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Les 136 salariés de Luxfer à Gerzat (Puy-de-Dôme) restent soudés pour soutenir leurs collègues convoqués au commissariat

Cela va faire quatorze mois qu’ils se battent  contre des moulins à vent. Sur les 136 salariés de l’usine Luxfer, 126 ont été licenciés pour motif économique, un motif qu’ils contestent et qui d’ailleurs a été rejeté par l’Inspection du travail qui a ainsi fait obstacle au licenciement des dix représentants du personnel.

La fatigue et la colère s’accumulent chez les Luxfer de Gerzat (Puy-de-Dôme). Depuis onze jours, l’usine est occupée pour éviter son démantèlement. Ce vendredi matin, les ex-salariés Luxfer ont défilé dans la ville pour soutenir trois collègues convoqués, jeudi, au commissariat pour dégradations et pour dénoncer « l’abandon de l’Etat, complice des multinationales ».

Les salariés risquent jusqu’à un an de prison et 30.000€ d’amende

« On nous poursuit pour des dégradations alors que c’est Luxfer qui cherche à détruire notre usine, c’est un peu fort ! C’est de l’intimidation. Ils s’en prennent à trois salariés protégés qu’ils n’ont pas pu licencier pour nous virer d’une autre manière », explique Axel Peronczyk, délégué du personnel CGT.

En effet, alors que 136 salariés faisaient tourner cette usine de pointe qui fabriquait notamment des bonbonnes pour appareils respiratoires pour l’oxygénothérapie et des appareils respiratoires isolants (ARI) pour les sapeurs-pompiers, 126 ont été licenciés pour raisons économiques. Un motif que 111 salariés ont décidé dec contester aux Prud’hommes et que l’Inspection du travail, obligatoirement consultée pour les salariés protégés, a elle-même rejeté, s’opposant, ainsi au départ des dix représentants du personnel. En lutte depuis quatorze mois.
« On nous oppose une perte de compétitivité sur les extincteurs alors que nous ne fabriquions plus ces produits depuis 2011 à Gerzat », expliquait encore Axel Peronczyk.

« Encore une fois, on va sur le terrain pénal pour tenter d’éteindre un mouvement social !  L’Etat pourrait faire des choses, mais il n’en a pas la volonté politique. Pour le gouvernement, les lois du marché doivent tout réguler sans intervention de l’Etat», a déclaré Me Borie qui accompagne les Luxfer dans leur lutte alors que les trois salariés convoqués risquent jusqu’à un an de prison et 30.000 euros d’amende.

15% seulement ont retrouvé un emploi, précaire souvent

Ce matin, vendredi 31 janvier, près de 150 personnes ont donc défilé dans Gerzat pour soutenir les trois salariés convoqués, jeudi, au commissariat et interpeller les pouvoirs publics – municipalité, préfecture et ministres du gouvernement – « qui se taisent depuis le début ». Les Luxfer dénoncent « un Etat tueur d’emplois. Un Etat complice des multinationales et qui laisse les personnels se fatiguer et sans interlocuteurs ».

«Pendant plus de 4 mois, Luxfer a refusé de respecter les obligations du plan de licenciement en refusant de rembourser les frais de formation. Luxfer a aussi refusé le projet de revitalisation porté par les salariés pour sauver 55 emplois. Jamais l’Etat n’a rappelé Luxfer à ses obligations !  Personne ne s’inquiète non plus des risques de pollutions que fait courir le site à la population gerzatoise.» Axel Peronczyk, délégué du personnel CGT.. Photo Remi Dugne

 

À chaque fois, on rencontre des fonctionnaires qui nous disent qu’ils ne sont que des porteurs de messages, pas ceux décident. Mais qui décide?  Macron? Le Maire? On nous a dit qu’ils ne viendraient pas! Même localement, personne ne se déplace. Il faut bloquer un rond-point pour que la préfète nous appelle! Les multinationales cassent tout et font du dégraissage industriel.  On veut que l’Etat dise que ce qui se passe avec Luxfer est anormal !

Axel Peronczyk

 

Si la tension monte, c’est aussi que pour l’heure, seuls 15 % des salariés licenciés, ont retrouvé un emploi, dont la moitié en contrat précaire et à plus de 30 km de chez -eux . Dans quatre mois, les indemnités chômage des ex-salariés vont baisser drastiquement mais dans le même temps, ils ont appris que Luxfer pourrait encore percevoir du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi),  «du CICE qui a financé nos licenciements et qui profite à des actionnaires qui délocalisent hors CEE», disent plus qu’amers les ex-Luxfer.

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Cette entrée a été publiée le 2 février 2020 par dans Actualités des luttes, anticapitalisme, FRANCE, LICENCIEMENTS.