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À Saran, les salariés de Deret Logistique appelés à reprendre le travail ce mardi 24, souvent « avec la peur au ventre »

Face à la pandémie de Covid-19, d’après la CGT, il avait été décidé, la semaine dernière, au sein de la puissante société Deret Logistique (Saran), que seuls les salariés s’en sentant le courage pouvaient venir travailler. L’appel récent de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, à continuer de faire tourner l’économie française, a peut-être bien joué dans la décision de la direction : rappeler tout le monde à son poste dès ce mardi 24 mars.

Un message anonyme à La Republique du Centre, de la part d’un employé angoissé de l’entreprise Deret Logistique, basée à Saran : « Je vous écris ce message, car je souhaite vous informer que l’entreprise oblige ses employés à reprendre le travail ce mardi 24 mars, alors que la quasi totalité des dossiers gérés par celle-ci font partie du luxe. »

Une information confirmée sur le site deret.fr, où il est écrit ceci : « La situation
que nous vivons depuis plusieurs jours est inédite et oblige à prendre des décisions pour adapter nos organisations, avec comme principales préoccupations la santé et la sécurité de l’ensemble de nos collaborateurs, mais aussi le maintien du service apporté à nos clients. Le gouvernement, en ne limitant pas le travail aux activités essentielles, contraint les entreprises à maintenir leur activité afin de préserver l’activité économique de notre pays. »

Raison pour laquelle « la direction a décidé la reprise de l’ensemble des activités de Deret Logistique et de ses filiales, ainsi que de Deret transporteur, à compter du mardi 24 mars. L’ensemble du personnel est attendu aux horaires habituels de prise de poste à partir de cette date ».

« Je reçois des appels de salariés toute la journée »

L’employé anonyme angoissé à cette idée – gageons qu’il n’est pas le seul dans ce cas-là – s’interroge : « Vu l’ampleur que prend le coronavirus en Italie, en Espagne…, et le confinement que nous subissons, et qui ne semble pas assez important d’après les médecins, je m’inquiète à l’idée d’aller travailler dans des conditions dangereuses pour moi et mon entourage et surtout pour un secteur non vital. Sont-ils vraiment dans leur droit de nous faire travailler pour un métier qui n’est pas de première nécessité ? »

« C’était sur la base du volontariat. Je dirais que sur peut-être 1.500 salariés, une centaine était là. Je suis moi-même allée travailler, avec la peur au ventre. » : Patricia Guénant Déléguée CGT chez Deret Logistique

Ce lundi matin, nous ne sommes pas parvenus à joindre les responsables de la société, qui est autorisée au regard de la loi à rappeler ses employés, tant que le gouvernement ne décrète pas le contraire.

Nous sommes néanmoins parvenus à joindre Patricia Guénant, déléguée syndicale chez Deret Logistique. La Cégétiste nous apprend que, la semaine passée, ne sont venus travailler dans les immenses entrepôts saranais que les employés qui s’en sentaient le courage. « C’était sur la base du volontariat. Je dirais que sur peut-être 1.500 salariés, une centaine était là. Je suis moi-même allée travailler, avec la peur au ventre », confesse-t-elle. Ce qui arrive « quand les gens continuent de commander des produits sur Internet… Nous ne sommes pas les seuls dans cette situation, toutes les entreprises de logistique de France vivent ce que l’on vit. »

Son appel « au confinement total des Français »

Le cap entre le nombre total de salariés et ceux venus travailler la semaine passée semble traduire à lui seul les craintes ressenties à l’idée de rejoindre les immenses entrepôts. Patricia Guénant poursuit : « Je reçois des appels de salariés toute la journée, au moins une cinquantaine depuis ce week-end. Ils sont tous très inquiets à l’idée de reprendre. »

La syndicaliste assure être en contact à ce sujet avec la direction de Deret Logistique, « mais la réponse est toujours la même : le client demande à ce que l’on poursuive l’activité », entre, précise-t-elle, « masques fournis aux employés, gel hydroalcoolique, postes de travail espacés et pauses organisées par petits groupes… » Le client demande à ce que se poursuive l’activité, certes, mais aussi la ministre du travail Muriel Pénicaud, qui refuse de voir l’économie du pays s’arrêter.

Patricia Guénant appelle aujourd’hui, au nom de son syndicat la CGT, « au confinement total des Français ». Celui qui renverrait notamment chez eux les salariés de Deret Logistique, dont l’activité, rappelons-le, touchant essentiellement au secteur du luxe, n’est pas essentielle dans la « guerre » que livrent aujourd’hui les Français au Covid-19. « Mais tant que le gouvernement ne dit pas que l’on doit s’arrêter, on est obligé d’aller travailler, si on veut manger. Alors, on y va, avec la boule au ventre. »

David Creff     (La République du Centre)

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