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ALGERIE : 109e vendredi de mobilisation du hirak : La force tranquille 19-03-2021.

( photo : B. Souhil )

Madjid Makedhi

20 mars 2021 à 11 h 10 min

Istiqlal» (Indépendance) ! C’est à travers ce slogan transcrit sur des pancartes aux couleurs du drapeau national, vert blanc rouge, que des centaines de milliers de manifestants ont tenu à exprimer leur attachement à cet idéal. Un objectif qui renvoie non seulement à la libération du territoire, mais aussi à celle du citoyen algérien qui aspire toujours à vivre dans une véritable démocratie.

Ces pancartes étaient, effet, entre les mains des manifestants, jeunes et vieux, ayant pris part, hier, au 109e vendredi du hirak à Alger. Coïncidant avec la fête de la Victoire du 19 Mars 1962, cette nouvelle journée de la mobilisation a été une occasion pour des centaines de milliers d’Algériens de réitérer leur attachement «au recouvrement de leur indépendance», confisquée au lendemain du cessez-le-feu, synonyme de la fin de la Guerre de Libération. Pour eux, le kit «souveraineté et citoyenneté» a été traqué avec le détournement du fleuve de la Révolution.

En scandant ce slogan et en le transcrivant sur des pancartes, les manifestants semblent vouloir préciser que l’Algérien attend toujours la concrétisation d’un rêve : l’édification d’une Algérie libre et démocratique… Retour sur une nouvelle journée de mobilisation du mouvement populaire qui est loin de s’essouffler… A Alger, comme c’était le cas depuis le début du hirak, a connu trois marches distinctes qui ont pris naissance, peu avant 14h, des quartiers populaires, en particulier de Bab El Oued et de La Casbah, ainsi que de Belouizdad et du 1er Mai.

«Les Algériens unis»

La première procession s’est ébranlée à partir de la place du 1er Mai en direction de la Grande Poste, via la rue Hassiba Ben Bouali et la place Mauritania. La seconde, beaucoup plus dense, a démarré de la place des Martyrs en empruntant le boulevard Zighout Youcef et la rue Asselah Hocine. Ces foules rejoignent une autre venant de la rue Didouche Mourad en direction de la place Audin et la Grande Poste, lieu de convergence des foules des manifestants depuis plus de deux ans. Arborant pancartes, banderoles et drapeaux, les foules apportent notamment des réponses à ce qui est qualifié de «manœuvres» visant à diviser le mouvement pour permettre au système de régner encore plus longtemps. «Les Algériens khawa, khawa, echaab twahed y a lkhwana !» (Les Algériens sont des frères, le peuple est uni espèces de traîtres), lancent les manifestants.

Les foules, dont les rangs grossissaient tout le long des parcours empruntés, entonnent aussi des slogans hostiles au pouvoir en place et aux généraux. Les protestataires tiennent à réaffirmer également leur rejet de la division des rangs sur la base de vieux clivages idéologiques. «Makan islami, makan 3ilmani, kayen 3issaba tesrak 3inani» (Il n’y a ni islamiste, ni laïc, il y a juste une bande qui continue à voler), scandent-ils encore.

Pour traduire cet attachement à la diversité, les représentants des différents courants habituels ont marché sur le même parcours et dans le respect mutuel. La marche d’hier, comme c’était le cas depuis des mois, a été marquée par la présence de plusieurs leaders politiques de l’opposition : Mohcine Belabbas, président du RCD, Karim Tabbou, porte-parole de l’UDS, l’économiste Smail Lalmas, Mustapha Bouchachi…

«Pour une Algérie libre et démocratique»

Dans une déclaration, ce dernier insiste sur la préservation de l’unité du hirak. «C’est ce qui fait notre force», affirme-t-il, précisant que «le maintien de la mobilisation est un cinglant rejet de l’agenda électoral proposé par le régime». «Lorsqu’ils sont sortis le 22 février 2019, les Algériens n’avaient pas demandé des élections législatives.

Ils ont réclamé plutôt un changement radical du système», rappelle-t-il. Cela a été exprimé aussi par les manifestants. Déterminés à aller jusqu’au bout, ils rejettent le fait accompli, traduit par l’imposition de la feuille du route du régime. «Makanch intikhabat ma3a el 3isabet» (Pas d’élections avec les bandes), entonnent les marcheurs.

