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SNCF : «Une grève reconductible se dessine», prévient Laurent Brun Secrétaire de la Fédération CGT des Cheminots !

Par Vincent Vérier

Jean-Pierre Farandou, devenu vendredi 1er novembre le 17e président de la SNCF, succédant à Guillaume Pepy, récupère une entreprise au bord de l’explosion sociale. Pour Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots, la direction et le gouvernement ont les moyens d’éviter un conflit majeur.

Qu’attendez-vous de Jean-Pierre Farandou ?

LAURENT BRUN. Un changement de cap. Il faut qu’il gèle les restructurations en cours, par exemple la suppression des personnels dans les gares et dans les trains, ou encore la réorganisation des établissements par activité. Les cheminots n’en peuvent plus des restructurations permanentes.

SNCF Aff 1

Pensez-vous qu’il est l’homme de la situation ?

Nous allons voir quel mandat il a arraché au gouvernement. On le saura lors notre première rencontre, en fonction des sujets qu’il acceptera de discuter.

L’avez-vous rencontré depuis sa nomination ?

Officiellement, non. Je pense qu’on recevra une convocation lundi.

Le connaissez-vous ?

Je l’ai connu il y a 20 ans, dans la région de Lyon, quand il était directeur de région et moi, jeune élu du comité d’entreprise. A l’époque, il se marquait lui-même comme un homme de gauche et pragmatique.

Craignez-vous que les grèves sauvages, comme au technicentre de Châtillon, se multiplient ?

Les débrayages dans les activités matérielles, ça a toujours existé. La nouveauté, c’est qu’ils ne reprennent pas le travail. Mais c’est révélateur d’un ras-le-bol général, les cheminots sont tellement à bout de nerfs que n’importe quelle remise en cause va les énerver au plus haut point.

Avez-vous peur que les syndicats soient dépassés par la base et de ne plus pouvoir contenir ce mécontentement ?

Mais nous n’avons pas envie de le contenir ! D’ailleurs, probablement qu’en début de semaine nous allons organiser des débrayages dans les onze technicentres de TGV, mais aussi dans ceux des TER et du fret. Il y a une technicité qui s’est accrue pour exercer certains métiers dans le matériel et, pourtant, on continue de payer les gens aux smic. Ce n’est pas possible.

Vous annoncez une grève…

Non. Ce seront des débrayages d’une heure. Une mise à garde. Cela n’aura pas d’impact sur le trafic.

On a l’impression que la SNCF prend l’eau de toute part…

Il y a un phénomène de ras-le-bol généralisé. Jean-Pierre Farandou, il va falloir qu’il écoute, qu’il entende et qu’il apporte des solutions en matière d’emplois, de salaires et sur l’avenir des métiers. Une chose traumatise les cheminots : l’externalisation de leur charge de travail. L’année dernière, en Bretagne, on a demandé à des cheminots de former des salariés du privé sur leur boulot pour que l’année d’après ils fassent leur métier. Vous imaginez dans quel état ça les met ?

Est-il possible d’éviter une grève le 5 décembre ?

Cette grève du 5 décembre est confédérale. C’est le gouvernement qui peut l’empêcher en disant :« Ma réforme par points, je la remets en cause ». Pour ce qui est de la suite du 5 décembre, il faudrait que la direction de la SNCF et le gouvernement fassent des concessions importantes. Si, par exemple, il reporte la suppression du statut, ce serait un geste fort.

C’est envisageable ?

Ce n’est pas le signal envoyé. Une grève reconductible se dessine à la SNCF. Mais on va attendre que nos instances se réunissent les 7 et 8 novembre et décident. Ensuite, on se revoit le 14 novembre avec les autres syndicats de la SNCF pour se mettre d’accord sur un cahier revendicatif.

Vous prônez le dialogue et pourtant, comme Sud Rail, vous avez boycotté la rencontre au ministère des Transports sur les retraites…

Quand on est convoqué pour la première fois par le nouveau secrétaire d’Etat aux Transports, on attend d’être reçu d’abord sur les questions de transports. Parce qu’il y a des urgences. La réforme des retraites, c’est de la compétence du ministère des Affaires sociales.

Qu’est-ce que vous demandez au gouvernement ?

Qu’il arrête de taper sur les cheminots. Le discours d’Emmanuel Macron sur les retraites, en début de semaine, comme le discours d’Edouard Philippe sur le droit de retrait, c’est toujours de la violence sociale : « Je vais vous montrer que je suis le plus fort et je vais vous casser les reins ». Sur beaucoup de sujets, ça dépend du gouvernement. Sur l’emploi, l’investissement, le financement des petites lignes, s’il n’y a pas un desserrage de la trajectoire financière, vous ne pouvez rien régler. Aujourd’hui, c’est Bercy qui dirige la SNCF. On verra qu’elles seront les marges de manœuvre de Jean-Pierre Farandou. Mais on ne se contentera pas de blabla ou de poudre de perlimpinpin. On veut des mesures concrètes.

 

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Cette entrée a été publiée le 8 novembre 2019 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, CHEMINOTS, FRANCE, SNCF.