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Le coup de gueule d’une interne de l’hôpital d’Orléans : « On nous envoie au front sans armure »

Interne en gynécologie au centre hospitalier régional d’Orléans (CHRO), Maryame El Gani s’indigne de la pénurie de matériel de protection pour le personnel hospitalier.

Maryame est interne en gynécologie et membre du Syndicat des internes de Tours. Et elle pousse un véritable coup de gueule à propos de la gestion de la crise du Covid-19. « On est en guerre et on envoie les gens au front sans armure ! », s’indigne le médecin en poste à l’hôpital d’Orléans.

Originaire de l’Est de la France, elle sait que la situation est difficile dans sa région et craint le pire pour le reste du pays. « On a tellement peu de masques, de gel hydroalcoolique ou de tunique de protection qu’on est obligé de faire de la logistique en plus de soigner les gens. Et c’est pire en ville, chez les généralistes qui ont peu, voire pas de masques du tout », poursuit-elle.

Confinée dans son appartement le week-end dernier en raison d’une suspicion de coronavirus, Maryame a donc remué ciel et terre pour trouver du matériel : « J’ai contacté un fabricant de masques aux États-Unis grâce à un contact en Chine, un copain de lycée qui travaille chez Adidas. Il pourrait fournir plusieurs établissements français. Du coup, j’ai communiqué leurs coordonnées à la centrale d’achats des hôpitaux de France à Lyon, en espérant que l’hôpital d’Orléans pourra en bénéficier car l’État bloque tout ce qui entre sur le territoire ».

Seules trois usines en France fabriqueraient des masques et selon l’interne, « elles n’arriveront jamais à fournir tous les hôpitaux ». La jeune femme a également contacté le syndicat des industries textiles qui a mis en place une plateforme à destination de toutes les entreprises de textile qui pourraient participer à l’effort de guerre.

« Pourquoi l’État n’impose-t-il pas l’effort de guerre ? »

Pour trouver du gel hydroalcoolique, Maryame a contacté le secteur de la cosmétique : « Dior et LVMH en fabriquent déjà et, à Orléans, Dior m’a assuré qu’une dotation pour le CHRO était prévue dans leurs commandes. De son côté Shiseido, qui fournit Oréliance, va essayer d’augmenter sa production. En revanche, j’ai eu d’autres industriels de la parfumerie qui préfèrent fermer leurs usines. Je ne comprends pas que l’État n’impose pas de participer à l’effort de guerre ! C’est révoltant. »

Parce qu’elle ne manque ni d’idées ni d’énergie, Maryame a alors entrepris de contacter les doyennes des facultés de pharmacie de Tours et de Besançon afin que les externes et les étudiants en pharmacie en produisent dans leurs laboratoires. « Les officines pourraient le faire en ville, mais elles sont déjà débordées », poursuit encore l’interne.

« Cette crise est vraiment mal gérée », conclut la jeune interne. « Trois médecins ont déjà porté plainte contre Édouard Philippe et Agnès Buzyn, et le syndicat Jeunes médecins et l’Intersyndicale nationale des internes ont saisi le Conseil d’État pour obliger le gouvernement à prendre ces mesures drastiques »

K.B. La République du Centre

 

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