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Blois : 150 personnes marchent pour Angelo Garand

Aurélie Garand a versé de la peinture rouge au sol devant le palais de justice, symbolisant le sang de son frère.
© (Photo NR, Jérôme Dutac)

À l’appel des proches d’Angelo Garand, 150 personnes se sont mobilisées samedi 27 juin 2020 à Blois pour dénoncer les violences policières et les décisions de justice.

Mon frère a été abattu comme un chien. Pour moi, c’est une exécution. Les mots de colère d’Aurélie Garand ont résonné sur la place de la Résistance et dans les rues de Blois samedi après-midi. La famille d’Angelo Garand a organisé une marche, un peu plus de trois ans après sa mort. L’homme de 37 ans a été tué par l’antenne du GIGN de Joué-lès-Tours à Seur en mars 2017. Les gendarmes étaient venus l’interpeller parce qu’il n’avait pas réintégré la prison de Poitiers suite à une permission de sortie. Une marche qui intervient quelques jours seulement après que le pourvoi de la famille a été déclaré « non admis » par la Cour de cassation. Il n’y aura donc pas de procès public, comme réclamé par les proches d’Angelo, mais Aurélie Garand entend bien poursuivre son combat devant la Cour européenne des droits de l’homme et obtenir la condamnation de l’État français.
« Pas de justice pas de paix »La marche a réuni environ cent cinquante personnes, venues dénoncer les violences policières. Parmi elles, des femmes dont les frères sont également décédés lors d’une intervention de la police ou de la gendarmerie. Toutes réclament justice. « Pas de justice, pas de paix » ont scandé les participants à de multiples reprises. Tout comme ils ont égrené les noms des différentes victimes : Lamine, Boubacar, Mehdi… Des pancartes avec leurs portraits étaient brandies par les manifestants.1/23


Aurélie Garand, comme les autres familles ainsi que le collectif « Désarmons-les ! », s’insurge contre l’article L435-1 du Code de sécurité intérieure qui régit l’usage des armes par les forces de l’ordre. Un « permis de tuer » pour les manifestants : « La mort d’Angelo, c’est une exécution légale dans le pays des droits de l’homme ! On a tué mon frère, mais je resterai digne. On lutte pour Angelo, on lutte pour tous, on lutte pour le droit à la vie. »
La marche a mené les participants jusque devant le palais de justice de Blois où la sœur d’Angelo Garand a versé de la peinture rouge au sol, pour symboliser le sang de son frère. « Ne vous inquiétez pas, ça partira, a-t-elle lancé à l’adresse des policiers qui encadraient la marche. Mais ma peine non. »

> Mars 2017 : Angelo Garand est tué par deux gendarmes de l’antenne GIGN de Joué-lès-Tours lors de son interpellation.
> Octobre 2018 : le juge d’instruction de Blois rend une ordonnance de non-lieu, retenant la légitime défense. Les militaires avaient été mis en examen un an plus tôt pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner avec usage d’une arme.
> Février 2019 : la chambre d’instruction de la cour d’appel d’Orléans confirme le non-lieu.
> Juin 2020 : la chambre criminelle de la Cour de cassation décide de la non-admission du pourvoi formé par la famille Garand.

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