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Deux naufrages meurtriers en Lybie : L’Europe satisfaite ?

Par Florian Bardou  Libération

Les survivants du naufrage qui a fait environ 70 victimes au large de la ville côtière de Khoms en Libye, à 120 kilomètres à l’ouest de Tripoli, le 12 novembre. Photo AFP

Jeudi 12 Novembre 2020, Médecins sans frontières et l’Organisation internationale pour les migrations ont rapporté la mort de près de 100 migrants au large des côtes libyennes. Deux drames à quelques heures d’intervalle qui rappellent qu’on meurt toujours en mer pour rejoindre l’Europe

Nouvelle série noire en Méditerranée. En l’espace de quelques heures jeudi, deux embarcations pneumatiques de fortune de migrants ont fait naufrage au large des côtes libyennes, entraînant la mort de près de 100 personnes, selon Médecins sans frontières (MSF) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Témoins de ces deux drames maritimes, une cinquantaine de survivants ont, eux, été ramenés à terre par des pêcheurs du coin et les gardes-côtes libyens. Et leurs regards hagards, saisis par les photographes d’agence sur une plage près de Khoms (à 120 kilomètres à l’ouest de Tripoli), rappellent la triste réalité de leur condition sur les routes migratoires maritimes vers l’Italie, et plus généralement l’Europe en pleine pandémie de Covid-19.

En effet, selon l’organisation onusienne, ces deux naufrages meurtriers  en Méditerranée centrale sont les derniers d’une liste qui ne cesse de s’allonger – huit depuis début octobre. Des tragédies qui se rejouent de semaine en semaine en raison de l’augmentation en 2020 du nombre de départs par la mer depuis les côtes tunisiennes et libyennes par rapport à l’année précédente.

11 000 migrants renvoyés en Libye

«Cette année, au moins 900 personnes se sont noyées dans la mer Méditerranée en tentant de rejoindre les côtes européennes, notamment en raison du retard pris par les secours, s’alarme dans un communiqué l’OIM. Plus de 11 000 personnes ont, elles, été renvoyées en Libye, au risque d’être exposées à des violations des droits humains, à la détention, aux abus, au trafic et à l’exploitation, comme l’ont documenté les Nations Unies.» Et d’appeler l’Union européenne à agir : «L’OIM réaffirme que la Libye n’est pas un port sûr pour le retour et demande avec insistance des mesures urgentes pour mettre fin à ce cycle d’exploitation.»

Il faut dire que la Libye, pays plongé dans la guerre civile depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011, reste l’une des principales routes migratoires pour des milliers d’Africains subsahariens qui tentent de chercher en Europe des conditions de vie dignes. Or, l’Union européenne, qui ne veut plus de migrants sur son sol, n’hésite pas à coopérer avec les autorités libyennes depuis plusieurs années pour empêcher les arrivées (sur les côtes italiennes principalement). Jusqu’à faire pression sur les ONG pour les empêcher d’accomplir leur travail humanitaire. Résultat : cette voie est devenue l’une des plus dangereuses au monde pour celles et ceux qui veulent rejoindre l’Europe et seul un navire, l’Open arms, est en capacité de porter secours dans les eaux libyennes. Une impasse mortelle dont le double naufrage de jeudi est l’ultime illustration. 

Florian Bardou

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