Sur des pancartes, on pouvait encore lire : «Ni Constitution, ni Parlement, nous voulons une justice et une presse libres» et «Législatives : c’est encore une fois une fuite en avant qui ne fera qu’enfoncer le pays dans la crise». Inscrits sur deux banderoles distinctes, deux slogans résument encore le consensus autour de l’objectif visé par le hirak: «Dawla madania, machi 3askaria» (pour un Etat civil et non pas militaire) et «Algérie libre et démocratique».

Ces deux banderoles brandies au milieu d’une foule compacte descendant de l’avenue Pasteur en direction de la place Audin traduisent encore le degré de maturité de ce mouvement qui montre, malgré toutes les polémiques, qu’il a fixé le cap vers l’édification d’une réelle démocratie. Cet idéal est exprimé aussi dans une autre banderole traduisant «Une vision au cœur du hirak».

Elle résume ainsi les objectifs du mouvement : «Une période de transition pluraliste et un Etat de droit qui comprend la liberté, la justice et la prospérité»…

109e vendredi du hirak : Plusieurs centaines d’Oranais au rendez-vous

Akram El Kébir

20 mars 2021 à 11 h 08 min

Hier, ils étaient plusieurs centaines d’Oranais à battre le pavé dans les rues du centre-ville pour marquer le 109e vendredi du hirak. Si hier, la foule de marcheurs était plus ou moins dégarnie (ils étaient en tout un millier), de l’avis de plusieurs observateurs rencontrés sur place, des dizaines de nouveaux manifestants étaient venus grossir les rangs de la protestation hebdomadaire, notamment les plus jeunes.

C’est donc en reprenant les slogans coutumiers du hirak que les manifestants ont débuté leur marche. Le président de la République et son gouvernement, les généraux, les services de sécurité, tous ont été la cible des slogans des marcheurs. «Klitou lebled ya serrakine w mazalkoum tam3ine ya ji3anine !» (Vous avez pillé le pays bande de voleurs et vous ne vous êtes pas encore rassasiés, bande d’affamés), faisait partie des nouveaux slogans scandés hier. Sur les pancartes, nous pouvions lire, entre autres : «La puissance du hirak réside dans sa diversité. La li tekhwine. El wihda fi ettanaouw3», tenue par un jeune manifestant.

Le point de départ de la marche, comme de coutume, était la place du 1er Novembre, pour se diriger ensuite vers le boulevard Emir Abdelkader, puis la rue Larbi Ben M’hidi, la place des Victoires, Miramar et enfin le lycée Lotfi. Là-bas, plus précisément au niveau de la trémie, un cordon policier s’était formé, signifiant aux marcheurs qu’il leur était impossible de poursuivre leur marche jusqu’au siège de la wilaya.

Ces derniers, après avoir protesté longuement par des slogans hostiles à la police, ont dû, par dépit, rebrousser chemin pour revenir au point de départ en passant par le front de mer. Ceci dit, au niveau du square Port Saïd, une cinquantaine de jeunes manifestants, voyant que la ruelle menant vers la rue du marché Michelet (donc le centre-ville) n’était pas obstruée par un dispositif policier en ont profité pour s’y rendre et ont appelé les autres à faire de même. «Puisqu’ils ne nous laissent pas monter vers la wilaya, on regagne le centre-ville», ont crié certains.

Mais un cordon policier s’est aussitôt formé pour les en empêcher. Une rue plus loin, à l’intersection entre le front de mer et le boulevard Tripoli, même tentative de la part d’autres jeunes marcheurs, mais beaucoup moins nombreux. «Il ne faut pas les suivre, on a un itinéraire qui est clair, on n’a qu’à s’y tenir», criera un vieux retraité.

Il était à 16h30 à ce moment et la pluie commençait à tomber, ce qui a contraint certains marcheurs à regagner leurs pénates, tandis que d’autres, se voulant plus téméraires, ont continué à marcher jusqu’à la place du 1er Novembre.

Les hirakistes changent de cap à Mascara

Abdelouhab Souag

20 mars 2021 à 11 h 08 min

Les hirakistes de la wilaya de Mascara ont été contraints, hier, de se déplacer à Oran et à Alger pour participer au 109e acte du hirak.

«C’est à cause des arrestations et autres répressions que subissent les activistes du mouvement populaire dans notre douar, chaque vendredi, de la part des services de sécurité, que nous avons décidé de changer de cap et exprimer nos revendications de manière pacifique loin de la répression», nous dira, par téléphone, El Hadj, qui participait à la marche populaire d’Oran. Les autorités de la wilaya de Mascara, de leur côté, continuent d’interdire, chaque vendredi, tout rassemblement de citoyens à la place Emir Abdelkader et ses alentours par le déploiement d’un important dispositif sécuritaire.

