NPA Loiret

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À Châlette, un adjoint claque la porte et règle ses comptes avec le maire Franck Demaumont (PCF)

Nous reproduisons integralement l’article ci-dessous de la République du Centre qui révèle bien la crise interne qui secoue le PCF local mais aussi national, dans la course aux « postes d’éluEs » que représente pour ce parti les élections ! NPA Loiret

Alexis Christodoulou rejoint la France Insoumise en vue des prochaines régionales, et a expliqué les raisons de son départ dans un message envoyé à ses désormais « ex-camarades ».

Le 29 mars 2021. Grosse colère de Pierre Jouan, militant communiste montargois très présent sur les réseaux sociaux. Sa cible, Alexis Christodoulou, jusque-là secrétaire de la section Amilly-Châlette, valeur montante du parti et jeune adjoint à Châlette.

Présenté comme un « ex » du PCF, le militant est accusé par son ancien camarade d’avoir recouvert des affiches syndicalistes par celles de la France Insoumise, parti qu’il représentera lors des prochaines régionales. Et plus globalement, d’avoir trahi sa cause pour un strapontin vers le conseil régional.


Quelques jours auparavant, Alexis Christodoulou avait expliqué pourquoi il claquait la porte, dans un courriel envoyé aux militants montargois, qu’il appelle toujours « camarades ».

S’il ne nie pas des « raisons circonstancielles », avec la proposition de la France Insoumise en vue du scrutin régional, le jeune élu vise surtout le comportement du maire de Châlette-sur-Loing, Franck Demaumont. Ce dernier aurait tenu « des paroles violentes, faites d’attaques personnelles envers plusieurs camarades. »

M. Demaumont s’est également comporté de manière très autoritaire durant la campagne des municipales, voulant alors prendre seul toutes les décisions et passer outre l’avis des communistes. En sa présence ou en présence de ses proches, les réunions à la Maison commune avec un climat apaisé, où chacun est libre d’exprimer une opinion et de l’argumenter sans avoir peur de représailles, sont devenues quasi-impossibles.

Ce n’est pas la première fois qu’un élu évoque publiquement le problème, puisque Guillaume Grandjean, élu à Montargis jusqu’en 2020, n’a tenu que quelques mois avant de dénoncer le fonctionnement châlettois et de plier bagages.

En coulisses, plusieurs anciens proches décrivent un maire déconnecté de sa base militante châlettoise et qui, sur les bases d’une légitimité électorale qui se confirme depuis près de 20 ans, dirigerait la ville d’une main de fer.

Certaines décisions de l’élu, propulsé 2e vice-président de l’Agglomération montargoise, ne font pas l’unanimité dans son camp. Comme lorsque’il a voté pour le budget de la majorité de droite de l’Agglo. « Une première », dénonce Alexis Christodoulou. 

Mais Châlette est un bastion communiste depuis 50 ans, qu’on ne bouscule pas comme ça. D’ailleurs, dans son courrier, le démissionnaire reproche également au secrétaire départemental Mathieu Gallois, comme au chef de file du PCF Montargis, Bruno Nottin, d’avoir fermé les yeux sur la situation dans sa commune

Demaumont : une liste de déçus qui s’allonge

Le départ de l’ex-adjoint vient s’ajouter à une liste de déçus qui commence à devenir longue au sein du conseil municipal. Depuis 2017 et la démission du fidèle premier adjoint Éric Pépin, déjà pour incompatibilité d’humeur avec le maire, on note plusieurs disparitions inexpliquées : Christine Lander, Chantal Clément, Laurianne Delaporte, Kasim Balaban, Mamoudou Bassoum, et donc Guillaume Grandjean.

Le divorce avec son plus jeune adjoint se dessinait depuis quelques mois. Ce dernier préparait son départ pour la France Insoumise, tandis que la tension montait.

La liberté de parole du jeune adjoint prise au sein du conseil municipal a-t-elle attisé le conflit ? Illustration le 4 novembre 2020, lorsque le jeune élu, prof de fac de métier, s’oppose à l’arrivée de tasers au sein de la police municipale. Un vote qui rejoint celui de Kasim Balaban, passé depuis 2020 dans l’opposition.

Franck Demaumont a réagi aux accusations formulées dans le courrier :

Je suis stupéfait du comportement de
M. Christodoulou. Il donne beaucoup de leçons mais ne respecte pas les choix majoritaires. Je suis autoritaire ? Qu’on me donne des faits. Il y a des instances, les réunions du groupe majoritaire, le conseil municipal. Les décisions sont prises en concertation. Mais certains veulent empêcher le rassemblement des forces de gauche. C’est jouer aux pompiers pyromanes. 

Alexis Christodoulou restera aux yeux de certains comme le traître, mais « il garde le soutien de nombreux camarades« , rappelle l’un d’entre eux.  » Je sors du Parti communiste français, mais je reste fondamentalement communiste, c’est-à-dire attaché à un idéal d’émancipation individuelle et collective et à un projet politique, celui du dépassement du capitalisme », conclut Alexis Christodoulou.

Les nouvelles turbulences qui viennent perturber le mandat municipal de Frank Demaumont ne devraient pas déstabiliser le patron d’un des derniers bastions communistes du département.

Sauf changement, les élections départementales et régionales se tiendront les 13 et 20 juin. Franck Demaumont a déjà annoncé briguer l’investiture. Il pourrait retrouver face à lui son ancien adjoint Mamoudou Bassoum.

Les voisins montargois, eux, préfèrent garder une certaine distance avec les guerres intestines châlettoises : « Franck Demaumont a été légitimé par les urnes, notre position, c’est de regarder la politique menée, qui est utile aux Châlettois. On n’a pas envie de fragiliser ça en se mêlant de querelles personnelles », a indiqué Bruno Nottin, chef de file du PCF à Montargis. « La direction fédérale estime que Franck Demaumont reste le meilleur candidat pour regagner le canton et mettre fin à la politique antisociale menée par le Département. En revanche, le choix du candidat ne se fera ni à Orléans ni à Paris, mais ici. Ce sont les communistes de Châlette-Amilly qui décideront qui doit les représenter« .

Régionales : l’alliance avec le PS pas au goût des militants du Montargois ni d’ailleurs !

Les régionales, si elles sont maintenues, pourraient également faire parler, avec l’alliance décidée avec le PS en Centre-Val de Loire. Un choix qui n’est pas celui fait par les sections de Montargis et d’Amilly-Châlette.

Alors que la France Insoumise a choisi une alliance avec Europe Ecologie-Les Verts et Génération.s, le Parti communiste, lui, a rejoint le Parti socialiste. Une décision qui, comme le veulent les statuts du parti, résulte d’un vote des militants.

Mais le résultat de cette consultation n’est pas celui attendu par les militants du Gâtinais : à la section Amilly-Châlette, près de 77 % des adhérents souhaitaient une alliance avec la France Insoumise, contre 18 % pour le PS. À Montargis, 91 % auraient préféré la FI.

Se plier à la règle démocratique vraiment ?

« Mais on mènera campagne en respectant le choix qui a été fait nationalement, où 62 % des militants ont choisi le PS. On doit se plier à la règle démocratique qui est la base du vivre-ensemble », estime Bruno Nottin, le chef de file des communistes montargois, pourtant pas tendre avec le bilan national du socialisme. 

Jean-Baptiste Dos Ramos

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Cette entrée a été publiée le 15 avril 2021 par dans CRISE POLITIQUE, ELECTIONS, PCF.
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