NPA Loiret

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Orléans, petite mobilisation contre la Loi de programmation de la recherche (LPR) !

Une petite centaine de chercheurs, enseignants-chercheurs et étudiants ont manifesté ce mardi 24 novembre après-midi devant les grilles du rectorat, à Orléans. Comme un peu partout en France où l’on trouve une université, ils entendaient dénoncer la forme « inacceptable » que prend la Loi de programmation de la recherche (LPR).

À l’appel de l’intersyndicale (Solidaires, FSU, Unef…), une centaine de chercheurs, enseignants-chercheurs et étudiants de l’université d’Orléans ont manifesté ce mardi 24 novembre après-midi devant les grilles du rectorat, à Orléans. Objet de leur courroux : la loi de programmation de la recherche (LPR) entérinée vendredi dernier par le Sénat.

« Les atteintes aux missions de l’université publique, au statut de l’enseignant-chercheur, aux modalités d’exercice des fonctions de l’enseignant-chercheur, aux libertés académiques et aux libertés publiques (liberté d’expression, liberté d’association et libertés syndicales) dans l’enceinte de l’université apparaissent à nos yeux inacceptables. Le conseil constitutionnel pourra être saisi », explique l’intersyndicale dans un communiqué.

Faciliter les financements privés !

Devant les grilles du rectorat, le maître de conférences Céline Rosselin-Bareille ne voit plus, elle aussi, que le recours ultime au conseil constitutionnel.
Elle parle d’une loi née « sans aucune concertation, ni négociation », entre la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, et le monde universitaire.

Parmi ses récriminations, et pas que les siennes, il y a celle-ci : « Il faudrait injecter de l’argent dans le financement récurrent (fixe) des laboratoires. » Mais ce n’est pas ce que prévoit la loi que l’on conteste aujourd’hui à travers toute la France. « La loi donne des milliards prioritairement à l’Agence nationale de recherche (ANR). C’est à elle que reviendra ensuite de redistribuer ces crédits aux laboratoires en fonction de leurs projets de recherches. Résultat, nous allons devoir passer un temps fou à construire nos projets avant d’obtenir ses financements. »

Le maître de conférences fait aussi état « de la minimisation du rôle du Conseil national des universités (CNU). « Il ne reviendra plus au CNU d’évaluer les enseignants-chercheurs, cela incombera directement aux universités. C’est la porte ouverte au localisme, au réseautage, voire au clientélisme, on va recruter les copains. »

25 milliards sur dix ans, vraiment ?  Largement insuffisant !

Sa collègue professeur de japonais, Aline Henninger, ne dit pas autre chose quand elle évoque « le renforcement des pouvoirs des présidents d’université, ce qui peut nous conduire à des dérives ». Toujours selon Aline Henninger, les moyens déployés sur dix ans (25 milliards d’euros) se révèlent moindres que les chiffres pourraient le laisser penser. « Le gouvernement a beaucoup communiqué à propos d’une loi ambitieuse au regard des crédits alloués à l’université et à la recherche, alors que, dans les faits, on aura moins en valeur absolue. »

Et d’assurer que « cette loi va par ailleurs générer une grande compétition entre les universités, ce qui était déjà le cas avant, mais elle va encore accentuer le phénomène. » Selon elle, les plus grosses universités vont capter la majeure partie des crédits, notamment alloués à la recherche. « Que restera-t-il alors aux universités de tailles moyennes, comme l’est celle d’Orléans ? », interroge-t-elle.

Casser les mobilisations étudiantes !

« On réclame aussi la création de postes de titulaires », poursuit la jeune femme. Ce que ne prévoit pas non plus la loi tant décriée. « Elle asservit notre liberté d’enseignement et de recherche, notre liberté académique. Cette loi, on ne sait d’ailleurs pas vraiment ce que cela signifie, veut interdire certains types de manifestations sur les campus. » Le pouvoir  veut mettre fin aux mobilisations étudiantes ! Au milieu de ses collègues, Aline Henninger avoue ne pas savoir. « Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’on est désemparé, il n’y a pas d’autre mot ». 

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