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Belleville-sur-Loire : Le projet de stockage des déchets nucléaires abandonné !

Deux ans après les premières révélations, EDF a finalement renoncé à entreposer ses déchets nucléaires sur le site de Belleville-sur-Loire, dans le Cher. Elus locaux et habitants s’étaient fortement mobilisés.

« La région Centre-Val de Loire n’a pas vocation à devenir la poubelle nucléaire de la France » tonnait le président de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau, en février 2018. Il y a deux ans, le site spécialisé Reporterre révélait les intentions d’EDF de construire dans cette ville du Cher une nouvelle piscine de stockage des déchets nucléaires. 
 
Le projet avait provoqué un tollé de la part des responsables régionaux, locaux, et des riverains. Une quinzaine d’associations s’étaients fédérées pour fonder la coordination « Piscine nucléaire stop » et mettre la pression sur les décideurs. « Alors que notre région, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, est reconnue pour son exceptionnelle nature, et qu’elle porte déjà l’effort le plus important de France avec 4 centrales nucléaires implantées sur son territoire, il était inconvevable d’accepter un tel projet » écrit François Bonneau. 
 
EDF doit présenter à la fin de l’année son projet 2020 pour soulager le site de stockage des déchets nucléaires de la Hague, qui arrive à saturation. Mais le président de région a été en mesure d’annoncer, ce 29 juin, que la région Centre-Val de Loire ne sera pas concernée par l’implantation d’une piscine de stockage. « C’est une très belle victoire, pour nos habitants et notre territoire » a réagi François Bonneau, qui salue « le combat des associations, des habitants et des élus locaux ».

Traitement des déchets nucléaires : « Il y a un risque de saturation de la Hague » selon l’IRSN

Auditionné par l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, le directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), Jean-Christophe Niel, avertit du risque que les piscines de traitement de déchets de la Hague soient pleines à horizon 2030. Et encore plus rapidement « en cas d’aléa ».

C’est un site qui depuis longtemps est la bête noire des anti nucléaires : le site de la Hague, dans la Manche, et ses quatre piscines qui accueillent des combustibles nucléaires usités. Problème, il entre plus de nouveaux déchets qu’il n’en sort de ce site. Avec le risque de ne plus être en capacité de stocker l’ensemble de ces déchets dans 10 ans.

C’est en tout cas ce qu’affirme le directeur général de l’IRSN, Jean-Christophe Niel, lors de son audition devant les députés et sénateurs de l’office parlementaire des choix scientifiques et technologiques à qui il présentait le rapport annuel 2019 de l’Institut, publié dans la foulée de cette audition.

Risque de saturation à la Hague

Jean Christophe Niel a pris le temps d’expliquer les raisons de cette crainte : « Dans le domaine des installations nucléaires, une bonne base pour la durée d’installation c’est 10 ans. Si on veut éviter de se retrouver devant une situation difficile il faut l’anticiper 10 ans avant. » Et justement, les derniers examens de contrôle des stocks « avaient conclu à un risque de saturation des piscines de l’établissement de la Hague à une échéance 2030 ». En clair, c’est maintenant ou jamais qu’il faut prévoir d’autres solutions.

D’autant que cet horizon de 2030 sera atteint « en régime normal, sans aléas » selon une étude de l’IRSN. « Par contre s’il y a un aléa, par exemple sur l’usine Melox (dans le Gard ndlr) ou l’usine de la Hague, évidemment le remplissage des piscines peut être beaucoup plus rapide ».

Une urgence, plusieurs pistes

Le directeur général tire donc la sonnette d’alarme, comme l’a fait avant lui le gendarme du nucléaire, l’Autorité de sûreté nucléaire, devant les sénateurs le 28 mai dernier. « Il y a effectivement la nécessité de disposer à cette échéance-là de capacités supplémentaires » avertit-il. Avant de préciser qu’EDF semble avoir pris la mesure du problème puisque selon Jean-Christophe Niel, « EDF doit déposer un dossier de demande d’autorisation en fin d’année » pour la construction de nouvelles piscines centralisées. Et de préciser aussi, hasard ou pas du calendrier, qu’une publication a eu lieu aujourd’hui même au Journal Officiel, sur demande du ministère de la Transition écologique, prévoyant « une demande d’étude d’entreposage à sec », une technique jamais utilisée jusque là en France.

Des opposants déjà mobilisés

Cela ne règle pas la question de l’urgence, car dans les deux cas, nouvelles piscines ou entreposage à sec, le projet mettra du temps à voir le jour. La course contre la montre est lancée. Les parlementaires ont promis de surveiller avec attention ce sujet.

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