com/QfeUJpUcMk

— Lenín Moreno (@Lenin) October 14, 2019

Si d’autres forces sont présentes dans les rues équatoriennes, cet accord devrait, d’après Arnaud Peral, représentant en Equateur de l’ONU cité par l’AFP, permettre que la «mobilisation se termine».

L’annonce de cet accord a engendré des scènes de liesse dans les rues de la capitale, Quito, où les heurts ont été fréquents ces derniers jours. L’AFP rapporte en outre que des milliers d’indigènes, venus des Andes et de l’Amazonie, qui campaient depuis une semaine à Quito, commençaient à regagner leurs communautés.

Lors de la réunion de dialogue avec le gouvernement, retransmise à la télévision, Jaime Vargas avait dénoncé la «violence démesurée [des autorités] contre le peuple» ainsi qu’une politique qu’il a assimilée à du «terrorisme d’Etat». Il avait alors réclamé le départ des ministres de l’Intérieur et de la Défense «comme geste de paix sociale». Cette mesure n’a toutefois pas été confirmée, pour l’heure, par les autorités équatoriennes.

Sept personnes ont perdu la vie dans les violents combats de rue ayant opposé manifestants et forces de l’ordre depuis le début de la mobilisation, selon le bureau du Défenseur du peuple, organisme public de défense des droits. D’après la même source, 1 340 blessés sont à déplorer et 1 152 personnes ont été arrêtées.

Outre le bilan humain qui risque d’engendrer une forte rancune contre le gouvernement au sein de la population, l’économie a souffert de cette mobilisation et des blocages stratégiques, visant notamment les puits de pétrole. La distribution de près de 70% de la production de brut nationale a été suspendue pendant la mobilisation. La Chambre de commerce de Quito estimait le 13 octobre, soit avant la concertation, que les blocages coûtaient 200 millions d’euros par jour à l’économie du pays.

Lenin Moreno avait supprimé les subventions sur le carburant dans le cadre d’un accord conclu en mars avec le Fonds monétaire international (FMI), prévoyant des réformes d’austérité pour réduire le déficit public en échange d’un prêt de 4,2 milliards de dollars.

La flambée du prix des carburants, couplée à l’intransigeance et aux maladresses oratoires du président, qui a échauffé les esprits en évoquant la «fainéantise» des manifestants, a engendré une crise majeure dans le pays.

Le mouvement indigène accepte le dialogue, le président ordonne le couvre-feu à Quito !

Au onzième jour d’une crise sociale sans précédent, la principale organisation indigène du pays a accepté samedi de dialoguer avec le président Lenin Moreno alors que de violents affrontements se poursuivaient dans la capitale.

La principale organisation indigène d’Equateur a accepté, samedi 12 octobre, de dialoguer avec le président Lenin Moreno, qui a, de son côté, décrété un couvre-feu à Quito face aux « intolérables » violences, au onzième jour d’une crise sociale sans précédent provoquée par des réformes économiques en échange d’un prêt du Fonds monétaire international (FMI).

Confronté à la pire crise de son mandat, le chef de l’Etat, élu en 2017, a annoncé sur Twitter l’entrée en vigueur à partir de 15 heures (22 heures à Paris) de cette mesure dans la capitale et ses alentours, où il a également ordonné la mise en place d’un contrôle militaire.

Il avait déjà transféré, lundi, le siège du gouvernement à Guayaquil (sud-ouest), tandis que l’état d’urgence avait été décrété pour soixante jours et que 74 000 militaires et policiers avaient été déployés.

 « Après un processus de consultation avec les communautés, organisations, peuples, nationalités et organisations sociales, nous avons décidé de participer au dialogue direct » avec Lenin Moreno, a déclaré samedi dans un communiqué, avant l’établissement du couvre-feu à Quito, la Confédération des nationalités indigènes de l’Equateur (Conaie).

Mais au même moment, de violents affrontements se poursuivaient dans la capitale, entre manifestants jetant des pierres et tirant des fusées artisanales et forces de l’ordre répliquant avec des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

Des manifestants encagoulés ont en outre mis le feu au bureau de l’Inspection générale des finances, dans le nord de Quito, selon l’Agence France-Presse (AFP). Le bâtiment a été attaqué à l’aide de cocktails Molotov et, peu après, un groupe d’hommes, la plupart avec le visage masqué ou portant des casques, y est entré, le saccageant.

La ministre de l’intérieur, Maria Paula Romo, a annoncé sur Twitter l’évacuation de la zone pour que « les équipes de secours puissent lutter contre l’incendie et s’occuper du personnel qui se trouve à l’intérieur ». Elle a ajouté que 30 personnes avaient été arrêtées.

« Dehors le FMI ! »

Vendredi, dans une allocution télévisée, le chef de l’Etat avait appelé les dirigeants indigènes, fer de lance de la contestation, à « dialoguer directement » afin de « trouver des solutions » à la crise déclenchée par son annonce de réformes, en contrepartie d’un prêt du FMI de 4,2 milliards de dollars. « Il est indispensable de faire diminuer la violence », avait ajouté M. Moreno, un libéral élu sous l’étiquette socialiste.

Dans la soirée, la Conaie avait d’abord dit non, estimant que cette offre de dialogue « manqu [ait] de crédibilité ». Elle avait ajouté qu’elle ne négocierait qu’une fois « abrogé » le décret supprimant les subventions sur le carburant, la mesure la plus controversée. L’organisation accepte désormais une rencontre avec le président pour discuter du « retrait ou [de] la révision du décret », après plus d’une semaine de manifestations qui ont fait cinq morts et 2 000 blessés. Cette première réunion de dialogue doit se tenir dès dimanche à Quito, selon une annonce faite conjointement par les Nations unies et la Conférence épiscopale.

Parallèlement aux heurts samedi entre manifestants et forces de l’ordre, une marche pacifique de femmes a été organisée dans la capitale, aux cris de « Nous ne voulons plus de morts ! » et « Dehors le FMI ! »« Gouvernement, écoute les femmes. Nous voulons qu’il n’y ait pas un mort de plus ! », lançait, mégaphone à la main, Cristina Yallico, une indigène en tête du cortège.

Soutien de Washington au pouvoir en place !

Les indigènes – 25 % des 17,3 millions d’habitants – rejettent la suppression des subventions sur le carburant, qui les affecte de plein fouet : constituant 68 % des pauvres dans le pays, ils travaillent principalement dans l’agriculture et voient s’envoler les coûts de transport pour l’écoulement de leurs produits.

Les blocages de routes continuaient samedi de paralyser une grande partie du pays, tandis que les transports publics étaient quasi-inexistants. Par ailleurs, se poursuivaient aussi plusieurs mouvements de grève et des blocages de puits pétroliers en Amazonie, ce qui a déjà forcé l’Equateur à suspendre la distribution de près de 70 % de sa production de brut.

Lenin Moreno accuse son prédécesseur Rafael Correa (2007-2017), un ex-allié devenu adversaire politique, d’avoir « activé » un « plan de déstabilisation » avec l’aide du président vénézuélien Nicolas Maduro. Il a reçu vendredi le soutien de Washington qui, via son secrétaire d’Etat Mike Pompeo, a souligné les « efforts » du gouvernement équatorien « pour institutionnaliser les pratiques démocratiques et appliquer les réformes économiques nécessaires ».

 

 

 

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Cette entrée a été publiée le 15 octobre 2019 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, DEMOCRATIE, EQUATEUR.