NPA Loiret

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Les hommes et la domination masculine !

Déni du patriarcat, accusation d’opposer les sexes, de généraliser, et la pleurniche masculine sont des procédés souvent utilisés par les hommes qui refusent de penser leur domination. J’ai moi-même subi ces critiques avec de belles insultes virilistes. Je vais donc y répondre avec un peu plus d’intelligence que les masculinistes, qui bien souvent, se sont arrêtés au titre du billet.

L’impossibilité des hommes de penser la domination masculine

Le 10 septembre 2020, j’ai écrit un billet sur le harcèlement sexiste de masse qu’avait subi l’artiste Angèle sur les réseaux sociaux. Face à l’accusation d’agression sexuelle portée contre son frère Roméo Elvis dont que ce dernier a reconnu, des dizaines de milliers de personnes ont sommé la chanteuse de condamner son comportement. Cette attitude collective misogyne s’inscrit totalement dans la culture du viol. On invisibilise la véritable victime tout en déresponsabilisant l’agresseur, pour mettre sur le devant de la scène une personne qui n’a aucune culpabilité dans cette affaire, si ce n’est cette culpabilité intemporelle d’être une femme et féministe. C’est donc avec une grande jouissance perverse que les masculinistes ont vu l’opportunité de « coincer » Angèle, en lui exigeant de choisir entre ses engagements féministes et sa « loyauté » envers son frère, dont elle condamnera rapidement son comportement.

Pour ce billet, « Angèle au pays de la domination masculine », j’ai reçu un certain nombre de critiques et d’insultes masculinistes sur les réseaux sociaux[1], bien que j’imagine que la majorité de mes détracteurs ne se sont arrêtés qu’à la lecture du titre. En enregistrant les données, j’ai réalisé un tableau statistique qui certes a ses limites, mais suffisamment crédible pour l’utiliser ici et qui cimentera le propos du billet : l’impossibilité pour les hommes-cis de remettre en cause la domination masculine, et de comprendre leur genre comme une construction sociale dont ils tirent tous les privilèges du patriarcat.

A la suite de mon billet, les réactions furent les suivantes : 67 % des personnes qui ont aimé l’article sont des femmes ; 81 % qui ont utilisé la notification « J’adore » et « Solidaire » également ; et 92 % qui se sont moqués du billet sont des hommes. En conclusion, 75 % des notifications positives ont été émises par des femmes. En ce qui concerne les commentaires : 75 % des hommes ont exprimé une remarque négative tandis que 80 % des femmes ont formulé un avis positif. Par ailleurs, 70 % de l’ensemble des commentaires ont été écrits par des hommes. Alors que la critique du billet repose sur le système patriarcal, ce sont bien les hommes qui se sont rués sur l’article pour le condamner, invisibilisant à nouveau la parole des femmes déjà noyée au quotidien. Face à la puissance de la sororité pour lutter contre la domination masculine, les hommes ont également leur solidarité, le « Bros before Hoes » (nos potes avant les putes), leur permettant de légitimer et de protéger ensemble leur bonne virilité.

Dans ce billet, je vais répondre aux polémiques masculinistes les plus récurrentes que j’ai reçu. D’ailleurs, ce sont très souvent les mêmes procédés rhétoriques qui sont utilisés par tous ces hommes angoissés lorsqu’ils font face à la contestation de leur virilité. Les 4 procédés sont le déni du (patriarcat) viriarcat, l’accusation d’opposer les sexes, l’accusation de généraliser et la pleurniche masculine.

1. Argument n°1 : le patriarcat n’existe pas

Pour commencer, quoi de mieux que le déni même de ce rapport de domination qu’est le viriarcat. Pour ce billet, je substitue ce terme à celui de patriarcat, reprenant ainsi la thèse de la philosophe féministe Olivia Gazalé. Sans vouloir faire perdre toute la puissance historique et conceptuelle du terme de patriarcat, celui de viriarcat a cette force de définir le cœur du problème de la domination masculine qu’est l’ordre normatif de virilité, c’est-à-dire la « supériorité historique du principe masculin sur le principe féminin », qui s’opère par la façon singulière qu’on les hommes de se socialiser. Nous verrons cela plus loin dans la deuxième partie. Le système viriarcal est donc un système idéologique qui a permis de rendre naturelle l’infériorité de la femme vis-à-vis de l’homme, mais également l’oppression de certains hommes qui ne rentrent pas dans son cadre normatif, telles que la personne homosexuelle et la personne handicapée.

