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Macron et les soignants. De l’hommage sur les Champs-Elysées aux gaz lacrymos en manif

Ce 14 juillet, le défilé militaire traditionnel mettait à l’honneur les personnels soignants afin de les remercier pour leur rôle dans la crise sanitaire. Une belle mascarade quand on sait que le Ségur de la santé, qui s’inscrit dans la droite lignée de la casse de l’hôpital public commencée il y a plusieurs années, a été signé hier et que les soignants manifestaient pour de meilleures conditions de travail.

2100 personnes étaient présentes ce matin pour assister au défilé militaire rendant “hommage” aux soignants. 1400 soignants, invités et triés sur le volet, sont venus se placer à côté des militaires place de la Concorde sous les applaudissements.

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Car la casse de l’hôpital public se déroule depuis plusieurs années maintenant, et c’est bien elle qui a conduit au désastre que nous avons connu pendant la pandémie. Rien qu’entre 2013 et 2019, 13 631 lits ont été supprimés dans l’hôpital public. La pandémie du Covid-19 n’a pourtant pas arrêté la classe dirigeante de vouloir fragiliser toujours plus l’hôpital public, et à peine la première vague passée, le gouvernement s’est empressé d’organiser un Ségur de la santé pour mettre en place ses prochaines attaques. Ainsi, Castex a signé hier ce fameux Ségur, annonçant que “personne ne doit douter qu’il s’agit d’un moment historique”. En effet, moment historique pour la bourgeoisie que celui où les 35h dans l’hôpital public vont être assouplies. En revanche, l’augmentation de minimum 300 euros exigée par les soignants passe à la trappe et est remplacée par une compensation de 90 euros à peine pour rattraper l’inflation de ces dernières années. « Les soignants n’auront pas un centime cette année, le #SegurDeLaSante est une imposture ! Rien sur les salaires avant le vote du #PLFSS et les textes début 2021. On veut 300 euros maintenant pour les #infirmiers pas 90 euros à titre rétroactif, un an après le Covid-19 », a dénoncé le syndicat infirmier SNPI CFE CGC.

Alors que le gouvernement organisait un hommage en bon et du forme aux soignants, les plus combatifs se sont rassemblés dans différentes villes de France comme Toulouse, Bordeaux ou Paris, pour signifier leur colère et leur insatisfaction. Beaucoup ne croient pas aux promesses faites par l’exécutif, qui cachent encore de possibles coupes budgétaires sur le matériel ou l’entrée de partenaires privés à l’hôpital. Comme l’expliquait Sandrine à la manifestation parisienne à République : « On gave les entreprises avec 45 milliards de budget supplémentaire, alors que nous on nous donne 7,5 milliards pour nous faire fermer notre bouche. »

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A Paris, la manifestation a même été lourdement réprimée en fin de parcours. La contestation exprimée encore par une partie des travailleurs de la santé déplaît fortement et un mouvement dans la santé fait peur au gouvernement qui cherche à tout faire pour gagner sur le terrain du dialogue social, pour empêcher toute fronde des secteurs essentiels contre la politique menée pendant la crise sanitaire.

Le Ségur de la santé ainsi que le simulacre d’hommage aux soignants du 14 juillet s’inscrivent dans une tentative d’instrumentalisation du gouvernement qui a pour but de canaliser la colère des soignants afin d’avoir le champ libre pour préparer les nouvelles attaques contre l’hôpital public. Face à ça, il est nécessaire d’opposer une riposte à la hauteur des enjeux et de développer un vrai programme pour l’hôpital public.

Face à l’hypocrisie d’un gouvernement qui applaudit les soignants et signe la mort de l’hôpital public dans leur dos aux côtés de directions syndicales traîtres (CFDT, FO, Unsa), il faut dénoncer l’accord sur la santé mais aussi faire converger la lutte pour l’hôpital public avec la lutte contre les licenciements, mais également contre les violences policières. Les manifestations aujourd’hui ont montré que le mouvement a du mal à se lancer, du fait des dates éparses de mobilisation et de l’écho que peuvent avoir les promesses, même insuffisantes du gouvernement. Mais il est très important de mettre en place un plan de bataille qui permette d’imposer un réel rapport de force, aux côtés des autres secteurs qui ont intérêt à lutter. De ce point de vue, la direction proposée par les organisation syndicale, qui couplent participation au Ségur et journées de mobilisation séparées des unes des autres, ne peut que mener vers l’essoufflement du mouvement et une défaite. Face aux attaques de la bourgeoisie et à la crise économique qui nous attendent, il est nécessaire d’imposer l’unité de nos rangs.

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