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ALGERIE : MARCHE HEBDOMADAIRE DES ÉTUDIANTS À ALGER 06-04-2021 Forte mobilisation

C’est dans un contexte de reprise des arrestations des manifestants qu’a eu lieu, hier, la marche hebdomadaire des étudiants, conduite par Abdenour Aït Saïd, arrêté  à  la fin  de la marche de vendredi à Alger et placé samedi sous contrôle judiciaire.

Alger-Centre a encore vibré hier aux cris de liberté et démocratie. Des étudiants, accompagnés de nombreux citoyens, ont organisé leur 111e mardi de manifestation pour soutenir la révolution populaire et dénoncer le forcing du pouvoir, visiblement déterminé à mener jusqu’au bout de sa feuille de route politique, face à un Hirak qui s’est bonifié depuis un mois et demi et à une opposition démocratique qui a décidé de boycotter les législatives anticipées du 12 juin prochain. 

Le pacifisme a régné durant les trois heures de la marche qui a débuté, comme à l’accoutumée, de la place des Martyrs au cœur d’une capitale toujours quadrillée par la police, présente en force tout au long de l’itinéraire des marcheurs et survolée par un hélicoptère au bruit moins audible que les slogans scandés par des citoyens avides de liberté.

Habitués, eux aussi, aux tentatives répétées du pouvoir d’empêcher leurs marches, les manifestants ont commencé dès les premières heures de la matinée à se rendre individuellement à la place des Martyrs, où rien ne permettait de déceler le moindre signe d’une éventuelle mobilisation. 

C’est vers onze heures que le foule se regroupe et entame, d’un pas assuré, sa marche vers la place Audin, en passant par la rue Bab Azzoun, en contrebas de la Casbah, la rue Larbi-Ben M’hidi, avant de marquer une pause devant la stèle érigée à la mémoire de l’Émir Abdelkader, où journalistes, curieux et autres manifestants les attendaient sous un ciel et un soleil printaniers.

Pendant que les étudiants scandaient des slogans dénonçant la répression des autorités à l’encontre des manifestants et les arrestations opérées lors d’une nouvelle tentative de marche samedi matin à Alger, des sexagénaires et septuagénaires, très nombreux à prendre part à la manifestation, écharpes et emblèmes nationaux autour du cou, ont profité pour s’asseoir et reprendre leur souffle. 

D’autres, brandissant des pancartes et des portraits de détenus politiques et d’opinion, répétaient en chœur des chants jurant fidélité aux martyrs de la guerre de Libération nationale et aux idéaux du Hirak et dénonçant la visite du Premier ministre français, Jean Castex, ce samedi.

À mesure que le cortège progressait — sous le regard parfois admiratif des passants ayant l’air pressé — d’autres citoyens grossissaient ses rangs pour donner de la voix à des manifestants déterminés à  aller, eux aussi, jusqu’au bout de leur feuille de route : le départ du système en place. 

À chaque halte, devant des policiers bloquant certains axes, les étudiants réitèrent leur rejet des prochaines législatives et dénoncent les violations dont ont été victimes certains manifestants, à l’exemple de leur camarade Walid Nekkiche, dont le récit de ce qu’il a enduré a suscité une vague d’indignation.

C’est vers 14h30 que la foule a commencé à se disperser dans le calme, promettant davantage de mobilisation à l’approche des législatives anticipées du 12 juin prochain.
 

Lyès MENACER

Mobilisation pour la libération d’un manifestant à Bordj Bou-Arréridj

Les habitants d’El-Main, localité sise à une soixantaine de kilomètres au nord du chef-lieu de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj, n’ont pas cessé de demander la libération de l’étudiant Lounès Bouthaanguigth, arrêté samedi dernier à Alger, a été placé sous mandat de dépôt. Depuis samedi dernier, des marches sont organisées par des habitants au centre-ville.

Tout au long de l’itinéraire, les manifestants scandaient des slogans appelant à la libération du jeune Lounès et de tous les détenus. “Halte aux intimidations, libérez Lounès, il n’a pas vendu de la cocaïne”, “Libérez Lounès. C’est un étudiant pas un terroriste’’, ont scandé les marcheurs.

Les participants à ces marches quotidiennes reprenaient également en chœur les habituels slogans du mouvement populaire. Devant thadjmaâth, les manifestants transforment leurs marches en un rassemblement au cours duquel ils appellent à une véritable indépendance de la justice, au droit de s’exprimer et de marcher librement.

“Les intimidations et l’emprisonnement des jeunes activistes n’ont d’autre objectif que de museler le peuple et de le soumettre de force au nouveau plan de route du pouvoir auquel nous disons que le combat n’est pas terminé même si on nous met tous en prison”, dira Akli, un des activistes de la région.

Notons que l’étudiant Lounès Bouthaanguigth est un des enfants les plus appréciés de la commune et l’un des jeunes actifs du Hirak.
 

Chabane BOUARISSA



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Cette entrée a été publiée le 9 avril 2021 par dans ALGERIE, DEMOCRATIE, HIRAK.
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