Hirak : La grande foule à Tizi Ouzou

Hafid Azzouzi

20 mars 2021 à 11 h 07 min

Les citoyens continuent de battre le pavé dans la wilaya de Tizi Ouzou, où la marche d’hier a drainé, encore une fois, une foule nombreuse.

La manifestation qui coïncidait avec le 59e anniversaire du cessez-le-feu et qui a revisité l’histoire de la Guerre de Libération nationale, puisque de nombreux slogans scandés par les marcheurs ont trait à cette période de l’histoire du pays. Ainsi, la foule a entamé la marche devant le portail principal du campus de Hasnaoua.

Sur les banderoles déployées par les participants à la marche, on pouvait lire : «Système dégage», «Etat de droit», «19 Mars 1962, cessez-le-feu et 19 mars 2021, cessez de voler l’Algérie» et d’autres mots d’ordre stigmatisant les décideurs et l’ex-DRS. Les marcheurs ont brandi aussi des portraits de Abane Ramdane et de Ben M’hidi. «Ces chefs historiques ne se sont pas sacrifiés pour que l’Algérie se retrouve entre les mains de voleurs qui ont bradé les richesses du pays. Heureux les martyrs qui n’ont rien vu, comme disait un autre révolutionnaire, en l’occurrence Bessaoud Mohand Arav», a martelé un marcheur, qui fait remarquer que la mobilisation populaire est de retour.

Au moment où les manifestants amorçaient la rue longeant le CHU Nedir Mohamed, d’autres carrés arrivaient de l’autre sens pour agrandir la procession. «Il y a le retour des grandes mobilisations. D’ailleurs, nous avons constaté aujourd’hui la présence des familles. C’est un bon signe pour le hirak, qui maintient toujours sa force puisée essentiellement de ces foules qui investissent la rue pour réclamer, haut et fort, le changement pur et simple du système», nous a souligné Hakim Amrouche, enseignant universitaire et syndicaliste.

La marche d’hier a vu également la participation des personnes de différentes corporations professionnelles. Des marcheurs ont mis en avant des écriteaux avec les résolutions du Congrès de la Soummam. «Un Etat sous forme d’une République démocratique et sociale et non la restauration d’une monarchie ou d’une théocratie révolue», était-il mentionné sur l’un des étendards hissés par les manifestants, qui criaient à gorge déployée :

«Ni Oujda ni DRS, Soummam houa el assas !» (Ni Oujda ni DRS, le Congrès de la Soummam a tracé les fondements d’un Etat de droit). Dans la foule, qui a continué son parcours jusqu’à la placette du mémorial des martyrs de la Guerre de Libération nationale, a également été réitérée l’exigence de la libération des détenus du hirak qui croupissent toujours dans les prisons.

Dans certains carrés, nous avons aussi entendu des slogans hostiles aux élections et «Le changement ne viendra pas des urnes», était écrit sur l’une des pancartes portées par les manifestants.

109e vendredi de mobilisation du hirak : Les citoyens toujours fidèles à Bouira

Les manifestants était nombreux à battre le pavé à Bouira

Amar Fedjkhi

20 mars 2021 à 11 h 07 min

La ferveur populaire est intacte à Bouira. En effet, c’est aux cris de «Ulac l’vote Ulac, pas de vote !», que des centaines de manifestants ont investi, en début d’après-midi d’hier, les rues du chef-lieu de wilaya, pour un autre vendredi de marche pacifique contre le pouvoir.

Le cortège de manifestants s’est ébranlé, comme à l’accoutumée, de la place des Martyrs, puis a sillonné les principaux et différents quartiers de la ville.

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Les protestataires ont brandi des pancartes sur lesquelles sont inscrits des messages rejetant les prochaines élections législatives, prévues pour le 12 juin : «Justice indépendante», «Presse libre», «Le pouvoir au peuple», «Patience, vigilance et résistance».

Les marcheurs ont également scandé des slogans hostiles aux tenants du pouvoir. «Il faut raviver la flamme de notre mouvement né contre un 5e mandat de l’ex-président Bouteflika, mais qui s’est vite transformé en un véritable mouvement de contestation contre le régime. Le combat pour l’édification d’une République qui garantit les valeurs démocratiques et les libertés doit continuer», a estimé un activiste averti. «Djzaïr horra démocratia !» (Algérie libre et démocratique), a-t-on scandé.

La grande foule qui a sillonné dans le calme les rues de la ville de Bouira s’est aussi dispersée dans le calme.

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Cette entrée a été publiée le 22 mars 2021 par dans ALGERIE, DEMOCRATIE, HIRAK.