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André Grimaldi : « Il peut y avoir une explosion de colère chez les soignants »

Le 17 mai, Olivier Véran a évoqué dans le JDD un plan Ségur pour la santé. Les annonces du ministre de la santé sont-elles à la hauteur ? Le Professeur André Grimaldi est l’invité de

 Sur le choix de l’hôpital public 
« Quand j’étais jeune interne, nous voulions tous rester à l’hôpital public. Parce que c’était le lieu d’un progrès scientifique et d’une grande liberté. »
« Quand j’étais jeune interne, on avait le sentiment de marcher avec le progrès. »
« Aujourd’hui à l’hôpital public, moins vous vous occupez du soin, moins vous risquez d’être malheureux. C’est ce qui a changé avec le COVID puisque la mobilisation s’est faite pour le soin. »
« Aujourd’hui les jeunes soignants ont le sentiment d’être dans un carcan de contraintes. Nous avions le sentiment d’une immense liberté. On avait le sentiment d’innover en permanence. »

 Sur la culture de l’hôpital public  
« On est passé à une gestion commerciale de l’hôpital public qui est devenu une entreprise comme une autre. »
« Dans la loi de 2009 de madame Bachelot on dit que pour être directeur d’hôpital, il n’y a pas besoin de formation de santé publique. »
« La terminologie de l’hôpital a changé : on a adopté le code du commerce, on parle de directoire, de conseil de surveillance, de gain de productivité. On ne dit plus qu’on est dévoué mais qu’on travaille à flux tendu et on est passé du patient au client. »

 Sur la paupérisation de l’hôpital 
« A partir de 2008, la contrainte budgétaire s’est ajoutée a la contrainte commerciale. »
« Les hôpitaux ont été mis en déficit donc on a diminué les investissements et la masse de personnels a été attaquée. »
« Il n’y a plus de projet médical mais un business plan pour l’hôpital. »

 Sur les 35h dans l’hôpital public  
« La loi des 35h a été une catastrophe dans son mode d’application dans l’hôpital. »
« Les 35h ont été une raison pour bloquer les salaires. »
« Certaines infirmières, pour gagner un peu plus font des piges dans des cliniques en plus de l’hôpital. »
« La question est seulement d’avoir des embauches suffisantes et de payer les heures supplémentaires. »
« Il y a beaucoup d’heures supplémentaires dans hôpitaux qui ne sont pas payées. »
« De cette crise peut naitre le meilleur, c’est-à-dire l’idée que la santé est un bien commun qui doit être ni privatisée, ni étatisée. »

 Sur la mobilisation des soignants 
« On a freiné le processus, on ne l’a pas inversé [cf. la gestion commerciale de l’hôpital]. »
« Le président Macron est un grand communicateur. »
« Il y a eu un recul dans les mots mais pas dans les actes : on dit qu’on ne fait plus l’hôpital-entreprise mais en pratique c’est ce qu’on fait. »
« Il y a une méfiance dans la population, et plus encore chez les soignants, dans les annonces du gouvernement. »
« Il peut y avoir une explosion de colère chez les soignants. Il peut aussi y avoir un phénomène de délitement : les gens écoeurés partent. »
« Un tiers des infirmières, cinq ans après leur diplôme d’Etat, changent de métier. »
« Il peut y avoir des explosions sociales plus générales. C’est pour ça que le gouvernement accélère. »
« Macron est un séducteur mais on est habitué et il faut se méfier des séducteurs. »
« Je dis à Macron : prouve nous que tu nous aimes. »

 Sur la crise sanitaire  
« Pendant la crise, il n’y avait plus qu’une seule maladie à l’hôpital. Tout le reste n’existait pas. »
« L’éthique est devenue la règle commune partagée. Ce qui soude c’est le travail d’équipe qui a été très abimé mais que le Covid a ranimé. »
« Le Covid a été une loupe grossissante à la fois sur les forces de l’hôpital mais aussi ses faiblesses. »

 Sur les annonces du gouvernement 
« Dans l’interview d’Olivier Véran dans le JDD, il y a quand même deux contre vérités, ou inexactitudes pour être poli. Comme pour les masques, ça créé de la suspicion. »

 Sur la capacité de l’hôpital à faire face à une nouvelle vague 
« Rationnellement, on a envie de dire que les gens sont épuisés et c’est pas sûr qu’ils puissent tenir. »
« S’il y a une deuxième crise et que l’hôpital craque, c’est pas une crise sanitaire mais une crise politique majeur avec des émeutes. On acceptera pas que l’on entasse les morts à la Pitié Salpêtrière. »
« Il est urgent d’obtenir la paix sociale dans les hôpitaux. »

 Sur les médailles aux soignants 
« [Cette histoire de médaille] a été très mal pris par les personnels soignants. »
« On dit aux soignants : on vous paye avec de la fausse monnaie. »
« Le président se croit au temps de Bonaparte avec des gens fiers de mourir pour l’Empereur. »
« C’est une erreur de communication majeure. »
« Ce qui m’inquiète ça n’est pas tant notre président que notre République monarchique. »
« J’ai appelé à voter pour Emmanuel Macron mais je n’ai pas appelé à voter pour l’austérité dans les hôpitaux. »
« On a une démocratie défaillante. »
« On découvre de manière dramatique que la France n’est plus une puissance industrielle. »

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