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Raffinerie Total de Grandpuits : greenwashing et casse sociale !

Par Le collectif Urgence Sociale et écologique — 16 décembre 2020 à 18:40

La raffinerie Total de Grandpuits, en 2016. Photo Christian Hartmann. Reuters

Le géant pétrolier annonce qu’il va convertir son site historique de Seine-et-Marne en une plateforme de production de biocarburant et de bioplastique. Il ne suffit pas de brandir la transition climatique pour justifier la destruction d’emplois.

 Raffinerie Total de Grandpuits : greenwashing et casse sociale

Tribune. Le 24 septembre, Total a annoncé la conversion de son site historique de Grandpuits (Seine-et-Marne) en «plateforme zéro pétrole» dédiée à la production de biocarburant pour l’horizon 2024. Face à l’urgence climatique une telle annonce aurait pu sembler une décision courageuse du plus gros émetteur de CO² de France. Or, derrière l’habillage vert de la communication du géant pétrolier se cache une réalité bien moins vertueuse : la casse sociale, la rentabilité comme seul critère de décision et une stratégie climat qui relève davantage du «greenwashing» que de la transition.

Première conséquence, dès 2021 : un plan social qui va détruire 200 emplois sur les 460 emplois du site et 500 emplois chez les sous-traitant·es qui dépendent de l’activité de raffinage. En pleine crise sanitaire et sociale, pour Total la préservation de l’emploi passe loin derrière la rémunération des actionnaires et le maintien de l’exploitation des hydrocarbures. Pire, la neutralité carbone est utilisée comme une justification à la destruction d’emplois, un cynisme et une hypocrisie inacceptables.

Par ailleurs, la décision de mettre fin aux activités de raffinages d’hydrocarbures n’a rien à voir avec la transition ni avec la préservation du climat. Elle est due à la vétusté du pipeline qui relie sur 260 km le port du Havre à Grandpuits et qui permet l’approvisionnement en brut de la raffinerie. Faute d’investissements dans l’entretien du pipeline, celui-ci a connu plusieurs fuites, en 2014 et plus récemment en 2019, entraînant une pollution locale et l’arrêt de la raffinerie pendant cinq mois. Total refuse d’investir les 600 millions d’euros nécessaires à son remplacement et préfère importer du carburant raffiné d’autres régions du monde.

Exploitation des ressources fossiles

La situation de la raffinerie de Grandpuits est emblématique des défis qu’il nous faudra relever dans les années à venir pour opérer la transition écologique et sociale qu’une majorité de nos concitoyen·nes appellent de leurs vœux. Au nombre de ces défis, il y a en effet l’avenir des sites industriels, des bassins d’emploi, et de la transformation de toute la chaîne économique qui dépend de l’exploitation des ressources fossiles.

Nous, associations écologistes, de justice sociale et organisations syndicales mobilisées au sein de l’alliance «Plus jamais ça», apportons notre plus grand soutien aux salarié·es de Grandpuits qui défendent un projet réellement durable pour le site. Parce qu’il ne suffit pas de remplacer le pétrole par des agrocarburants pour mettre fin à la surexploitation des ressources naturelles et parce qu’il ne suffit pas de brandir la transition pour justifier la destruction d’emplois, nous nous mobilisons avec les salarié.es de Grandpuits.

Lobbying forcené

Fermer une raffinerie en France pour délocaliser la production de carburant est une manœuvre éhontée qui ne trompe personne. En faisant porter le poids de sa soi-disant transition écologique aux seul·es travailleurs et travailleuses, Total voudrait nous faire croire que l’entreprise s’intéresse à l’avenir de la planète, avenir qu’elle met en péril par son lobbying forcené en faveur des énergies fossiles, et à travers ses nouveaux projets pétroliers et gaziers en Ouganda ou au Mozambique.

Pour ces raisons, nous nous engageons aujourd’hui : à soutenir la lutte des raffineurs de Grandpuits contre le plan social et le faux plan de conversion «zéro pétrole» de Total, y compris si cela nécessite le maintien pendant quelques années encore des activités de raffinage ; à mobiliser toute l’expertise de nos organisations pour construire, avec les salarié·es de Grandpuits, les habitant·es de Seine-et-Marne et l’ensemble du tissu économique touché par les annonces de Total, un véritable plan de reconversion, juste et écologique, avec zéro suppression d’emploi.

A Grandpuits, c’est une ligne de front qui s’ouvre, où converge l’exaspération sociale et écologique que les politiques menées depuis plus de trois ans par Emmanuel Macron et son gouvernement n’ont fait qu’attiser. C’est là que nous pourrons démontrer qu’il est possible de construire un projet de société qui prend en compte les impératifs climatiques aussi bien que sociaux, balayant l’opposition stérile dans laquelle le pouvoir cherche à nous enfermer.

Signataires : CGT Grandpuits, Les Amis de la Terre France, Greenpeace France, Attac France, Union syndicale Solidaires, FSU, Oxfam France, La CGT, Confédération paysanne.

Le collectif Urgence Sociale et écologique

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