NPA Loiret

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LES CALOTINS ORLEANAIS TIENNENT PLUS A JEANNE D’ARC QU’A LA LAÏCITÉ ! Leur République pas si laïque que ça ! Communiqué NPA Loiret 22-12-20

« La religion reste l’opium du peuple »

En écho à « l’affaire des notes de frais » de Olivier Carré Serge Grouard et la gauche avaient promis durant leurs campagnes municipales d’adopter après l’élection un code d’éthique applicable à tous les élus. Un groupe d’élus de toutes les sensibilités a donc planché sur une « charte de déontologie des éluEs d’Orléans ». Objectif « retrouver la confiance des citoyens dans leurs éluEs ». Hi, Hi , Hi vous avez bien lu !

Pour Charles-Éric Lemaignen qui considère ce document comme « le plus complet adopté en France » il faut montrer « que les élus ne sont pas tous pourris ! ». Il est vrai que ce code élaboré entièrement en interne couvre tous les champs possibles : absentéisme des élus, réception de cadeaux, conflits d’intérêt, recrutements familiaux, frais de déplacement, transparence de l’action municipale, train de vie de la mairie, prévention du harcèlement et lutte contre les discriminations, etc. Une commission de déontologie possiblement saisie par un seul élu sera amenée à examiner les cas litigieux et à réaliser des alertes. Bref rien que du bon et cela d’autant plus que cette charte sera évolutive et pourra encore être améliorée au fil de la pratique. Les chartes de déontologie et laïcité adoptées le 10 décembre

La laïcité oui mais à quelques exceptions près ! 

La belle unanimité exprimée lors du vote a explosé en vol lors de l’examen d’une bienvenue « charte sur la laïcité » qui reprend les grands principes de la loi de 1905 et qui réaffirme quelques engagements forts : refus de subventions à des associations qui ne respectent pas « les valeurs et principes de la République » ou la conditionnalité de l’utilisation des équipements municipaux au « respect de la laïcité et de l’égalité homme/femme ».

Mais tout a chaviré lors de l’examen de la laïcité appliquée aux élus qui doivent « adopter une attitude personnelle neutre et laïque dans l’exercice de leur mandat » L’article 7 rappelle que « dès lors qu’ils portent les effets distinctifs de leur fonction les élus s’astreindront au strict respect de la neutralité républicaine lors des cérémonies religieuses ». En fait « les autres » doivent respecter la « laïcité » mais pas les éluEs ! Ils sont au-dessus de ça !

Pour une hostie… Mais pas que mon commandant ou quand le sabre rejoint le goupillon !

Mais la suite de cet article 7 a enflammé les esprits. Il est écrit que « le caractère national, historique et exceptionnel des fêtes johanniques constitue la seule exception à cette règle » … En clair la laïcité peut être mise entre parenthèses le 8 mai au matin lors du défilé avec les curés et la soldatesque, de la messe solennelle des fêtes de Jeanne d’Arc à la cathédrale où les éluEs peuvent aller ostensiblement se pavaner à côté des curés et des galonnéEs avec leurs écharpes tricolores ? La suppression de ces quelques lignes litigieuses ne semble pas avoir été retenue par tous ces calotins-laïcards qui vont hurler à la vue d’un « foulard islamique » et la chartre d’exception a été adoptée par 42 voix pour et 12 contre LA FETE DU SABRE ET DU GOUPILLON PEUT CONTINUER !

Cette exception à la laïcité « ouvre des portes dangereuses » Voilà Orléans « muté » en Alsace-Lorraine !

Pour Serge Grouard et Florent Montillot cette « exception » s’explique par la « tradition » et par « des fêtes de Jeanne d’Arc qui sont nationales et où mêlent le civil, le religieux et le militaire ». « désormais à Orléans la tradition est supérieure à la laïcité » dont la charte a, bien sûr, été adoptée par la majorité des calotins . Bientôt la St Fiacre et la St Loup feront exception…et une crèche devant la mairie comme à Béziers ?

Les élus de l’Agglomération orléanaise toutes tendances politiques confondues, à la messe !!!

Les nombreuses dérogations à la loi de 1905 : la souplesse de la « règle » pour la domination de la bourgeoisie !

La loi du 9 décembre 1905 reconnait à touTEs les citoyens la liberté de conscience et d’expression de leurs convictions « dans les limites de l’ordre public » et l’égalité entre tous quelles que soient celles-ci. Elle définit un État laïque par la séparation de l’État et des cultes. Cependant, des exceptions à cette loi vont perdurer, liées à l’histoire, mais surtout dans le cadre de la politique coloniale française. Elles seront aussi une des raisons de rébellion des ­populations colonisées.