Revenons au déni du système viriarcal, argument princeps des hommes voulant garder la pureté de leur virilité. La domination masculine s’est construite dès les origines de la civilisation. Sa justification s’est développée au fil des siècles par et pour les hommes grâce à la biologie, la religion, la philosophie, l’art, la littérature, la psychanalyse, le droit, permettant la création d’un véritable cadre idéologique imposant un système politique, social et économique dont les femmes ont été exclues. La domestication historique des femmes n’est qu’une construction sociale et politique qui repose sur des croyances, des normes, des valeurs, des représentations, mais naturalisées en condition biologique, donc indiscutable.[2]

Pour comprendre que la domination masculine est un phénomène social structurel, je vais prendre deux exemples : le champ du travail et les violences.

a. Les inégalités économiques

Selon OXFAM, citant une étude de l’INSEE datant de juin 2020, le salaire des hommes est en moyenne de 28,5 % plus élevé que les femmes. Cette différence s’explique principalement par le fait que les femmes détiennent les postes les plus dévalorisés financièrement et socialement sur le marché du travail, comme l’aide à la personne et l’aide à domicile. Par ailleurs, 78 % des emplois à temps partiel sont détenus par des femmes tout comme 70 % des CDD et des contrats intérimaires. Même en réduisant la lunette « à poste et compétences égales », l’écart de salaire est de 9 %. Ces inégalités ont des fortes répercussions sur les retraites puisque les pensions féminines sont inférieures de 42 % à celles des hommes, et 26 % avec la prise en compte des pensions de réversion. En ce qui concerne les postes de pouvoir, elles sont encore sous-représentées que ce soient dans les postes d’encadrement, dans l’ingénierie ou dans la politique. De plus, elles sont absentes des comités exécutifs des grandes entreprises françaises, notamment dans les instances de décision du CAC40.

b. Les violences physiques et sexuelles

A propos des violences physiques, sexuelles et psychiques, les hommes doivent comprendre qu’elles ne sont pas le fruit d’un rapport individuel dysfonctionnel totalement dépolitisé entre deux personnes. Elles sont le fruit d’un rapport structurel de domination qui implique la permission d’une pratique de la violence par les hommes au sein de la relation hommes-femmes. Pour se faire à cette réalité, il suffit simplement de prendre connaissances des chiffres issus des enquêtes de victimation. En France, il y a eu 146 féminicides en 2019. On considère que chaque année, environ 220 000 femmes sont victimes de violences physiques et ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Annuellement se produit entre 70 000 et 93 000 viols et tentatives de viols sur les femmes adultes (227 000 viols et tentatives en comptabilisant les enfants (125 000) et les hommes (16 000) ). L’écrasante majorité des viols sont commis à 80 % par des proches de la victime dont 98 % des auteurs sont des hommes. La France, c’est donc un viol toutes les 3 minutes ! Par ailleurs, une étude de l’institut Ifop a montré que 12 % des femmes âgées de plus de 18 ans ont été victimes d’un ou de plusieurs viols au cours de leur vie.

En ce qui concerne les agressions sexuelles, les enquêtes de victimation montrent qu’une femme sur trois sera victime d’un moins une agression sexuelle dans sa vie. L’espace professionnel n’échappe pas à la prédation masculine : 1 femme sur 5 sera confrontée au harcèlement sexuel au cours de sa vie, et 95 % d’entre elles qui le dénoncent finissent par perdre leur emploi. L’espace public est également un lieu sexiste : 80 % des femmes affirment avoir subi une forme d’agression ou d’atteinte sexuelle dans la rue ou dans les transports en commun au cours de leur vie. L’enquête Virage de 2015 relative à l’espace public montre que chaque année, environ 805 000 femmes sont victimes au moins d’une insulte, 2 969 000 de la drague importune, 1 082 000 de situation d’harcèlement, 206 000 de la violence physique et 15 500 de la violence sexuelle. En tout, c’est 5 077 500 femmes qui subissent les agressions sexistes dans l’espace public dont l’écrasante majorité des actes sont réalisés par des hommes.

Surtout, les violences masculines exercées contre les femmes ne sont pas le fruit d’hommes isolés, mais l’œuvre d’un contrôle social systémique exercé contre toutes les femmes par un groupe social tout entier. Les hommes violents ne sont pas des êtres anormaux, désocialisés et présentant des troubles mentaux, mais des individus bien souvent intégrés et proches de la victime. Par ailleurs, on se tromperait si on considérerait que les violences contre les femmes seraient dues à un dysfonctionnement des relations hommes-femmes. Le problème est la façon dont on devient un homme, l’injonction à la virilité qui oppose et infériorise le féminin au masculin permettant une pratique de la violence. Les violences masculines ne sont donc pas des simples anomalies du système viriarcal mais des lois intrinsèques à son système de domination. Ce que l’on appelle la « violence masculine » n’est donc pas un manque de rationalité du système viriarcal, mais constitue sa rationalité lui-même. De plus, même si les femmes qui, sous l’expérience, la menace ou la peur, se réfugient dans des bras d’hommes bienveillants, elles restent malgré tout toujours dépendantes d’autres hommes empêchant toute indépendance à leur égard.

