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A l’hôpital de la Timone à Marseille, « c’est la première année que je vis une telle situation »

L’AP-HM doit faire face à un nombre important d’aides-soignants et d’infirmiers en grève et une hausse des arrêts maladie des personnels.

A l’hôpital de la Timone, à Marseille, le 11 décembre. JEAN-PAUL PELISSIER / REUTERS

Epidémie d’arrêts maladie chez les infirmières des urgences, déclarations massives de grévistes chez les internes… Les personnels de l’Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM), deuxième CHU de France, sont secoués par une nouvelle crise aiguë.

A Marseille, la grève du codage des actes, qui consiste à ne pas transmettre à la Sécurité sociale les documents nécessaires au paiement, affecte en outre depuis un mois la totalité des services et dure depuis deux mois dans les services pédiatriques.

Le codage devrait rapidement reprendre. Cependant, annonce le professeur Jean-Luc Jouve, porte-parole du collectif à la manœuvre, « nous pouvons à tout moment reprendre cette grève, seul moyen de pression efficace pour nous faire entendre, qui n’altère en rien la qualité des soins et la rapidité des prises en charge ».

 

Le 5 décembre, 80 % des infirmières et aides-soignantes du service des urgences adultes de la Timone, vaisseau amiral de l’AP-HM, s’étaient mises en arrêt maladie en soutien à leur cadre supérieure de santé, qu’elles estimaient malmenée par la direction. Des urgences ont alors dû être orientées vers d’autres établissements et, pendant quelques jours, ce service qui accueille 240 patients chaque jour n’a fonctionné qu’avec sept infirmières et sept aides-soignantes, soit la moitié de l’effectif habituel.

Les services pédiatriques sont particulièrement concernés par la crise des effectifs. « C’est la première année que je vis une telle situation », déplore le professeur Fabrice Michel, chef du service d’anesthésie-réanimation pédiatrique, où toutes les opérations programmées pour la semaine écoulée ont été reportées, en raison du manque de lits.

Epidémie de bronchiolite sévère

Le service de réanimation pédiatrique est confronté actuellement à une épidémie de bronchiolite sévère mais quatre des vingt lits ne peuvent pas être « armés » en raison de cinq postes d’infirmières vacants, de sept autres absentes et d’un manque d’anesthésiste pédiatrique, empêchant un double tableau de garde. Un jeune patient a dû être transféré à Lyon pour une intervention qui ne pouvait pas attendre.

« Les personnels sont épuisés, sous pression, témoigne Audrey Jolibois, secrétaire générale du syndicat Force ouvrière de l’AP-HM. Les agents rentrent chez eux avec l’impression de n’avoir pas fait correctement leur travail, avec beaucoup de culpabilité. »

Les manques d’effectifs paramédicaux et « la déliquescence de l’organisation de l’hospitalisation publique » poussent les cadres de santé à « jongler en permanence, observe le professeur Jouve. Des infirmières d’orthopédie pédiatrique sont averties à leur prise de service qu’elles doivent aller en cardiologie et se retrouvent avec des produits qu’elles ne connaissent parfois pas, cinq seringues électriques à gérer. C’est très stressant pour elles, elles le font deux fois, trois fois, puis certaines se mettent en arrêt maladie ».

A l’hôpital de la Timone, à Marseille, le 11 décembre. JEAN-PAUL PELISSIER / REUTERS

L’erreur n’est jamais loin. « Nous avons trois internes poursuivis au pénal pour des erreurs de prescription », affirme Antoine Tichadou, président du Syndicat autonome des internes des hôpitaux de Marseille. L’AP-HM recourt à un millier d’internes et plus de la moitié se sont déclarés grévistes le mardi 17 décembre pour « défendre la qualité de [leur] formation » mise à mal par le dysfonctionnement des hôpitaux.

Le syndicat a décidé d’attaquer devant le tribunal administratif les « assignations »adressées aux internes par la direction. Celle-ci les justifie par la nécessité de « garantir la permanence de soins dans les services d’urgences adultes et pédiatriques », très touchés par la grève des internes.

 

 

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Cette entrée a été publiée le 19 décembre 2019 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, ETAT POLICIER, FRANCE, HÔPITAL, santé.