En Alsace-Moselle, la loi de 1905 jamais mise en application

La croix et le tableau noir !

De 1871 à 1918, l’Alsace et la Moselle deviennent allemandes. La loi de 1905 ne s’y applique donc pas et… ne s’y applique toujours pas aujourd’hui dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, régis par une loi de 1924 qui confirme ce droit local, issu du régime du concordat modifié par des textes allemands. Ce droit reconnaît quatre religions : catholique, réformée, luthérienne et israélite. Leurs diverses institutions sont des établissements publics de culte, financés par l’argent public, gérés par des ministres du culte fonctionnaires, certains nommés par le ministre de l’Intérieur. L’enseignement religieux y est donné dans les établissements publics, ce qui est interdit partout ailleurs. Mais l’islam, deuxième religion en France, avec plus de 100 000 fidèles résidant dans ces départements, ne bénéficie d’aucune de ces dérogations. Saisi de cette inégalité flagrante entre les cultes, le Conseil constitutionnel a cependant jugé que le droit en Alsace-Moselle est conforme à la Constitution puisque la loi de 1924 qui le fonde ne cite que quatre religions…

Dans les colonies, des applications différenciées

L’article 43 de la loi de 1905 stipule que « des règlements d’administration publique détermineront l’application de cette loi à l’Algérie et aux colonies ». Ce qui permet des dérogations à la loi de 1905 selon les besoins du colonisateur. Si en Martinique, en Guadeloupe, à la Réunion et à Madagascar, la loi de 1905 s’est appliquée rapidement, dans l’ensemble des autres colonies les dérogations sont la règle. Ainsi, la Guyane est toujours régie par une ordonnance royale de 1828 qui ne reconnaît que le catholicisme. Les clercs sont des fonctionnaires du département. Et le conseil Constitutionnel a jugé le 2 juin 2017 la situation conforme à la Constitution…

En 1939, les décrets-lois de Mandel, ministre des Colonies, vont légaliser les non-applications de la loi de 1905 dans les colonies et consolider l’apport de la religion catholique à la politique colonisatrice de l’État. Ces décrets s’appliqueront en Polynésie française, à Mayotte, Wallis-et-Futuna, Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie et dans les régions de l’Afrique équatoriale française (AEF) et de l’Afrique occidentale française (AOF). Les missions religieuses catholiques vont continuer à bénéficier du financement public pour réaliser une œuvre dite civilisatrice faite de culture, scolarité, aide médicale et sociale. Elles sont un outil majeur de la colonisation, une des formes du contrôle et du maintien de l’ordre colonial. Elles participent grandement à la négation-d­estruction des histoires et des cultures des peuples autochtones. Et diffusent l’idée de la suprématie de la culture blanche dominante.

En Algérie, l’état d’exception permanent

Le décret du 27 septembre 1907 va codifier les exceptions à l’application de la loi de 1905 nécessaires à l’État colonialiste en Algérie.

Plus qu’ailleurs les missions catholiques vont agir sur un territoire peuplé de musulmanEs jugés incultes, rebelles et incontrôlables. Mais surtout un contrôle politique et administratif de la religion musulmane va être institué. Car l’islam est un élément constituant, déterminant de l’Algérie colonisée, que le colonisateur doit mater. Dans la continuité de la domination ottomane, les mosquées vont rester propriété de l’État et l’islam un domaine réservé de celui-ci. Le gouverneur général, sous l’autorité du ministre des Colonies, réorganise la religion musulmane en 95 circonscriptions dirigées par un clergé qu’il choisit et impose sur deux critères : leur influence sur leurs coreligionnaires et leur loyauté à la France. Il forme ainsi un clergé officiel, un clergé d’État subventionné à la hauteur de sa soumission aux intérêts de l’État français.

Cette ingérence politique et administrative hostile aux traditions religieuses des musulmanEs va devenir un ferment de la contestation anticoloniale, en particulier dans le mouvement des oulémas et dans certaines confréries. Le PC algérien exigera la fin du code de l’indigénat, la séparation des cultes, un État indépendant et laïque.

L’état d’urgence décrété en 1955 va particulièrement être violent contre les musulmanEs, la liberté de culte étant quasiment supprimée pour « cause de troubles à l’ordre public ». Les mouvements nationalistes, y compris le FLN, s’appuieront sur la conscience aiguë du traitement injuste, raciste, méprisant auquel sont soumis les croyantEs musulmanEs et au-delà l’ensemble du peuple algérien pour arracher l’indépendance.

NPA le 22 décembre 2020.

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Cette entrée a été publiée le 22 décembre 2020 par dans FRANCE, LAÏCITE, ORLEANS AGGLOMERATION.