Ce déni du système viriarcal est donc l’argument princeps pour les hommes qui refusent de remettre en cause leur position dans l’ordre genré, avec l’ensemble des privilèges dont ils jouissent dans notre société.

2. Argument n°2 : opposer les sexes

L’argument consistant à prétendre que les féministes divisent et opposent les sexes est un autre déni, celui de la socialisation genrée. Ce déni montre la profondeur du système viriarcal pour les hommes qui ont tellement intériorisé la biologisation de leur masculinité, qu’ils ne veulent surtout pas qu’on la remette en cause au risque d’une contestation de leurs privilèges et de leur pouvoir sur les femmes.

Les garçons et les filles ne sont donc pas socialisés de la même manière. Selon leur sexe, des normes, des valeurs et des représentations leurs seront transmis depuis le berceau. Le genre est un apprentissage tout au long de la vie des comportements socialement attendus d’une femme ou d’un homme selon le cadre normatif du viriarcat. Ce que l’on nomme la différence entre les sexes est donc moins une donnée biologique qu’une construction sociale qui s’inscrit dans une culture et une époque. Les garçons sont socialisés dans un cadre normatif de virilité, avec des stéréotypes masculins opposés radicalement aux stéréotypes féminins. L’idéologie viriliste les a enfermé dans des normes et valeurs liées à la conquête et au contrôle de soi : le courage, la rationalité, le calcul, l’ambition, le goût du risque et de la compétition, la puissance, la pratique de la violence, le refus d’exprimer ses émotions etc. Les femmes quant à elles ont été essentialisé dans un cadre lié à l’affectivité : la fragilité, la passivité, la douceur, la maternité, la patience, le désir de paix, l’inhibition etc.

Simone de Beauvoir écrivait qu’on ne devient pas femme, on le devient. C’est le même processus pour les hommes. Les institutions de socialisation (la famille, l’école, les médias, les groupe de pairs, la religion etc) intiment de devenir un homme en « se construisant comme tel à travers un lent travail de socialisation, et de le demeurer, en le prouvant sans cesse par ses actes ». La socialisation genrée est donc une opposition radicale entre les sexes. L’homme fort et maître de lui-même serait naturellement destiné à diriger, contrairement à la femme gouvernée par ses émotions et devant se mettre au service d’autrui. Cette hiérarchie des sexes se dessine très tôt. Une étude publiée par la revue scientifique Sex Roles démontre que les enfants assimilent le pouvoir à la masculinité dès l’âge de 4 ans. Alors que les filles sont moins portées à considérer que le genre qui domine est le masculin, contrairement aux garçons, dans une tendance globale : « les enfants ont tendance à associer l’individu qui domine au masculin » pendant les interactions entre les sexes, constate le chercheur au CNRS Jean-Baptiste Van Der Henst.

Cette injonction à la virilité qui oppose et dégrade le féminin vis-à-vis du masculin est également la cause de l’homophobie chez les hommes. L’homosexualité est vue comme anormale car elle s’éloigne du mythe de la virilité par un rapprochement au genre féminin : « Un homme ne doit jamais être pénétré. ». Comme l’écrit Anne-Charlotte Husson : « Le genre se construit par différenciation et par opposition : on apprend à être un garçon en apprenant à rejeter de ce qui est féminin ». C’est parce que la socialisation de l’homme doit s’écarter de tous ce qui pourrait se rapprocher du féminin (valeurs, normes, comportements, etc) pour se construire en genre dominant que l’effémination et l’homosexualité masculine sont discriminées.

En conclusion, ce que les hommes reprochent aux féministes, c’est de visibiliser cette réalité qu’est la hiérarchie des sexes. Par un retournement dialectique, ils font croire que ce sont elles qui opposent les sexes pour cacher le fait qu’ils sont déjà opposés dans la socialisation genrée, permettant du même coup de maintenir la légitimité de leur domination systémique.

3. Argument n°3 : l’accusation de généraliser

L’accusation de généralisation est un argument permettant aux hommes de se séparer du problème de la domination masculine. Ils diront qu’il y a des mauvaises personnes partout peu importe le sexe. D’accord, mais c’est simplement un détournement du problème. Ici, ce n’est pas l’individualité d’une seule personne que l’on questionne mais d’un rapport de domination systémique qui opère sur la majorité des comportements individuels. 

Le fameux « #NotAllMens » qui se traduit par « Pas tous les hommes » est donc un argument masculiniste et antiféministe. Cette expression est utilisée bien souvent à l’égard des violences sexuelles afin de montrer que tous les hommes ne sont pas des agresseurs, et qu’il faut éviter de faire des généralités. Mais qui a dit que tous les hommes sont des agresseurs ? Evidemment que tous ne le sont pas, mais tous ont déjà eu des comportements et propos sexistes dans leur vie, car leur socialisation se construit en opposition au féminin qui est dégradé et dévalorisé. Essayer de trouver un seul homme de 18 ans qui n’a jamais eu dans sa vie de comportements ou de propos sexistes (silence face à la misogynie, insultes, blagues machistes, appels sexuels, harcèlements, agressions, viols etc), tandis que l’écrivaine féministe Valérie Rey-Robert descend la barre dès 14 ans.[3] Par ailleurs, si la majorité des hommes ne sont pas des agresseurs, la très grande majorité gardent le silence face aux comportements et propos sexistes de leurs pairs.

L’expression « Pas tous les hommes » est donc dangereuse car elle empêche la lutte contre la violence masculine systémique. Les femmes doivent se fatiguer à longueur de temps pour ré-expliquer que le féminisme n’affirme pas que tous les hommes sont des criminels et des violeurs. Mais comme l’exprime Valérie Rey Robert, dans une société qui sexualise la femme, objectise son corps, discrimine et dégrade le féminin tout en le subordonnant au masculin, les hommes doivent se rendre compte de la socialisation sexiste qu’ils ont eu et qui a forgée en eux des représentations psychiques sexistes.

4. Argument n°4 : la pleurniche masculine

La pleurniche incessante des hommes est une autre forme de détournement pour s’empêcher de penser la question de la domination masculine. L’activiste féministe Jessica Eaton écrit qu’ « il n’y a que trois choses dont vous pouvez être certaine dans la vie : les impôts, la mort et quelqu’un pour cirer « Et les hommes alors » chaque fois que vous parlez des problèmes des femmes.[4] » Les hommes accusent souvent les féministes de ne pas parler de la violence conjugale et sexuelle que subissent certains hommes. Mais pourquoi est-ce que ce serait aux féministes d’en parler ? Est ce qu’on accuse les associations d’accompagnement d’enfants victimes de violences de ne pas autant contribuer aux violences faites aux adultes ? En toute logique non. Le mouvement féministe s’est construit pour rendre visible les femmes dans un monde qui les écartaient de toute possibilité d’autonomie, et de dignité égale à l’homme en justifiant la violence à leur égard. D’ailleurs, lorsqu’on regarde aujourd’hui le tableau de la domination masculine, peu de choses ont été gagnées quand on se projette la relation idéale entre les sexes, c’est-à-dire dénuée de ses rapports de domination et d’aliénation.

Les hommes qui prétendent que les féministes n’ont aucune compassion pour les hommes qui souffrent est absurde, réactionnaire et anti-féministe. Ce n’est pas à elles de porter leur voix mais aux hommes de se mobiliser. S’ils arrêteraient de perdre leur temps à stigmatiser les féministes pour utiliser ce temps intelligemment, comme créer des réseaux d’écoute et d’entraide pour tous ceux qui subissent ou ont subi des violences physiques et sexuelles, ils auraient le soutien de tous. Ceci est la même chose pour le suicide, l’alcoolisme, le sans-abrisme, les accidentés du travail etc, dont les hommes sont majoritaires dans ces drames humains. Mais dans ce discours de la pleurniche, les hommes blâment les féministes sur ce qu’ils ne sont pas capables, ou ne veulent pas faire eux-mêmes. Les femmes devraient donc porter et dire tout le malheur du monde et même ceux des hommes, sans doute car c’est « dans leurs gènes », permettant aux mecs de continuer à mettre les pieds sous la table. 

En fin de compte, le véritable problème des hommes est que le mouvement féministe s’est construit par une sororité qui leur a toujours fait peur, car elles montrent par ce mode d’organisation toute leur puissance qui résiste et affronte le monopole de leur pouvoir et de leurs privilèges.

[1] Pour ce qui va suivre ci-dessous, je m’en tiens seulement au partage sur la page Facebook de Médiapart

[2] Olivia Gazalé, Le mythe de la virilité, Pocket, 2019, 528 pages, p72

[3] Valérie Rey-Robert, Le sexisme, une affaire d’hommes, Libertalia, 2020, 264 pages, p209

[4] Ibid, p171

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Cette entrée a été publiée le 9 novembre 2020 par dans Actualités des luttes, FEMINISME, femmes, FRANCE, LUTTES DES FEMMES, MACHISME.